Climat

Le climat est souvent défini comme l’ensemble des conditions météorologiques moyennes, c’est-à-dire l’état actuel de l’atmosphère. Pour les scientifiques, le climat résulte des échanges thermiques et hydriques qui ont lieu à la surface de la Terre.

Neige, grain de
Banc d'épais nuages comportant des particules de neige (photo de Arjen Verkaik, Skyart Productions).
Averse de neige
Averse de neige le long de la route de l'Alaska près de la rivière Lizard, en Colombie-Britannique (Corel Professional Photos).
Configuration d\u0092une tempête au-dessus du détroit de Davis
La configuration en spirale captée par cette image-satellite est typique de l'action cyclonique au coeur des tempêtes violentes. Le climat hivernal canadien est dominé par des masses d'air polaire froid (avec la permission du Centre canadien de télédétection).

Le climat est souvent défini comme l’ensemble des conditions météorologiques moyennes, c’est-à-dire l’état actuel de l’atmosphère. Pour les scientifiques, le climat résulte des échanges thermiques et hydriques qui ont lieu à la surface de la Terre. En raison de la superficie de son territoire, le Canada connaît une grande variété de climats. On observe en effet des différences considérables de longueur des journées entre le sud et le nord : en décembre, le sud du Canada bénéficie de huit heures d’ensoleillement alors que celui-ci est nul dans le nord du pays. Le climat dépend également de la situation géographique du lieu où l’on se trouve, en particulier de sa distance par rapport aux océans. C’est la raison pour laquelle une ville côtière comme Victoria, en Colombie-Britannique, jouit d’un climat plus doux qu’une ville telle que Winnipeg, située au milieu du continent, au Manitoba.

Température

La température est le degré de chaleur ou de froid. On mesure la température de l’air depuis plus d’un siècle à certains endroits au sud du Canada, mais depuis beaucoup moins longtemps dans l’Arctique. Les données climatiques sont généralement des moyennes enregistrées sur 30 ans publiées tous les dix ans.

En hiver, lorsque l’ensoleillement est très faible dans le Nord canadien, on observe des écarts thermiques importants entre le nord et le sud du pays. La température maximale moyenne en janvier à Alert, à l’extrême nord de l’île d'Ellesmere, est de -28,6 °C, alors qu’elle est de -0,4 °C à Windsor, en Ontario, soit une différence de 28,2 °C. Durant l’été, ces écarts se réduisent en raison de l’allongement de la durée du jour dans le nord, les températures maximales atteignant en juillet 6,1 °C à Alert et 29 °C à Windsor, soit une différence de 22,9 °C.

Outre les températures mensuelles, les climatologues aiment connaître les quantités totales de chaleur reçues à des endroits précis. Pour exprimer ces quantités, les climatologues ont élaboré un indice d’évapotranspiration potentielle (EP), basé sur les températures mensuelles supérieures à 0 °C et désignant la quantité d’eau qu’une surface végétale peut évaporer et transpirer. L’EP est donc un indicateur de chaleur. Ainsi, sur les îles de l'Extrême-Arctique, qui reçoivent une très faible quantité de chaleur, l’EP est égale à 200 mm. En comparaison, l’EP dans les zones les plus chaudes du sud de l’Ontario, du Québec et de la Colombie-Britannique, est environ trois fois plus élevée. Cependant, les valeurs maximales d’EP au Canada sont minimes par rapport à celles enregistrées dans les pays tropicaux, où elles peuvent dépasser 1 500 mm.

Il est également important de connaître le froid qu’il peut faire en un lieu donné, notamment lorsqu’on considère le coût du chauffage des habitations. Un bon paramètre indicateur du froid est le degré-jour de chauffage (DJC). Son calcul est basé sur la différence entre une température de référence et une valeur moyenne journalière inférieure à 18 °C (65 °F), soit la valeur de référence en dessous de laquelle on allume généralement les appareils de chauffage. On enregistre des valeurs annuelles de 4 000 DJC dans le sud de l’Ontario et de 12 000 DJC sur les îles de l'Extrême-Arctique.

