Desjarlais, Robert

Bien que ce club soit amateur dans toutes les forces du mot, l'affaire devient plus sérieuse alors que les cours et les entraînements s'articulent autour de Robert Desjarlais.

Desjarlais, Robert
(avec permission de Centre régional d'archives de Lanaudi\u00e8re)

Desjarlais, Robert

 Robert Desjarlais, athlète, escrimeur, enseignant (Saint-David, QC, 26 août 1907 - Montréal, 17 juillet 1987). Lors de ses études classiques au Collège Saint-Laurent, le jeune Desjarlais se passionne pour les romans de cape et d'épée. Il est tellement attiré par cette discipline qu'à la fin des années 1920, il fonde, en compagnie de quelques amis, un club d'ESCRIME nommé « Les Quatre Mousquetaires ».

Bien que ce club soit amateur dans toutes les forces du mot, l'affaire devient plus sérieuse alors que les cours et les entraînements s'articulent autour de Robert Desjarlais. Les lectures, le travail, la discipline et de la venue des nouveaux amis partageant la même passion amènent « Les Quatre Mousquetaires » à s'organiser de plus en plus comme un véritable club sportif. Le professeur loue une salle sur la rue Université, puis sur la rue St-Denis à Montréal. Les efforts portent fruits alors que Desjarlais remporte un championnat des novices au fleuret en 1939.

Aux tournants des décennies 1930-1940, la pratique de l'escrime est en plein essor; le club est bondé et l'espace disponible devient insuffisant. À la fin de 1943, cherchant des solutions afin de répondre à cette recrudescence d'amateurs, le professeur parvient à convaincre les dirigeants de la Palestre Nationale d'organiser un club d'escrime. En plus d'enseigner dans ce sanctuaire du sport amateur canadien-français, Desjarlais continue à ferrailler avec détermination. Tant est si bien qu'en 1946, il remporte le titre de champion du Québec au fleuret et au sabre. Son implication est totale puisqu'à la fin de la même année, il est élu président de la Province of Quebec Fencing Association.

Deux ans plus tard, en 1948, il participe aux JEUX OLYMPIQUES de Londres à titre d'athlète, de gérant et d'entraîneur de l'équipe d'escrime. Son séjour à Londres est fort occupé, car en plus de ses multiples tâches au sein de l'équipe canadienne, il occupe le poste de président de la Fédération canadienne et représente le Canada au sein de la Fédération internationale d'escrime. Personnage incontournable de l'escrime canadienne, on requiert sa présence à toutes les réunions qui se tiennent dans le cadre des Jeux.

L'année suivante, le tireur remporte à nouveau le championnat provincial au fleuret et obtient la médaille d'argent sur la scène nationale. Cette deuxième position l'amène en Nouvelle-Zélande au mois de février suivant, alors que se tiennent les Jeux de l'Empire (JEUX DU COMMONWEALTH). Après la tenue des jeux, il fait partie d'une délégation canadienne qui parcoure la Nouvelle-Zélande et l'Australie pendant quatre mois afin de présenter des exhibitions sportives.

À son retour, il poursuit son enseignement à la salle d'armes de la Palestre Nationale. Par la suite, il délaisse peu à peu la compétition, consacrant plus de temps à sa fonction d'entraîneur. En 1954, il occupera ainsi la fonction de co-entraîneur et d'armurier lors des Jeux de l'Empire à Vancouver. Lors de cette compétition internationale, on retrouve au sein de l'équipe canadienne d'escrime pas moins de sept tireurs provenant de la Palestre Nationale. Parmi eux, Carl Schwende, celui que l'on considère, à juste titre, comme le père du Panthéon des sports du Québec. À son retour de l'Ouest canadien, Desjarlais fonde l'Académie des Armes du Québec. Cet organisme vise à élever le niveau de l'escrime tout en promulguant les valeurs sportives et éducatives. Il s'assure également de la formation des entraîneurs en escrime, ces futurs Maîtres d'armes, en prenant soin de protéger le public de l'influence d'instructeurs incompétents et non qualifiés. Ayant désormais terminé sa carrière d'athlète, Desjarlais prend la responsabilité de toutes les activités de la salle d'armes à la Palestre Nationale de 1958 à 1966. Au cours de cette période, il en fait un haut lieu de l'escrime au pays. Puis, en 1967, on fait appel à lui pour collaborer à l'organisation des Championnats mondiaux d'escrime qui se tiennent à Montréal. Il œuvre également au sein de la Fédération des escrimeurs du Commonwealth et de l'Association des escrimeurs du Québec.Au cours de sa carrière, il amalgame son temps entre les salles d'armes, les salles de cours et participe activement à la vie culturelle du Québec. À cet effet, il est chargé de cours à l'Université de Montréal et à l'Université Laval. Il enseigne également au Conservatoire d'Arts dramatiques de Québec et Montréal. Ce faisant, il renoue avec ses rêves d'adolescent alors qu'il orchestre les prestations d'armes sur la scène et à la télévision. Parmi les œuvres auxquelles il participe, notons Le Roi Lear, Roméo et Juliette ainsi que Cyrano de Bergerac. En conciliant de façon exemplaire la pratique sportive et les arts, Robert Desjarlais démontra que le sport occupe une dimension culturelle au sien de la société. En 1974, il est intronisé au Temple de la renommée des sports amateurs du Québec. Quatre ans plus tard, il reçoit le trophée Baron-de-Coubertin et en 2008, il entre au Panthéon de l'escrime québécois à titre de bâtisseur.