Centre INRS–Institut Armand-Frappier

Le Centre INRS–Institut Armand-Frappier, composante de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), est un important centre de recherche, de formation et de transfert technologique.

Historique de sa création

L'Institut de microbiologie et d'hygiène de Montréal, un organisme autonome à but non lucratif, est fondé en 1938. Intégré à l'Université du Québec en 1972, il devient en 1975 l'Institut Armand-Frappier (IAF), en l'honneur de son directeur fondateur, le médecin et microbiologiste Armand Frappier.

En 1999, l’IAF est rattaché à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS). Le Centre INRSInstitut Armand-Frappier est situé sur le campus de l'Université du Québec, au cœur de la Cité de la Biotech et du parc scientifique et de haute technologie de la ville de Laval.

Au Canada, l’ensemble de la recherche médicale, incluant celle qui se fait au Centre INRS‒Institut Armand-Frappier, est subventionnée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le Centre regroupe une quarantaine de professeurs et une vingtaine de chercheurs postdoctoraux qui proviennent de différents horizons. Ceux-ci se consacrent à la recherche ainsi qu’à la formation d’étudiants en santé humaine, animale et environnementale des 2e et 3e cycles universitaires.

Objectifs de la recherche et domaine de spécialisation

Quatre objectifs complémentaires rendent le Centre INRSInstitut Armand-Frappier unique : la recherche en microbiologie et en sciences connexes appliquée à la médecine préventive, à l'industrie et à d'autres domaines non médicaux; l’enseignement supérieur et technique; les services aux autorités de la santé publique, aux hôpitaux, aux universités, à l'industrie et à la communauté (dont le diagnostic viral et immunologique, les enquêtes épidémiologiques, la vaccination et la consultation); la fabrication de produits biologiques (vaccins, sérums), de produits de diagnostic et de réactifs biologiques. Les autres activités du Centre relèvent de la production commerciale et du contrôle de la qualité.

Ses domaines de spécialité incluent la bactériologie, l'épidémiologie et la médecine préventive, l'immunologie, le génie génétique, la médecine comparative, les sciences appliquées à l'alimentation et la virologie. Les champs d'intérêt des chercheurs en milieu universitaire du Centre sont très variés. Ils vont de la signalisation des lymphocytes associée au cancer à la réaction du système immunitaire aux toxines environnementales, en passant par l’effet des toxines sur la reproduction des poissons ou les dommages cellulaires causés par les radicaux libres dans le cerveau.

Axes et thématiques de recherche

Les professeurs du Centre INRS–Institut Armand-Frappier mettent à profit leurs multiples savoir-faire pour dépister, prévenir et traiter diverses maladies. Ils concentrent leurs activités scientifiques selon trois axes et thématiques de recherche soit : 1. Maladies infectieuses, immunité, cancer et épidémiologie; 2. Microbiologie et biotechnologie; 3. Toxicologie environnementale et pharmacochimie.

Les projets de recherche en lien avec ces thématiques ont des objectifs distincts. Par exemple, la biologie moléculaire s'intéresse à la chimie bio-organique, aux systèmes physiologiques, aux enzymes inhibiteurs, aux peptides de signalisation, à la métabolisation des médicaments et au contrôle du dopage. La biotechnologie, elle, se penche notamment sur l'utilisation potentielle des micro-organismes pour réparer les dommages causés à l'environnement. Quant à la recherche en maladies infectieuses, elle tend à étudier le lien entre hôte et agent pathogène afin de mieux comprendre le rôle du système immunitaire. En outre, les chercheurs du Centre INRSInstitut Armand-Frappier étudient des modèles animaux pour améliorer la compréhension du rôle des vaccins dans la prévention des maladies, ainsi que celle de la relation hôte-virus.

Rayonnement

Le Centre s’inscrit dans plusieurs réseaux de recherche nationaux et internationaux renommés, dont le Réseau international des Instituts Pasteur sur les maladies infectieuses, le Réseau de recherche en santé environnementale, le Centre interinstitutionnel de recherche en écotoxicologie du Québec et le Centre canadien pour l’éthique dans le sport.

De plus, il propose des services de soutien à la recherche et à la collectivité en chimie, microbiologie et immunologie, génomique et protéomique ainsi qu’en biologie moléculaire et cellulaire. Il est lié au Centre national de biologie expérimentale et accueille actuellement cinq chaires de recherche du Canada.

Le Centre abrite le Musée Armand-Frappier, qui se spécialise dans l’interprétation des biosciences. Des camps de jour et des ateliers permettent à tous, petits et grands, de s’initier à la microbiologie et aux biotechnologies. Les objets de la Collection Armand-Frappier et de la Collection scientifique et pédagogique sont mis en valeur par différentes expositions dont certaines sont accessibles en ligne.


Lecture supplémentaire

  • Luc Chartrand, Raymond Duchesne et Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec de la Nouvelle-France à nos jours (Montréal : Boréal, 2008).

    Armand Frappier, Un rêve, une lutte : autobiographie (Québec : PUQ, 1992).

    Denis Goulet et Robert Gagnon, Histoire de la médecine au Québec, 1800–2000. De l’art de soigner à la science de guérir (Québec : Septentrion, 2014).

    François Guérard, Histoire de la santé au Québec (Montréal : Boréal, 1996).