Bowering, George

Après avoir servi dans l'ARC, il entre à l'U. de la Colombie-Britannique où, avec Frank Davey, David Dawson, James Reid, Fred WAH, entre autres, il étudie la nouvelle poétique de Creeley, de Duncan et d'Olson et fonde le bulletin de poésie Tish.

George Bowering
Les livres de Bowering, d\u00e9passant le nombre de 40, font preuve d'un sens spirituel du jeu (photo de Bliss Swift/avec la permission de Penguin Books Canada Ltd).

George Bowering, O.C., O.B.C., poète, écrivain, éditeur et critique (né le 1er décembre 1935 à Penticton, en C.-B.). Officier de l’Ordre du Canada, lauréat du prix littéraire du Gouverneur général en poésie et en fiction et éditeur-fondateur de la revue littéraire Tish, George Bowering compte parmi les écrivains canadiens les plus influents de tous les temps. Auteur de plus de 100 livres et recueils, il est, entre 2002 et 2004, le premier poète officiel du Parlement canadien. George Bowering est le premier écrivain de langue anglaise à remporter le prix littéraire du Gouverneur général en poésie et en fiction; les deux seuls autres auteurs à l’avoir fait sont Margaret Atwood et Michael Ondaatje.

Formation et début de carrière

Après avoir servi dans l’Aviation royale du Canada à titre de photographe aérien, George Bowering fréquente l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), d’où il reçoit un baccalauréat ès arts, puis une maîtrise ès arts. À l’UBC, il fait la connaissance d’autres poètes, dont Frank Davey, David Dawson, James Reid et Fred Wah, et il étudie la nouvelle poétique des artistes américains du Black Mountain School que sont Robert Creeley, Robert Duncan et Charles Olson. Au début de sa maîtrise en 1961, Bowering cofonde la revue de poésie Tish en compagnie de Davey, de Wah, de Reid et de Dawson. En 1963, Warren Tallman, professeur de l’UBC né aux États-Unis, met sur pied une conférence de poésie à Vancouver, événement réunissant des écrivains américains de grande renommée comme Denise Levertov, Charles Olson, Allen Ginsberg, Robert Duncan, Louis Zukofsky et Philip Whalen, de même que quelques poètes canadiens comme Margaret Avison, Phyllis Webb et les jeunes George Bowering et Fred Wah. Warren Tallman organise également des séances de lecture de poésie dans sa maison de Vancouver, où Jack Spicer, poète de la Renaissance de San Francisco (et ami proche de Robin Blaser) présente une série d’exposés légendaires sur le langage et la poésie.

Tout au long des années 1960 et 1970, George Bowering demeure affilié au monde universitaire. En 1963, il commence à enseigner à l’Université de Calgary, poste qu’il conservera – tout en voyageant et en commençant à publier des recueils et des livres de poésie – jusqu’au début de son doctorat à l’Université Western Ontario en 1966. Le poète quitte l’UWO un an plus tard pour prendre un poste d’écrivain en résidence à l’Université Sir George Williams (maintenant l’Université Concordia), où il fait la connaissance de poètes et d’écrivains de l’est du Canada, dont A.J.M. Smith,F.R. Scott,Louis Dudek et John Glassco. En 1971, grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada, George Bowering retourne à Vancouver pour écrire, puis, en 1972, enseigner à l’Université Simon Fraser.

Poésie, fiction et critique

George Bowering connaît une carrière des plus prolifiques. Il publie plus de 100 livres de poésie, dont Rocky Mountain Foot (1969) et The Gangs of Kosmos (1969), qui lui valent son premier prix du Gouverneur général, ainsi que Autobiology (1972), The Catch (1976), Selected Poems: Particular Accidents (1980), West Window (1982), Kerrisdale Elegies (1984), Delayed Mercy and Other Poems (1987), Urban Snow (1991), Blonds on Bikes (1997), Vermeer’s Light: Poems 1996-2006 (2006) et The World, I Guess (2015).

Un peu comme le travail des poètes américains William Carlos Williams et Robert Creeley, les poèmes de George Bowering, même les plus profonds et philosophiques, emploient un langage vernaculaire de tous les jours et mettent un accent concret sur des aspects immédiats de la vie quotidienne. Dans « Passport Doves », tiré de l’ouvrage The Gangs of Kosmos, par exemple, il commence ainsi : « Les pigeons nous suivaient / de ville en ville / leurs ailes coincées / entre les pages de mon journal » [traduction libre].