Humidité

Le paramètre climatique le plus important après la température est la quantité de précipitations. Une précipitation est de l’humidité qui tombe sous forme de pluie, de neige ou de grêle, sur la surface de la Terre. Étant donné la superficie du Canada, on observe d’importants écarts entre les quantités de précipitations enregistrées. L’air chaud pouvant retenir beaucoup plus d’eau que l’air froid, le sud du Canada reçoit plus de précipitations que le nord du pays. De même, les vents soufflant habituellement d’ouest en est, c’est sur la côte ouest qu’on enregistre le plus de précipitations. D’autres facteurs influent localement sur les précipitations, comme les montagnes dans l’Ouest canadien et les Grands Lacs au centre du pays.

En général, on mesure les quantités de précipitations moyennes annuelles dans les zones habitées. Du fait que la majorité des Canadiens vivent dans le sud du pays, c’est là que les cartes des précipitations sont les plus précises. Les précipitations d’une région donnée peuvent être représentées sur une carte par des isohyètes, lignes reliant des points d'égales quantités de précipitations. En ce qui concerne les zones montagneuses, les isohyètes sont approximatives et représentent les conditions observées en vallée, ce qui fait que les quantités totales de précipitations en altitudes élevées sont mal connues. Les précipitations annuelles varient de 100 mm dans l’Extrême-Arctique à plus de 1 500 mm sur le côté exposé au vent des montagnes de la Colombie-Britannique.

Une grande part des précipitations qui tombent au Canada s’évapore et retourne dans l’atmosphère (par évapotranspiration). L’eau non évaporée s’écoule dans les cours d’eau et les lacs puis se déverse dans l’océan. Le ruissellement est faible ou nul à l’intérieur du pays alors qu’il demeure abondant dans l’est et dans l’ouest, zones où se situent les plus grandes installations hydroélectriques.

Régions climatiques

Il est difficile de définir les régions climatiques d’un pays. Les climatologues font appel à divers paramètres climatiques, tels que la température et les quantités de précipitations, mais c’est surtout la végétation qui sert à déterminer le type de climat d’une région.

Un type de climat se caractérise par la différence entre l’apport et la perte d’eau et se calcule à l’aide des mesures mensuelles de l’EP et des précipitations. Ce bilan hydrique peut être représenté graphiquement. Dans les zones peuplées du Canada, les besoins en eau sont généralement nuls durant les mois d’hiver, car il y a peu de chaleur et beaucoup de précipitations sous forme de neige. Cependant, en juillet, alors que les températures grimpent et que les précipitations chutent, les besoins en eau atteignent en moyenne 130 mm. Seules les régions de la côte du Pacifique, où les températures sont suffisamment élevées, connaissent des besoins en eau tous les mois de l’année. Les quantités de précipitations mensuelles varient énormément d’un bout à l’autre du Canada et n’égalent jamais, où que l’on se trouve, les valeurs mensuelles d’EP. La plupart des localités reçoivent un excédent d’eau en hiver, lorsque l’EP est nulle, et souffrent d’un déficit d’eau en été, au moment où les besoins sont maximaux.

Le Nord canadien, vaste et quasiment inhabité, comporte plusieurs régions climatiques différentes. On le divise habituellement en deux : la zone arctique et la zone subarctique. Dans le sud, la partie la plus peuplée du Canada, on distingue cinq grandes régions climatiques se chevauchant les unes les autres : la côté est, les Grands Lacs, les Prairies, la région de la Cordillère et la côte ouest.

Les stations météorologiques décrites ci-dessous représentent chacune de ces régions, à l’exception de la zone de la Cordillère, qui comporte les Rocheuses. Celle-ci ne peut en effet être représentée par une seule station en raison de la grande variété de ses climats. Ainsi, les vallées du sud de la Colombie-Britannique jouissent des climats les plus secs du Canada alors qu’on trouve des calottes glaciaires permanentes aux altitudes élevées, notamment dans le Yukon.

