Coureurs de côtes

Commerçants itinérants du Canada français rural du XVIIIe siècle. Ils apparaissent nombreux au moment où LOUISBOURG et les Antilles commencent à n'assurer qu'un marché irrégulier pour les surplus de blé de la colonie.

Les coureurs de côtes sont des commerçants itinérants du Canada français au XVIIIe siècle. Ils se déplacent pour aller acheter les surplus de blé et ils font une dure concurrence aux marchands des villes et des campagnes.

Des commerçants itinérants

Les coureurs de côtes sont des commerçants itinérants du Canada français au XVIIIe siècle. Ils parcourent la campagne pour vendre des produits généralement importés et pour acheter les surplus de blé pour les revendre aux négociants. Ils sont les intermédaires entre les habitants qui produisent les grains et les négociants qui entreposent et qui exportent les surplus vers Louisbourg et les Antilles.

Des concurrents des marchands des villes

Les coureurs de côtes se déplacent pour aller rejoindre les producteurs de blé. Ils font une dure concurrence aux marchands des villes et aux marchands qui s’établissent dans les campagnes de la Nouvelle-France à compter de 1730. Un de ces marchands de campagne qualifie même les coureurs de côtes de « démons ambulants ». En 1741, un mémoire adressé au gouverneur Beauharnois et à l’intendant Hocquart par Pierre Trottier Desauniers, syndic des négociants de Québec, fait état des plaintes que soulève la concurrence des coureurs de côtes au sein de cette communauté.

Disparition au profit des colporteurs et des marchands ruraux

À titre de collecteurs de grains agissant au nom de négociants, ils offrent souvent de meilleurs prix et ils sont parfois en mesure de payer en espèces. Cela est très apprécié des habitants qui n’ont désormais plus besoin de se rendre en ville pour écouler leur production et pour se procurer des produits manufacturés. Les habitants entreposent le blé dans leurs granges jusqu’à l’arrivée des barques qui emportent les céréales vers les ports d’exportation.

La collecte du blé dans les campagnes se poursuit au XIXe siècle. Les coureurs de côtes semblent disparaître, remplacés par les colporteurs qui vendent à plus petite échelle et par les marchands ruraux qui se rendent désormais eux-mêmes (ou par l’entremise de leurs commis) à la rencontre des cultivateurs.


Lecture supplémentaire

  • Gérard Béaur, Christian Dessureault et Joseph Goy, éd., Familles, terre, marchés. Logiques économiques et stratégies dans les milieux ruraux (XVIIe–XXe siècles) (Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2004).

    Louise Dechêne, Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle (Montréal : Boréal, 1988 [1974]).

    Louise Dechêne, Le partage des subsistances au Canada sous le Régime français (Montréal : Boréal, 1994).

    Allan Greer, Habitants, marchands et seigneurs. La société rurale du bas Richelieu, 1740–1840(Sillery : Septentrion 2000).

    Jacques Mathieu, La Nouvelle-France. Les Français en Amérique du Nord. XVIe–XVIIIe siècle (Paris et Québec : Presses de l’Université Laval, 1991).

    Jacques Mathieu, Le commerce entre la Nouvelle-France et les Antilles au XVIIIe siècle (Montréal : Fides, 1981).

Liens externes