Durham, John George Lambton, 1er comte de

Le premier ministre lord Melbourne le persuade, surtout pour apaiser les radicaux, d'accepter de devenir gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique et commissaire enquêteur, avec mandat de préparer un rapport sur les RÉBELLIONS DE 1837 dans les Canadas.

Lord Durham, homme politique
L'opinion de Lord Durham au sujet de la relation entre les deux communaut\u00e9s linguistiques du Bas-Canada \u00e9tait que deux nations se battaient au sein d'un seul \u00e9tat (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/C-121846).

Durham, John George Lambton, 1er comte de

John George Lambton, 1er comte de Durham, homme politique, diplomate et administrateur colonial (Londres, 12 avril 1792 -- Cowes, Angl., 28 juill. 1840). Descendant d'une riche famille du Northumberland, Durham fait ses études à Eton. Il est pendant quelque temps officier de l'armée, se fait élire aux Communes en 1813 et accède à la Chambre des lords en 1828. Membre de l'aile libérale du parti whig, « Radical Jack », de son surnom, est lord du Sceau privé (1830) dans le Cabinet de son beau-père, lord Grey, et joue un rôle important dans l'élaboration du projet de loi sur la Réforme parlementaire de 1832. Collègue peu commode et de santé précaire, il démissionne en 1833, mais est ambassadeur en Russie de 1835 à 1837.

Le premier ministre lord Melbourne le persuade, surtout pour apaiser les radicaux, d'accepter de devenir gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique et commissaire enquêteur, avec mandat de préparer un rapport sur les RÉBELLIONS DE 1837 dans les Canadas. Durham arrive au BAS-CANADA le 29 mai 1838. Son administration est chaudement appuyée par la minorité anglaise du Bas-Canada, les réformateurs modérés du Haut-Canada, le gouvernement américain ainsi que les autorités britanniques.

Mais lorsque le gouvernement britannique refuse de sanctionner une ordonnance illégale prévoyant l'exil d'une poignée de prisonniers politiques aux Bermudes, Durham présente sa lettre de démission le 29 septembre 1838 et quitte Québec le 1er novembre 1838 pour l'Angleterre où il termine, en janvier 1839, son fameux Rapport sur les affaires de l'Amérique du Nord britannique. Sa principale recommandation est de réunir les deux Canadas afin d'accélérer l'assimilation des Canadiens français, qu'il décrit comme un peuple sans histoire ni culture. L'union entrera en vigueur en 1841. Il recommande également la réorganisation du système de gouvernement colonial, mais le gouvernement britannique refuse d'accepter le principe du GOUVERNEMENT RESPONSABLE (terme dont Durham nie la paternité à cause de son ambiguïté) parce qu'il n'est pas prêt d'accepter la formation inévitable d'un gouvernement de parti dans les colonies.

Bien que lord Sydenham et ses successeurs dans la Province unie du Canada ainsi que lord Falkland en Nouvelle-Écosse reconnaissent en pratique la nécessité de gouverner par une majorité à l'assemblée, le gouvernement britannique refuse le principe de gouvernement responsable jusqu'en 1847, et les premiers gouvernements de parti reconnus ne sont admis au pouvoir qu'en 1848, en Nouvelle-Écosse, par sir John Harvey, puis au Canada par le gendre de Durham, lord ELGIN.

L'historiographie récente tend à être plus sceptique sur les réalisations de Durham et plus sévère à l'égard de sa conduite, et il reste un personnage détesté au Canada français. Il est néanmoins l'un des fondateurs prééminents du COMMONWEALTH moderne.


Guide pédagogique: Le gouvernement responsable

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