Côte est

Le climat d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, est emblématique du climat de la côte est. Le niveau de précipitations est assez uniforme tout au long de l’année, juillet étant le seul mois où les besoins dépassent les apports en eau. La végétation n’en est pas affectée, grâce aux réserves hydriques accumulées dans le sous-sol (voir Eau souterraine). La plupart du temps, les sols contiennent une réserve de 100 mm d’eau.

À Halifax, celle-ci ne s’épuise pas avant que les précipitations ne dépassent les besoins en eau et que les réserves n’atteignent à nouveau leur niveau maximum. La capitale néo-écossaise connaît donc une perte d’eau réelle presque égale à la perte d’eau potentielle. Dès que la réserve hydrique du sous-sol atteint son maximum, il se produit un ruissellement d’eau à la surface ou immédiatement sous la surface. Le niveau total annuel de ruissellement à Halifax est de 773 mm.

Grands Lacs

Le climat de Windsor est typique de celui du sud de l’Ontario. Les quantités de précipitations sont assez constantes tout au long de l’année (quoique moins qu’à Halifax), mais les niveaux d’EP en été à Windsor sont plus élevés que ceux de la côte est, à l’image des températures estivales de l’intérieur du pays.

En mai, les valeurs de l’EP dépassent les niveaux de précipitations. À la mi-juillet et durant une année moyenne, les réserves hydriques du sous-sol s’épuisent. Dès lors, la végétation ne peut s’alimenter qu’à partir des précipitations quotidiennes jusqu’à ce que ces dernières soient suffisantes pour reconstituer les réserves souterraines. Au cours d’une année moyenne, le déficit de précipitations par rapport aux besoins en eau à Windsor est de 86 mm.

Prairies

Edmonton jouit d’un climat typique de celui des Prairies. La quantité de précipitations annuelle, soit 447 mm, est inférieure au niveau d’EP, soit 555 mm et on enregistre souvent des déficits hydriques d’environ 120 mm durant l’été. En raison du faible niveau de précipitations en hiver, les réserves d’eau souterraine au cours d’une année typique ne sont pas toujours entièrement reconstituées et l’excédent hydrique est en moyenne de seulement 7 mm (voir Sécheresse).

Zones subarctique et arctique

À Inuvik au nord du cercle arctique, les niveaux mensuels d’EP et de précipitations sont similaires à ceux enregistrés dans les Prairies, mais la saison de croissance des végétaux est plus courte. Ainsi, les niveaux de ruissellement sont faibles et le déficit hydrique est de 100 mm. Alert, dans l’Extrême-Arctique, se caractérise par un climat très rigoureux associé à une saison de croissance d’une durée d’un mois et à de faibles précipitations. En outre, malgré un déficit hydrique, on y observe un niveau annuel de ruissellement de 76 mm.

Côte ouest

Le climat de la côte ouest est marqué par des quantités de précipitations qui atteignent leur maximum en hiver et leur minimum en été. Le climat de Victoria représente bien celui de la côte ouest. Les températures mensuelles moyennes sont généralement supérieures à 0 °C et il y a chaque mois des besoins en eau. Un hiver moyen se caractérise par une quantité mensuelle de précipitations de 130 mm et un niveau d’EP de seulement 14 mm, ce qui entraîne des niveaux élevés de ruissellement. En été, les précipitations sont minimales alors que les besoins en eau sont maximaux, ce qui donne lieu à d’importants déficits hydriques.

Voir aussi Changement de Climat; Rigueur du climat; Climatologie; Glace; Météorologie; Incidence du développement urbain sur le climat; Prévisions météorologiques.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • F.K. Hare and M.K. Thomas, Climate Canada (1979).