Kerrisdale Elegies, une série de poèmes qui viendra beaucoup plus tard, se veut une « traduction » du texte superbe et extrêmement difficile de Rainer Maria Rilke, Élégies de Duino (1923), dans le langage de rue de Kerrisdale, un quartier de Vancouver. Explorant les thèmes universels de la perte et du deuil, de même que la place du poète canadien dans le canon littéraire eurocentrique, les poèmes de George Bowering maintiennent un lien étroit avec l’ordinaire. Les derniers vers de Kerrisdale Elegies résument d’ailleurs à la perfection ce paradoxe : « ces événements qui nous font lever les yeux et semblent arrêter le temps / sont les au revoir, amour, les au revoir » [traduction libre].

Parmi ses romans les plus importants, mentionnons A Short Sad Book (1977), Burning Water (1980) – un récit romancé des voyages d’exploration de George Vancouver, pour lequel il remporte son deuxième prix du Gouverneur général – et Caprice (1987). George Bowering écrit un autre « métaroman historique » portant sur les célèbres bandits autochtones métissés du clan McLean, de la région de Shuswap. Avec sa femme, Angela Bowering, il écrit un roman semi-autobiographique, Piccolo Mondo (1998), avec pour toile de fond la Vancouver des années 1950. Il continue à écrire et à publier, de façon prolifique, des romans comme Attack of the Toga Gang et Writing the Okanagan en 2015.

Bien que George Bowering privilégie fréquemment les longs récits historiques dans sa poésie comme dans ses romans, il considère son travail comme « postréaliste », d’une veine d’écriture postmoderniste qui remet en question les hypothèses de représentation généralement associées à l’écrit. Dans son essai « The Painted Window: Notes on Post-Realist Fiction », tiré du recueil The Mask in Place, il compare le postréalisme à un collage : « [Le lecteur] qui vit en ville – et c’est le cas de la plupart des lecteurs contemporains – vit dans un collage… une laverie peut y être flanquée d’un restaurant grec et d’une boutique de bibelots chinois. Lorsque des choses dissemblables sont ainsi associées, elles créent une nouvelle réalité. »

George Bowering publie sept collections d’essais critiques : A Way with Words (1982), The Mask in Place (1983), Craft Slices (1985), Errata (1988), Imaginary Hand (1988), Left Hook (2005) et Horizontal Surfaces (2010). Il publie également cinq mémoires, trois livres historiques non romanesques et six pièces de théâtre.

Héritage

La meilleure introduction à l’œuvre de George Bowering est sans doute l’essai de Robin Blaser publié dans Particular Accidents, un volume qui, parce qu’il englobe la plupart de ses œuvres précédentes, offre au lecteur un précieux aperçu de son évolution. La bibliographie annotée A record of writing: an annotated and illustrated bibliography of George Bowering (Roy Miki, 1990), offrant une compilation – quoique remontant à plusieurs années – des œuvres et des critiques de Bowering, contient également une étude approfondie des premières œuvres de l’écrivain. Burning Water demeure son meilleur roman, en raison, notamment, de la façon dont il insiste sur l’intégrité des émotions de ses personnages, tout en veillant à ce que le lecteur les perçoive comme des créations purement fictives. De même, on considère que son meilleur long poème est Kerrisdale Elegies, un texte à la fois intelligent et vif. Traduit en italien en 1996 et réédité en 2008, il est également reconnu par les universitaires comme l’une des œuvres les plus marquantes de l’écrivain, comptant au nombre des longs poèmes sur lesquels se penchera Smaro Kamboureli dans On the Edge of Genre (1991) et étant le sujet de nombreux articles universitaires.

En 2001, George Bowering prend sa retraite de l’Université Simon Fraser, où il a enseigné pendant près de 30 ans. Pendant les deux années suivantes, il est le poète officiel du Parlement, premier à se voir décerner ce titre. George Bowering continue à publier de nombreux ouvrages, dont le long poème (remplissant tout un livre) My Darling Nellie Grey (2010), le mémoire Pinboy (2012), la collection de poésie The World, I Guess (2015), la collection de nouvelles de fiction Ten Women (2015), le roman Attack of the Toga Gang (2015) et le volume non romanesque Writing the Okanagan (2015).

Distinctions

Prix du Gouverneur général pour la poésie (1969)

Prix du Gouverneur général pour les romans (1980)

bpNichol Chapbook Award for Poetry (1991)

bpNichol Chapbook Award for Poetry (1992)

Prix de l’Association des auteurs canadiens pour la poésie (1993)

Doctorat honorifique de l’Université de la Colombie-Britannique (1994)

Poète officiel du Parlement (2002-2004)

Officier de l’Ordre du Canada (2003)

Doctorat honorifique de l’Université Western Ontario (2003)

Ordre de la Colombie-Britannique (2004)

En lice pour le Prix Griffin de poésie (2005)

Prix du lieutenant-gouverneur pour l’excellence en littérature, BC Book Prizes (2011)

Prix littéraire de Pandora’s Collective pour l’ensemble de l’œuvre (2011)