Grande Société

Expression utilisée pendant le GUERRE DE SEPT ANS pour désigner les profiteurs de guerre chargés de fournir les vivres au Canada et aux troupes françaises qui y sont stationnées.

Grande Société

Expression utilisée pendant le GUERRE DE SEPT ANS pour désigner les profiteurs de guerre chargés de fournir les vivres au Canada et aux troupes françaises qui y sont stationnées. Le fournisseur officiel ne reçoit qu'un cinquième des profits de la société, et les bailleurs de fonds partagent sans doute les trois cinquièmes avec le dernier intendant du Canada et, vraisemblablement, avec le gouverneur. Ceux qui s'occupent des activités à Montréal et à Québec se partagent le dernier cinquième. L'intendant BIGOT exerce un tel pouvoir sur les dépenses de la Couronne dans la colonie que la Société se trouve dans l'enviable position d'acheter des provisions d'elle-même avec l'argent du roi. De plus, comme il est très rémunérateur d'approvisionner les postes de TRAITE DES FOURRURES, la Grande Société se charge d'expédier les denrées indispensables vers l'Ouest. Une grande partie de l'argent semble retrouver le chemin de la France, voire du Trésor royal, une fois les coupables condamnés vers la fin des années 1760. Le détournement de fonds, pratique courante sous l'Ancien Régime, était d'autant plus tentant au Canada parce que la Couronne y dépensait des sommes considérables pour protéger sa colonie contre les Britanniques.