Église orthodoxe

Également appelée Église orientale, grecque ou byzantine, l'Église orthodoxe est une famille d'Églises chrétiennes établies de longue date en Europe de l'Est, au Proche-Orient, en Afrique et en Asie (voir CHRISTIANISME).

Église orthodoxe

Également appelée Église orientale, grecque ou byzantine, l'Église orthodoxe est une famille d'Églises chrétiennes établies de longue date en Europe de l'Est, au Proche-Orient, en Afrique et en Asie (voir CHRISTIANISME). D'après le recensement de 1991, cette Église possède environ 387 000 fidèles au Canada. Cependant, les chiffres fournis par les Églises sont plus élevés.

Histoire ancienne

Au Ve siècle, les anciennes provinces patriarcales de Rome, de Constantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem sont bien établies. Par la suite, des divergences théologiques, liturgiques et canoniques ainsi que des conflits politiques apparaissent entre Rome et les autres provinces.

Le grand schisme de 1054 sépare Rome (l'Église catholique romaine) de Constantinople et de la majeure partie des fidèles des trois autres territoires, qui formeront l'Église orthodoxe. Les divergences qui provoquent ce schisme, et qui séparent toujours les Églises romaine et orthodoxe, touchent notamment la théologie de la Trinité et l'organisation ecclésiale. Les Églises orthodoxes contestent les enseignements de l'Église romaine sur le Saint-Esprit et sur la nature de l'autorité dans l'Église, en particulier la primauté du pape. Les orthodoxes considèrent la mentalité légaliste du CATHOLICISME romain et du protestantisme comme le problème central de la pensée et des institutions chrétiennes occidentales.

Église orthodoxe actuelle

L'Église orthodoxe contemporaine comprend les anciens patriarcats de Constantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem; les Églises orthodoxes « nationales » de Russie, de Serbie, de Roumanie, de Bulgarie, de Chypre, de Grèce, d'Albanie, de Pologne et de Tchécoslovaquie; des Églises affiliées à ces dernières et formées relativement récemment en Europe et en Amérique du Nord; ainsi que les Églises autonomes du Sinaï, de la Finlande et du Japon.

En théorie, l'unité de ces Églises byzantines réside dans leur reconnaissance mutuelle d'une foi et d'un culte commun plutôt que dans une autorité visible ou une structure administrative. En pratique, toutefois, les patriarches des diverses sections, quoiqu'indépendants, ont tendance à reconnaître la primauté du patriarche oecuménique de Constantinople. Un deuxième groupe, celui des Églises orthodoxes orientales (non chalcédoniennes), comprend les Églises orthodoxes arménienne, copte, syrienne, éthiopienne et de l'Inde du Sud. Ces églises, qui n'adhèrent pas officiellement à la doctrine de la double nature du Christ adoptée en 451 par le concile de Chalcédoine, font néanmoins partie de la grande famille des Églises orthodoxes.

La construction des églises orthodoxes

La construction des églises orthodoxes est conçue pour révéler la présence de Dieu parmi les hommes. Elle s'inspire de l'image du ciel tel qu'il est décrit dans l'Apocalypse. Le point de convergence est la sainte table. Une iconostase unit le sanctuaire et le lieu d'assemblée. Tout ce qui est dans l'église ou qui en provient est considéré comme sacramentel, c'est-à-dire que tout contribue à manifester le mystère du salut et à faire entrer les fidèles dans la vie du Royaume de Dieu. Parmi les nombreux rites et pratiques, la place centrale revient aux saints Mystères : initiation par le baptême (donné par triple immersion) et la chrismation (onction), liturgie eucharistique, mariage, tonsure monastique, réconciliation, onction des malades ou des mourants, ordres sacrés et sépulture.

