Choléra

La maladie a été introduite pour la première fois au Canada en 1832, par des immigrants en provenance de la Grande-Bretagne. Des épidémies surviennent en 1832, 1834, 1849, 1851, 1852 et 1854. On rapporte également quelques cas à Halifax en 1881.

Chol\u00e9ra, \u00e9pid\u00e9mie de
En 1832, une fum\u00e9e noire flotte au-dessus de Qu\u00e9bec, pendant que les habitants terrifi\u00e9s font br\u00fbler des chaudrons fumeux pour combattre le chol\u00e9ra. Peinture r\u00e9alis\u00e9e par Joseph L\u00e9gar\u00e9 (avec la permission du Mus\u00e9e des beaux-arts du Canada).

Choléra

Le choléra est une maladie intestinale infectieuse aiguë causée par l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Il cause des diarrhées aqueuses aiguës. En l'absence de traitement, il peut rapidement entraîner une déshydratation sévère et une insuffisance rénale et la mort. Une mauvaise condition physique augmente les probabilités de symptômes sévères et de complications potentiellement graves. Le choléra est traité au moyen de solutions électrolytiques, soit des sels de réhydratation à administrer par voie buccale, qui remplacent les nutriments perdus par le corps.

La maladie a été introduite pour la première fois au Canada en 1832, par des immigrants en provenance de la Grande-Bretagne. Des épidémies surviennent en 1832, 1834, 1849, 1851, 1852 et 1854. On rapporte également quelques cas à Halifax en 1881. Au Canada, au moins 20 000 personnes sont mortes lors de ces épidémies. À l'époque, on redoute le choléra, car c'est une maladie mortelle dont personne ne connaît le mode de propagation ni le traitement. Le taux de mortalité des cas non traités est très élevé. En 1832, on ouvre une station de quarantaine à la Grosse-Île, près de Québec; tous les navires doivent s'y arrêter afin d'être inspectés.

Durant les épidémies, certaines villes tentent de se mettre d'elles-mêmes en quarantaine afin de se protéger de la maladie. Lorsque la quarantaine s'avère inefficace, des mesures de santé publique sont prises par les villes ainsi que les gouvernements provinciaux et colonial. La réaction face au choléra encourage les gouvernements à agir pour protéger la santé des Canadiens et s'occuper des malades. Les mesures prises ne sont pas toutes populaires et, dans certaines régions, des émeutes éclatent, au cours desquelles la foule brûle les hôpitaux établis pour traiter les malades. Dans les années 1830, la colère au sujet du choléra contribue à la campagne contre le gouvernement dans le Bas-Canada. La maladie est assez courante dans le monde avant l'avènement des méthodes sanitaires modernes au cours du 20e siècle. Elle effraie moins la population à mesure que les gens se familiarisent avec elle au cours des épidémies subséquentes. Une meilleure compréhension de la manière dont elle se propage permet une prévention plus efficace.

Dans le monde moderne, le choléra peut être endémique dans les régions où le manque d'infrastructure et des systèmes de soins de santé insuffisants diminuent l'efficacité des mesures sanitaires et contribuent aux conditions permettant à la bactérie de se développer. La maladie est fréquente dans les camps de réfugiés en raison de l'encombrement et des mauvaises conditions sanitaires. Des éclosions de choléra sont survenues en Amérique du Sud dans les années 1990 et d'autres continuent à se produire en Afrique du Sud de façon sporadique. Le choléra est endémique au Malawi, en Zambie et au Mozambique. Au Zimbabwe, la dégradation de la situation politique a aussi eu des répercussions sur le système social, et le choléra est en train d'y devenir endémique, même dans la capitale, Harare, où les mesures d'hygiène modernes avaient réussi à éliminer les vagues de choléra. Les professionnels de la santé tentent d'améliorer l'éducation du public en matière de prévention dans les régions sujettes aux épidémies de choléra, mais sans investissement gouvernemental dans l'infrastructure sanitaire, la réussite ne peut être que limitée.

Le nombre annuel de cas de choléra déclarés au Canada de 1995 à 2004 est passé de 1 à 8. La plupart des cas canadiens sont causés par des voyages à l'étranger dans des régions touchées. Le choléra est considéré comme une « maladie à déclaration obligatoire », ce qui signifie que les autorités nationales et mondiales de la santé doivent être avisées de tous les cas. La déclaration des maladies est importante pour l'ÉPIDÉMIOLOGIE, car elle permet de surveiller les maladies et d'établir les tendances dans le monde. Les autres maladies à déclaration obligatoire incluent les cas actifs de TUBERCULOSE, de syphilis et de SIDA.

Voir aussiÉPIDÉMIE.


Lecture supplémentaire

  • Geoffrey Bilson, A Darkened House: Cholera in Nineteenth Century Canada (1980); C.M. Godfrey, Cholera in Upper Canada 1832-1860 (1968).