Daniel MacIvor

Daniel MacIvor, dramaturge, acteur, réalisateur de films, scénariste (né le 23 juillet 1962 à Sydney, Nouvelle-Écosse).

MacIvor, Daniel
Daniel MacIvor, dramaturge, acteur et metteur en sc\u00e8ne maintes fois primé (photo de Guntar Kravis).

Daniel MacIvor, dramaturge, acteur, réalisateur de films, scénariste (né le 23 juillet 1962 à Sydney, Nouvelle-Écosse). Cinq fois sélectionné et une fois gagnant d’un Prix du Gouverneur général, et deux fois gagnant du prix Chalmers pour la meilleure nouvelle pièce canadienne, Daniel MacIvor est l’un des dramaturges les plus innovateurs du Canada. Son œuvre jouit d’un niveau de réussite populaire qui dépasse de loin la portée qui est généralement associée au théâtre « expérimental ». Une partie de cette réussite est attribuable à la compétence et au charme de Daniel MacIvor à titre d’interprète de sa propre œuvre. Il a lui-même participé à beaucoup de tournées pour jouer dans ses pièces, établissant une norme élevée déconcertante pour ceux qui ont essayé, par la suite, de produire son œuvre idiosyncrasique.

Éducation et début de carrière

Daniel MacIvor reçoit sa formation en théâtre à l’Université Dalhousie, à Halifax (1980-1983), et passe une année au George Brown College, à Toronto (1984-1985). C’est pendant cette période qu’il rencontre pour la première fois les scénaristes qui seront, selon lui, les artistes les plus marquants sur le développement de son œuvre; notons au passage les dramaturges canadiens David Freeman, David French et Judith Thompson et les Américains Maria Irene Fornes et David Mamet, qui s’attaquent tous à des thèmes sombres et qui écrivent un dialogue dérivé des rythmes idiosyncrasiques de formes de paroles. En suivant leur exemple, Daniel MacIvor utilise son don d’acteur pour le mimétisme pour rendre différentes voix de façon frappante et efficace dans son écriture. Ceci est particulièrement évident dans les pièces pour un acteur de Daniel MacIvor telles que Wild Abandon, House, Here Lies Henry, Monster et Cul-de-sac.

Une autre source d’inspiration des débuts de Daniel MacIvor est le Théâtre Ubu, compagnie implantée à Montréal à qui la direction artistique a été confiée à Denis Marleau, dont l’approche musicale envers l’action et le langage théâtral a nettement influencé des pièces de Daniel MacIvor telles que Never Swim Alone et 2-2 Tango. Il utilise le langage de façon rythmique dans ses pièces et ailleurs il le fait à la fois pour créer une tension et pour rendre les habitudes de pensée qui abordent le niveau des troubles obsessifs compulsifs sociaux et en faire une satire.

Œuvre dramaturge

La percée de Daniel MacIvor à titre de dramaturge vient avec See Bob Run (1986), pièce mettant en scène une femme et écrite pour l’actrice Caroline Gillis. En 1987, il est invité à se joindre au Playwrights' Unit au Tarragon Theatre de Toronto, grâce auquel il élabore sa pièce Somewhere I Have Never Travelled, qui est produite en entier au Tarragon Theatre, en 1988. Depuis, la majorité de l’œuvre de Daniel MacIvor a d’abord été produite par sa compagnie internationale de tournée, da da kamera, qu’il a fondée pour la production de See Bob Run, en 1986, et qu’il a fermée en 2007 à la suite d’une saison triomphale au cours de laquelle la compagnie a de nouveau monté quatre de ses pièces : Here Lies Henry, Monster, House et A Beautiful View au Buddies in Bad Times Theatre, à Toronto.

Le registre des pièces de Daniel MacIvor produites par da da kamera, au cours des 20 années qui s’écoulèrent, est illustre pour son étendue et sa qualité constante.

