Jim Corcoran

Jim Corcoran (pseudonyme de James Corcoran), auteur-compositeur-interprète, guitariste (né le 10 février 1949 à Sherbrooke, Québec). Maniant la langue française avec subtilité, ce parolier d’expression anglaise aime jouer avec les mots et leur sonorité.

Jim Corcoran (pseudonyme de James Corcoran), auteur-compositeur-interprète, guitariste (né le 10 février 1949 à Sherbrooke, Québec). Maniant la langue française avec subtilité, ce parolier d’expression anglaise aime jouer avec les mots et leur sonorité.

Formation et début de carrière

Québécois d’expression anglaise et d’origine irlandaise, Jim Corcoran fait ses études dans un séminaire de Boston. Il revient au Québec à l’automne 1970 et s’inscrit à l’Université Bishop de Lennoxville; il y obtient un B.A. en philosophie en 1973. Se produisant à l’occasion dans les cafés et les bars de Sherbrooke durant ses études, il concocte un spectacle centré sur les trois premiers albums de Leonard Cohen. On lui présente alors un autre musicien, Bertrand Gosselin, avec qui il monte sur scène pour la première lors d’une nuit de la poésie au Cégep de Sherbrooke.

Jim et Bertrand

Dans la vague des chants traditionnels du début des années 1970, Corcoran et Gosselin créent en 1972 le duo folk Jim et Bertrand, qui se caractérise par la sobriété de son style et la qualité musicale de ses compositions. De 1973 à 1979, Jim et Bertrand enregistrent cinq albums : Jim Corcoran et Bertrand Gosselin (1973), Île d’entrée (1975), La tête en gigue (1977), Le meilleur de Jim Corcoran et Bertrand Gosselin (1978) et À l’abri de la tempête (1979). Le duo se fait connaître par la populaire chanson « Welcome Soleil » tirée de son album La tête en gigue, qui obtient le prix du meilleur disque folk au Festival de Montreux (Suisse romande) en 1978. L’album est certifié or (50 000 exemplaires vendus) en 1981 par l’Association de l’industrie canadienne de l’enregistrement (aujourd’hui Music Canada).

Carrière solo

Le duo se sépare après la sortie de son dernier album et Corcoran rejoint la formation Lennox (composée de Charlie Cover, Jean-Guy Robert, Dave Lapp et Bruce Jackson). Après une brève expérience avec ce groupe, quelques voyages en Europe et des spectacles dans les bars de Sherbrooke, Corcoran lance son premier album solo, Têtu, en 1981. Celui-ci remporte le prix Félix de l’album folk de l’année. En 1983, l’artiste fait la rencontre de Carl Marsh au Festival de Spa, en Belgique, et lui confie la réalisation de son deuxième album solo, Plaisirs, qui est enregistré à Memphis, au Tennessee. C’est également dans cette ville musicalement importante des États-Unis, encore une fois avec la collaboration de Marsh, qu’il enregistre l’album Miss Kalabash (1986) sur lequel il est accompagné par le groupe américain The Memphis Horns.

Corcoran participe en 1984 au Festival de Spa, où « J’ai fait mon chemin seul » remporte le prix de la meilleure chanson francophone, ainsi qu’à celui d’Asilah, au Maroc, en 1987. Son album simplement intitulé Corcoran (1989) révèle un artiste polyvalent que l’on a souvent qualifié de marginal, d’anachronique. Au moins cinq extraits de l’album font l’objet d’un vidéoclip, dont « Ton amour est trop lourd » et « Je me tutoie ». Corcoran s’est d’ailleurs prêté au jeu de ce nouveau support musical dès 1986 avec le vidéoclip « En chair et en os (Djeddy Duvah) », qui intègre des éléments d’animation image par image (stop motion).

En 1990, l’artiste fait partie de la distribution originale de l’opéra romantique « Nelligan » créé par André Gagnon et Michel Tremblay, prêtant sa voix au personnage de David Nelligan, le père du célèbre et tragique poète montréalais. La même année, il se produit à l’Olympia de Paris et participe aux FrancoFolies de Montréal.

Après Zola à vélo en 1994, il lance en 1996 Portraits, une compilation marquant ses 25 années de carrière dans laquelle il revisite à la guitare acoustique certains de ses titres les plus connus, comme « Perdus dans le même décor », « Fallait s’y attendre » et « C’est pour ça que je t’aime ». Cela lui vaut pour une deuxième fois le prix Félix de l’album folk de l’année. Corcoran se fait ensuite plus discret, et ce n’est qu’en 2000 qu’il présente son album suivant. Entre tout et moi mêle des pièces acoustiques à des morceaux aux sonorités plus pop-rock. Quelques titres se distinguent, dont « On aurait dit l’amour », « Madame Poupart » (qui porte sur les péripéties d’un transsexuel) et « L’aube tarde » (qui traite de la disparition en mer du navigateur canadien Gerry Roufs).