Les icônes (images religieuses) sont considérées comme des témoins spirituels nécessaires à l'unité de l'Église dans le temps et l'espace, car elles rendent présent le Royaume de Dieu en la personne des saints. La prière et le culte suivent des cycles quotidien, hebdomadaire et annuel. Le temps fort de l'année liturgique, qui commence le 1er septembre, est la fête de Pâques. Chaque dimanche, le jour du Seigneur, est un prolongement de Pâques.

Affiliations à la tradition byzantine

La plupart des chrétiens orthodoxes au Canada sont affiliés à des Églises de tradition byzantine (russe, grecque, antiochienne, ukrainienne, biélorusse, estonienne, bulgare, serbe, macédonienne et roumaine). Malgré une tentative antérieure de chrétiens orthodoxes qui voulaient s'établir en Floride, l'arrivée de moines missionnaires russes parmi les peuples aléoutes d'Alaska en 1794 marque vraiment le début de l'orthodoxie en Amérique du Nord (la première église orthodoxe du Canada est probablement celle de Wostok, en Alberta, fondée en 1898). Un diocèse est fondé à Sitka en 1799 et se ramifie dans d'autres régions d'Amérique du Nord. En 1905, à la suite de vagues successives d'immigration en provenance de Russie, des Carpates russes, d'Ukraine et de Biélorussie, il devient un archidiocèse et son siège est à New York.

Après la révolution russe de 1917, l'Église russe entre en conflit avec le nouveau gouvernement communiste. En 1924, la plupart des paroisses russes ou associées d'Amérique du Nord proclament leur autonomie administrative, fondant une nouvelle métropole : l'Église autocéphale d'Amérique. Les relations irrégulières et tendues qu'elle entretient avec l'Église mère s'améliorent en 1970 lorsque le patriarche de Moscou et de toutes les Russies lui accorde le statut d'Église autocéphale (autonome). Maintenant appelée Église orthodoxe d'Amérique (EOA), elle reconnaît le patriarche comme son père spirituel tout en gardant son autonomie administrative. Le diocèse canadien de l'OEA et ses 32 prêtres servent environ 20 000 fidèles regroupés en 49 paroisses. La liturgie de saint Jean Chrysostome est célébrée en slavon (ou vieux slave), en roumain, en anglais ou en français. Certaines assemblées suivent le calendrier julien (ancien style), d'autres le calendrier grégorien (nouveau style). L'Église dirige des programmes catéchistiques et missionnaires dynamiques.

Certaines paroisses russes ont décidé de demeurer sous l'autorité du patriarche de Moscou et de toutes les Russies, on les appelle les paroisses patriarcales de l'Église orthodoxe russe au Canada. En Alberta et en Saskatchewan, 7 prêtres sont au service de 17 paroisses et leur évêque réside à Edmonton. L'anglais y est utilisé, mais le slavon demeure la langue liturgique. Les autres fidèles orthodoxes russes appartiennent à l'Église russe hors frontières, fondée en Yougoslavie en 1920 par des réfugiés fuyant la révolution russe et dont le siège est maintenant à New York. Cette Église, conservatrice et monarchiste, ne se considère plus en communion avec les Églises canoniques et soutient d'autres groupes ethniques traditionalistes. Elle possède un diocèse canadien, dont le siège se trouve à Montréal, et compte 25 paroisses ainsi que plusieurs monastères de type scétiote. Sa liturgie est généralement célébrée en slavon et elle suit le calendrier julien.

L'archidiocèse orthodoxe grec d'Amérique du Nord et du Sud, qui est la principale Église rattachée à l'Église de Constantinople, compte 74 paroisses au Canada. Son siège est à Toronto et il est membre du CONSEIL CANADIEN DES ÉGLISES. Une forte immigration grecque pendant les années 60 et les années 70 fait augmenter ses effectifs et elle compte aujourd'hui plus de 250 000 fidèles et 55 prêtres. Le grec est la langue principale de cette Église, qui garde des liens étroits avec la culture grecque. Le calendrier grégorien y est en usage depuis 1923, sauf dans cinq paroisses de Montréal et de Toronto, qui ont gardé le vieux calendrier et ont rompu avec l'Église grecque parce qu'elle a adopté le calendrier révisé et qu'elle participe au Conseil oecuménique des Églises.