Notons, parmi les pièces principales, Never Swim Alone (1991), l’une des pièces les plus présentées de Daniel MacIvor dans laquelle l’agressivité et la compétitivité entre deux hommes d’affaires sont canalisées au moyen d’un concours bizarre dirigé par une fille que les hommes avaient rencontrée pendant un été de leur adolescence. Viennent ensuite quatre spectacles solos créés avec son partenaire de longue date, le collaborateur, réalisateur et dramaturge Daniel Brooks, qui comprennent House (1992), Here Lies Henry (1995), Monster (1998) et Cul-de-sac (2002) et une des pièces les plus populaires de Daniel MacIvor, Marion Bridge (1998) qui raconte l’histoire de trois sœurs réunies lors du décès de leur mère. Puis, c’est au tour de la dernière nouvelle pièce à être produite par da da kamera, A Beautiful View (2006), qui examine la relation d’amour de deux femmes à partir de la vingtaine jusqu’à la quarantaine au moment où elles s’unissent, puis s’éloignent l’une de l’autre. Comme da da kamera ferme ses portes en 2007, Daniel MacIvor apparaît moins souvent dans des tournées mettant en scène ses propres œuvres bien qu’en 2011, il parcoure le pays avec son spectacle en solo, This Is What Happens Next (2010), conçu en collaboration avec Daniel Brooks sous les auspices du Necessary Angel Theatre.

Parmi les pièces récentes de Daniel MacIvor, on compte His Greatness (2008), d’abord produite au Factory Studio Theatre (2011) et qui raconte deux jours dans la vie déjà avancée de l’auteur de théâtre Tennessee Williams; The Best Brothers, produite pour la première fois à Stratford (2012) et ensuite au Tarragon (2013) au sujet de deux frères qui affrontent la mort de leur mère qui a été écrasée par un travesti ivre lors du défilé de la fierté gaie de Toronto; Was Spring, aussi produite au Tarragon 2 (2012); et Arigato Tokyo, produite au Buddies in Bad Times Theatre (2013), qui utilise les éléments du classique théâtre nô japonais pour raconter une histoire d’amour moderne.

Carrière d’acteur

Mis à part son œuvre comme dramaturge, Daniel MacIvor est un acteur admiré et recherché. Il apparaît dans des productions du DNA Theatre, du Theatre Calgary et du Tarragon Theatre et dans plusieurs projets au cinéma comme à la télévision tels que I Love a Man in Uniform(1993), de David Wellington, Beefcake (1998), de Thom Fitzgerald, la série télévisée de Don McKellar et Bruce McDonald Twitch City(1998-2000) et The Five Senses (1999), de Jeremey Podeswa, qui lui a valu un prix Génie comme meilleur acteur. Daniel MacIvor joue aussi dans Trigger (2010) un film de McDonald et dans Republic of Doyle (depuis 2010), une série télévisée tournée à Terre-Neuve et diffusée à la télévision de la CBC.

Œuvre cinématographique

De 1989 à 1990, Daniel MacIvor participe au Centre canadien du film et depuis, il travaille beaucoup comme scénariste et réalisateur de films. Ses scénarios comprennent deux adaptations de ses propres pièces, House (1996) et Marion Bridge(2002); de même que l’œuvre originale Whole New Thing (2005). Ce film traite d’un garçon d’une intelligence précoce qui se sent attiré par son professeur d’anglais (joué par Daniel MacIvor), un homosexuel d’âge moyen dont la carrière est tout à coup mise en péril en raison des sentiments qu’éprouve le garçon. Daniel MacIvor a travaillé comme scénariste-réalisateur-acteur pour plusieurs films. Dans Past Perfect(2002), par exemple, lui-même et Rebecca Jenkins interprètent un couple qui se rencontre à bord d’un avion pendant un vol pancanadien; leur relation qui y est racontée est exprimée dans une structure inhabituelle d’anticipations pendant deux journées, et ce, à deux ans d’intervalle. Quant à la production Wilby Wonderful (2004), elle met en vedette une distribution d’acteurs de cinéma les plus connus du Canada dans des rôles que Daniel MacIvor a écrits particulièrement pour chacun d’entre eux.

Prix

Daniel MacIvor a été en nomination six fois pour le prix Chalmers pour la meilleure nouvelle pièce canadienne et a remporté ce prix à deux reprises; il a été en nomination pour le Prix du Gouverneur général dans la catégorie Théâtre (publié) et a remporté ce prix en 2006 pour sa collection de pièces I Still Love you; il remporte le prix Siminovitch en théâtre (auteur) de même que plusieurs prix Dora Mavor Moore, un Fringe First Award, à Édimbourg, et un prix OBIE du Village Voice (pour la production à New York de In On It, en 2001).

En collaboration avec Rufus Wainright, Daniel MacIvor travaille actuellement sur un livret d’opéra inspiré par l’ancien empereur romain Hadrien et qui doit servir d’ouverture de la saison 2018-2019 de la Compagnie d’opéra canadienne. Il crée aussi un spectacle solo sous le titre provisoire Who Killed Spalding Gray? à partir de sa relation personnelle avec le regretté monologuiste américain.


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