En 2005, Corcoran présente son huitième album solo, intitulé Pages blanches. Trois des pièces sont enregistrées avec des membres de l’Orchestre de chambre de Nashville, mais la plupart sont centrées sur une ou deux guitares. L’album récolte le prix Juno de l’album francophone de l’année au gala 2006.

Collaborations récentes

Au fil des ans, Corcoran collabore à l’écriture de paroles pour la musique de trois spectacles du Cirque du Soleil : « Quidam » (en tournée à partir de 1996), « KÀ » (présenté à partir de 2004 au MGM Grand à Las Vegas) et « Wintuk » (proposé de façon saisonnière au théâtre du Madison Square Garden, à New York, entre 2007 et 2011). La pièce « Let Me Fall », écrite en collaboration avec Benoît Jutras pour le spectacle « Quidam », a été popularisée par l’Américain Josh Groban.

À partir de 2009, tant sur scène que sur disque, Jim Corcoran participe au projet « 12 hommes rapaillés », dans lequel des interprètes masculins (dont Michel Rivard, Richard Séguin, Daniel Lavoie, Yann Perrault et Vincent Vallières) rendent hommage en musique au poète Gaston Miron. La première édition du spectacle est présentée aux FrancoFolies de Montréal à l’été 2009. La seconde, à l’affiche à compter de 2011, est couronnée du prix Félix du meilleur spectacle en 2012. Les deux volumes de 12 hommes rapaillés, qui présentent les poèmes de Miron mis en musique par Gilles Bélanger, sous la direction musicale de Louis-Jean Cormier, s’écoulent à 70 000 exemplaires. Le deuxième opus, qui comprend l’interprétation du poème « Sentant la glaise » par Corcoran, remporte le prix Félix de l’album folk de l’année en 2011. Trois ans plus tard, l’album Symphonie rapaillée (2014) enregistré avec les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction et selon les arrangements de Blair Thomson reprend 13 titres des premiers volumes, dont « Mon bel amour » interprété par Jim Corcoran.

Ce dernier offre aussi plusieurs chansons à de jeunes artistes. En 2007, il adapte en français un succès de Chris De Burgh, « Lonely Sky » (devenu « Loin de moi ») pour l’album Comme ça de Marie-Élaine Thibert. En 2012, il coécrit avec Marie-Pierre Arthur les paroles de la pièce « Chanson pour Dan » de l’album Aux alentours; cela lui vaut une nouvelle nomination dans la catégorie Auteur ou compositeur de l’année lors du gala de l’ADISQ. En 2010, quatre de ses chansons sont intronisées au panthéon des Classiques de la SOCAN (Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) pour avoir été jouées à 25 000 reprises à la radio canadienne.

Depuis 1988, Corcoran est l’hôte de l’émission radiophonique « À propos » au réseau anglais de Radio-Canada (CBC). L’émission consacrée à la musique et à la chanson québécoise a célébré en 2013 ses 25 ans en ondes.

Prix

Prix Félix Album folk de l’année (Têtu), ADISQ (1981)

Meilleure chanson francophone (« J’ai fait mon chemin seul »), Festival de Spa, Belgique (1984)

Prix CIEL-Raymond Lévesque (1987)

Prix Félix Auteur-compositeur de l’année (Corcoran), ADISQ (1990)

Prix Félix Album folk de l’année (Portraits), ADISQ (1996)

Doctorat honoris causa, Université Bishop (2004)

Album francophone de l’année (Pages blanches), Prix Juno (2006)

Prix Eddy-Marnay pour implication à la cause des créateurs, SPACQ et René Angélil (2009)

Prix Les Classiques de la SOCAN (« C’est pour ça que je t’aime », « J’ai la tête en gigue », « Ton amour est trop lourd », « Je vais changer le monde »), SOCAN (2010)

Discographie

Avec Bertrand Gosselin

Jim Corcoran et Bertrand Gosselin (1973). Disques Zodiaque ZOX-6010 [réédition en 1978 Disques Total DT-22012].

Île d’Entrée (1975). Disques Total, SAGE 1.

La tête en gigue (1977). Kébec-Disc KD-921 [réédition en 1999 Audiogram ADCD-10124].

Le meilleur de Jim Corcoran et Bertrand Gosselin (1978). Disques Total, DT-22026.

À l’abri de la tempête (1979). Kébec-Disc KDL-965.

En solo

Têtu (1981). Kébec-Disc KD-506.

Plaisirs (1983). Kébec-Disc KD-595.

Miss Kalabash (1986). Audiogram AD-10-002 et ADCD-10-002.

Corcoran (1989). Audiogram AD-10-035.

Zola à vélo (1994). Audiogram ADCD-10077.

Portraits (1996). Audiogram ADCD-10091.

Entre tout et moi (2000). Audiogram ADCD-10133.

Pages blanches (2005). Audiogram ADCD-10180.

Voir aussi Chanson au Québec; Musique pop au Québec (Canada français).


Lecture supplémentaire

Liens externes