La majorité des chrétiens d'ascendance syrienne, libanaise et palestinienne au Canada appartiennent à l'Archidiocèse orthodoxe chrétien antiochien, affilié au patriarcat d'Antioche (dont le siège est à Damas, en Syrie). Celui-ci a eu pour prédécesseurs une mission fondée en 1892 par l'Église orthodoxe russe et une autre fondée en 1914 pour les immigrants syriens par le patriarcat d'Antioche. En 1936, ces deux missions fusionnent et le nom actuel est adopté en 1969. L'Église antiochienne, qui maintient des liens étroits avec l'EOA, a fait un effort concerté pour faire usage de l'anglais, qui est maintenant la principale langue liturgique. Elle compte 11 paroisses éparpillées entre l'Île-du-Prince-Édouard et Vancouver.

L'Église orthodoxe ukrainienne du Canada, qui s'appelait auparavant « Église ukrainienne grecque orthodoxe du Canada », compte 278 assemblées et environ 140 000 paroissiens. Une grande partie de ses membres sont des descendants d'immigrants de la Galicie ukrainienne, qui se sont établis dans les Prairies entre le début du siècle et 1929, et d'autres Ukrainiens, qui se sont établis dans les villes de l'Ontario après la Deuxième Guerre mondiale. En 1932, cette Église a fondé le St. Andrew's College, qui est affilié à l'U. du Manitoba en 1962. La paroisse St. Michael, à Gardenton au Manitoba, première église ukrainienne du Canada, accueille un PÈLERINAGE annuel.

Traditionnellement, la Galicie observait le rite ruthène de l'Église catholique romaine. Des tensions apparaissent entre les fidèles canadiens et la hiérarchie catholique au sujet du droit historique des Galiciens à avoir des prêtres mariés et à célébrer la liturgie dans la langue vernaculaire. L'envoi de prêtres oblats dans diverses paroisses amène les Galiciens à craindre de se faire occidentaliser. En réponse à ceci, l'Ukrainian Greek Orthodox Brotherhood est fondée en 1918, ce qui incite beaucoup de catholiques ukrainiens à adhérer à l'Église orthodoxe. Un évêque orthodoxe antiochien syrien en devient le chef spirituel et ordonne trois prêtres. En 1951, l'élection d'Ilarion Okienko en tant que métropolite confirme l'autonomie de l'Église. Mgr Ilarion, spécialiste réputé des langues slaves, traduit la Bible en ukrainien grâce au soutien de la British and Foreign Bible Society. L'Église est gouvernée par un consistoire (conseil regroupant des laïcs et des prêtres) qui en est l'autorité suprême. La liturgie est célébrée surtout en ukrainien vernaculaire. L'Église se considère comme la gardienne de la culture ukrainienne et soutient en conséquence les écoles et les groupes folkloriques, qui font partie intégrante de la vie communautaire. Depuis 1990, elle est en communion avec le patriarche oecuménique et est membre du Standing Council of Orthodox Bishops of the Americas.

L'Ukrainian Orthodox Church of America (affiliée au patriarcat oecuménique), fondée en 1928, compte quatre paroisses au Canada. Elle est devenue métropole en 1983. La Sainte Église orthodoxe ukrainienne autocéphale, qui compte deux paroisses au Canada, a été fondée en 1954 par des prêtres et des laïcs fuyant l'Ukraine lorsque le pays est retombé sous l'influence soviétique en 1944. Cette Église est issue de l'Église orthodoxe de Pologne, qui a été érigée en Église autocéphale en 1924.

L'Église orthodoxe bulgare (diocèse de l'Amérique du Nord et du Sud et de l'Australie) est à l'origine une mission du saint-synode de Sofia auprès des immigrants bulgares et macédoniens d'Amérique du Nord, puis devient métropole après la Deuxième Guerre mondiale. Ses liens avec le saint-synode sont rompus de 1947 à 1962, alors qu'elle s'interroge sur ses liens avec l'Église mère, tombée sous l'empire communiste. En 1962, certains Bulgares adhèrent de nouveau à l'Église mère, mais d'autres condamnent leur geste. D'abord affiliés à l'Église russe hors frontières en tant que diocèse des États-Unis et du Canada de l'Église orthodoxe bulgare, les dissidents se joignent à l'EOA et se dotent d'un diocèse dont le siège est à Toledo, en Ohio. L'Église patriarcale et l'Église russe hors frontières ont chacune une communauté bulgare au Canada. La présence de l'Église orthodoxe macédonienne, Diocèse d'Amérique, du Canada et de l'Australie, dont le siège est à Toronto, complique davantage la situation. Formée de fidèles macédoniens et bulgares, elle résulte du rétablissement de l'ancien siège d'Ohrid, en Macédoine, comme Église indépendante nationale.

Fondée au XIVe siècle, l'Église orthodoxe de Biélorussie (ancien nom du Belarus) a presque toujours été en lutte pour obtenir son autonomie par rapport au patriarche de Moscou. Le gouvernement du pays s'étant aligné sur celui de Moscou en 1946, les Biélorusses fondent des Églises en exil. En 1968, le diocèse de l'Église orthodoxe autocéphale biélorusse, dont le siège est à Toronto, obtient son premier évêque. Le diocèse possède une église, qui dessert plusieurs missions dans les régions industrielles du centre du Canada. La liturgie sacrée a été traduite en biélorusse au Canada. En 1951, une église biélorusse de Toronto adhère à l'ensemble des paroisses orthodoxes biélorusses, lesquelles relèvent du patriarche oecuménique, qui exerce son autorité par l'entremise de l'archevêque grec de Toronto.

L'histoire de l'Église orthodoxe estonienne, Église nationale depuis 1920, est marquée par une lutte semblable pour l'autonomie. À plusieurs reprises, cette Église est sous l'autorité du patriarche oecuménique ou du patriarche de Moscou. Lorsque l'URSS occupe l'Estonie en 1944, l'archevêque de Tallinn, Aleksander, s'enfuit en Suède et fonde l'Église en exil, rattachée au patriarche de Constantinople. Cette Église est introduite au Canada par des immigrants estoniens après la Deuxième Guerre mondiale. Les paroisses estoniennes de Toronto, de Montréal et de Vancouver comptent 1500 fidèles.

Les premiers immigrants serbes s'établissent en Colombie-Britannique dans les années 1850. Des communautés serbes se forment dans les Prairies au début du XXe siècle et dans la région de Hamilton, en Ontario, dans les années 20. Au début, elles sont desservies par une mission serbe de l'Église orthodoxe russe. Lorsque le saint-synode de Belgrade est rétabli en 1921, les Églises nord-américaines sont transférées sous son autorité pour former l'Église orthodoxe serbe aux États-Unis et au Canada. Les tentatives d'érection de l'Amérique du Nord en métropole échouent et, en 1963, le saint-synode de Belgrade établit trois diocèses sur le continent. Les 17 églises du Canada comptent 12 prêtres à leur service. Elles célèbrent en slavon et suivent le calendrier julien. Le Serbian Orthodox Free Diocese in the USA and Canada est créé en 1963 par suite d'un schisme, l'assemblée législative de l'Église ayant voté le maintien à son poste d'un évêque suspendu par le saint-synode. L'assemblée proclame son autonomie par rapport à l'Église yougoslave en affirmant que celle-ci est asservie au gouvernement communiste. Les communautés serbes maintiennent des liens avec plusieurs Églises autocéphales, quoique certaines organisations canoniques ne les reconnaissent pas. On compte sept paroisses au Canada. Peu après l'éclatement de la Yougoslavie, les deux branches de l'Église serbe se réunissent.

Les Roumains se convertissent au christianisme au IVe siècle, mais ce n'est qu'en 1859 que leur Église nationale est constituée. Elle forme un saint-synode en 1885. Les premières paroisses roumaines au Canada sont fondées vers 1909 dans les Prairies par des immigrants des provinces de Bucovine et de Transylvanie. En 1930, le patriarcat constitue le Romanian Orthodox Missionary Episcopate in America, qui devient un archidiocèse en 1973. Celui-ci est autonome, mais il garde des liens avec l'Église mère de Bucarest. Les 20 paroisses canadiennes, dont la plupart se trouvent dans les Prairies, suivent le calendrier grégorien et célèbrent leur liturgie en roumain. En 1951, beaucoup de Roumains d'Amérique du Nord rejettent l'évêque nommé par l'Église de Roumanie et le schisme qui s'ensuit donne naissance à l'Épiscopat orthodoxe roumain en Amérique. Un évêque est sacré par l'entremise de l'Église ukrainienne orthodoxe aux États-Unis et, en 1960, il place son Église sous la juridiction de la métropole russe (la future EOA). Au Canada, ce diocèse compte 13 Églises en Ontario et dans les Prairies. Il suit le calendrier grégorien et sa liturgie est célébrée en roumain et en anglais.

Les chrétiens orthodoxes orientaux

Les chrétiens orthodoxes orientaux (non chalcédoniens) au Canada sont d'origine arménienne, copte, syrienne, éthiopienne et d'Inde du Sud. Le diocèse canadien de l'Armenian Church of North America, fondé en 1898, est dirigé par une assemblée de laïcs et de prêtres, qui élisent un primat pour un mandat de quatre ans. Il est membre du Conseil canadien des Églises. L'Église relève du patriarche d'Ecmiadzine (en République d'Arménie), chef de l'Église arménienne, laquelle est historiquement rattachée aux patriarcats de Jérusalem et de Constantinople. La communauté arménienne du Canada a été fondée après la Première Guerre mondiale. Dans les années 50 et les années 60, il s'y ajoute une deuxième vague d'immigration provenant surtout de la Turquie, de l'Égypte, de la Syrie, du Liban et de l'Iran. Elle compte maintenant 50 000 fidèles répartis sur huit paroisses. Les deux plus anciennes sont celles de St. Catharines et de Hamilton en Ontario, les autres ont été formées à Toronto, à Montréal, à Ottawa, à Edmonton et à Vancouver. On y célèbre habituellement la liturgie de saint Basile en arménien classique. L'emploi du pain azyme pour la communion remonte à une brève période d'union avec l'Église romaine aux XIIIe et XIVe siècles. Les Arméniens suivent le calendrier julien, mais ils ont gardé l'antique coutume qui consiste à célébrer la nativité du Christ dans le cadre de la fête de l'Épiphanie.

L'Église copte

L'Église copte forme en 1961 un diocèse nord-américain pour desservir les immigrants égyptiens récemment arrivés et établis surtout à Montréal, à Toronto, à Kitchener et à Ottawa. Les fidèles de l'Église copte d'Éthiopie et ceux de l'Église de saint Thomas d'Inde du Sud participent à ses célébrations liturgiques. Les origines de l'Église copte remontent à l'évangéliste Marc, qui, selon la tradition, aurait évangélisé l'Égypte. Dans les débuts de l'Église, le patriarcat d'Alexandrie avait une grande importance, comparable à celle de Rome et de Jérusalem. Le diocèse d'Amérique du Nord est soumis directement au patriarche copte. On y célèbre ordinairement la liturgie de saint Basile en arabe moderne, avec psalmodie en copte ancien. Le français et l'anglais sont utilisés à l'occasion. L'Église canadienne a récemment traduit cette liturgie. Elle publie également une revue trimestrielle, Coptologia Studia Coptica Orthodoxa, et est membre du Conseil canadien des Églises.

L'Église orthodoxe syrienne d'Antioche

L'Église orthodoxe syrienne d'Antioche (souvent appelée jacobite, du nom de son organisateur Jacques Baradée, au VIe siècle) a formé une branche aux États-Unis et au Canada, laquelle est rattachée à l'antique patriarcat antiochien de Damas. En plus de célébrer la liturgie syriaque de saint Jacques, cette Église se distingue par sa piété et une rigoureuse discipline de prière personnelle. Elle possède deux églises au Canada, à Montréal et à Toronto, fréquentées par des immigrés syriens arrivés dans les années 50.

D'autres organisations

Deux autres organisations se considérant comme orthodoxes se retrouvent au Canada. Le diocèse de Saskatoon de l'Evangelical Orthodox Church s'est séparé de l'Evangelical Mennonite Brethren Church et s'est associé à des mouvements analogues des États-Unis pour former, au début, le New Covenant Apostolic Order. Les membres ont adopté un modèle d'administration de type presbytérien (voir ÉGLISES PRESBYTÉRIENNES ET RÉFORMÉES) et une forme de ministère de type apostolique en plus d'élaborer un culte liturgique. Ce mouvement a formé l'Evangelical Orthodox Church of America, dont une partie adhère, en 1987, à l'Église orthodoxe antiochienne. L'Église orthodoxe africaine, dont l'unique paroisse canadienne a été fondée en 1921 à Sydney en Nouvelle-Écosse, s'est formée dans le contexte d'un mouvement d'affirmation des Noirs au début du siècle. Elle adhère aux enseignements des sept conciles oecuméniques et observe les pratiques orthodoxes normales.

Un petit mouvement

L'Église orthodoxe canadienne a également pris naissance dans les années 70, au Monastery of All Saints of North America, à Dewdney en Colombie-Britannique. D'abord affilié aux Églises grecques qui suivent le vieux calendrier, ce petit mouvement est devenu en 1994 l'Église orthodoxe canadienne, un archidiocèse affilié à l'Église orthodoxe ukrainienne de Kiev. Le monastère possède une maison d'édition, Synaxis Press, et publie deux revues théologiques. L'Église orthodoxe canadienne dessert diverses paroisses dans l'Ouest du Canada et aux États-Unis. Elle refuse d'utiliser le calendrier grégorien pour son année liturgique. Elle prêche le « traditionalisme » et a pour but une Église orthodoxe canadienne non cloisonnée selon les groupes ethniques.

Les Églises orthodoxes au Canada, tout en s'inscrivant dans l'orthodoxie mondiale, ont subi l'influence des activités politiques et des divisions ethniques de leurs pays d'origine. Certaines autorités affirment que ces divisions sont contraires au principe canonique d'unité de l'Église et de rassemblement de tous les fidèles sous un épiscopat commun. Des efforts sont entrepris en Amérique du Nord pour que ce principe devienne réalité. Les Églises du Canada continuent de servir leur clientèle traditionnelle, formée par les premiers immigrants, mais elles doivent aujourd'hui s'adresser à de nouvelles générations dont la formation linguistique et culturelle a été entièrement acquise au Canada. Les questions d'actualité dans l'Église d'aujourd'hui sont la langue et la pratique liturgiques, ainsi que la mission de l'Église dans la société canadienne. Voir aussi CHRISTIANISME.


Lecture supplémentaire

  • T. Hopko, The Orthodox Faith (1976); Willard Oxtoby, ed., World Religions: Eastern Traditions (1996); A.C. Piepkorn, Profiles in Belief (vol 1, 1977); T. Ware, The Orthodox Church (1963); Paul Yuzuk, Greek Orthodox Church of Canada, 1918-1951 (1981).