Études commerciales

Plus de 200 000 étudiants sont inscrits à des programmes d'études commerciales et de gestion offerts par les universités canadiennes, et plus de 130 000 sont inscrits à des programmes d'études commerciales dans des collèges communautaires.

\u00c9difice des affaires
De l'Université de l'Alberta (avec la permission de U of A)

Études commerciales

Plus de 200 000 étudiants sont inscrits à des programmes d'études commerciales et de gestion offerts par les UNIVERSITÉS canadiennes, et plus de 130 000 sont inscrits à des programmes d'études commerciales dans des COLLÈGES COMMUNAUTAIRES. Ces étudiants comptent pour environ 17 et 19 p. cent de leur corps étudiant respectif. Chaque année, les universités délivrent quelque 55 000 diplômes d'études commerciales, dont 80 p. cent sont des diplômes de premier cycle. De plus, 39 000 étudiants obtiennent un diplôme d'études commerciales et de gestion d'un collège communautaire.

On retrouve également une grande variété de programmes de formation continue et de développement professionnel dans tous les domaines reliés aux affaires. Ceux-ci sont dispensés par des établissements d'enseignement postsecondaire, des centres d'études professionnelles (comme l'Institut des comptables agréés et l'Association des banquiers canadiens), des sociétés de conseil en gestion et des organismes internes. Ces programmes sont offerts aux gestionnaires des secteurs public et privé et plusieurs d'entre eux sont disponibles en ligne. L'offre de tels programmes continue de croître à bon rythme.

Au cours des dernières générations, le nombre de femmes inscrites aux programmes d'administration des affaires et de sciences commerciales a drastiquement changé la composition des classes. En 1970-1971, par exemple, les femmes ne constituent que 9,5 p. 100 de la clientèle des écoles de sciences commerciales. En 1981, cette proportion est de 39 p. cent et, en 1992-1993, de 47 p. 100. Les femmes comptent maintenant pour la majorité des étudiants dans ce domaine. Ces chiffres démontrent la transformation progressive, bien que parfois lente, de la composition par sexe du personnel de direction des entreprises.

Au Canada, la plupart des diplômes universitaires de premier cycle en administration des affaires sont appelés baccalauréats en commerce (B.Com.). Le premier baccalauréat en commerce canadien est décerné par l'Université Queen en 1919, deux ans après l'établissement de son programme de sciences commerciales. Plus de 75 universités canadiennes offrent maintenant un programme en sciences commerciales de premier cycle.

Jusqu'au milieu des années 60, la plupart des étudiants inscrits au baccalauréat en commerce se destinent à la COMPTABILITÉ, et plus précisément à devenir des comptables agréés. Bien que de nombreux étudiants inscrits à ces programmes se destinent toujours à cette profession, le profil académique des cours évolue beaucoup depuis la parution, en 1959, de deux rapports (le rapport Gordon-Howell et le rapport Pierson, commandés respectivement par les fondations Ford et Carnegie) qui indiquent que les programmes d'études supérieures doivent avant tout permettre aux étudiants d'acquérir des compétences en matière de gestion d'entreprise. Les recommandations formulées dans ces rapports influencent l'élaboration des programmes jusqu'à la fin des années 1980, alors que les écoles de commerce développent des liens avec l'ensemble de la communauté universitaire. À la fin des années 80 et dans les années 90, cependant, on critique vertement le fait que ces rapports aient favorisé une approche analytique et théorique de la formation commerciale.

Au cours des 20 dernières années il y a eu une croissance exponentielle des programmes de maîtrise en administration des affaires (MBA); celle-ci est la principale source de l'augmentation des inscriptions dans les écoles de commerce. La durée du programme varie de un à deux ans (selon l'établissement), et de nombreuses institutions reconnaissent l'impact de la mondialisation. En développant des partenariats stratégiques avec des universités étrangères, ces écoles sont en mesure d'offrir à leurs étudiants la possibilité de découvrir d'autres cultures commerciales. Les programmes de maîtrise en administration incluent les fondations de base et les domaines fonctionnels de la formation des cadres (le raisonnement quantitatif, la structure organisationnelle et le comportement, l'économie de gestion et d'agrégation, de la comptabilité, finance et marketing), auxquels s'ajoutent la réflexion stratégique, l'élaboration des politiques et l'exécution, et l'impact de la politique publique sur l'organisation des affaires. La plupart des institutions, qui offraient autrefois principalement un programme d'éducation générale, offrent maintenant la possibilité d'une spécialisation dans le cadre de leur programme.

Évolution des programmes et défis

Les programmes de premier cycle et des cycles supérieurs ont été modifiés pour les mettre au diapason des nouvelles réalités du monde des affaires. Les entreprises ont dû réajuster leur tir pour se faire plus concurrentielles et composer avec la métamorphose de plus en plus rapide du marché. La pertinence et l'orientation de l'enseignement commercial sont remises en question et, par conséquent, il y a une demande grandissante pour des diplômés ayant une approche « plus humaine » en matière de direction du personnel et des aptitudes en communication, qui savent travailler en équipe et gérer les changements, et peuvent composer avec des situations exigeant une grande souplesse et beaucoup d'ingéniosité. En outre, alors que les postes de cadre intermédiaire se font de plus en plus rares, on met davantage l'accent sur les cours en entrepreneuriat et en gestion de nouvelles et de petites entreprises.

Le nombre sans cesse croissant de cours sur le commerce international, la mise en marché outre-mer, les finances internationales et la gestion commerciale à l'étranger, de même que ceux qui portent sur l'étude comparative des différents systèmes de production, de gestion des ressources humaines et des structures organisationnelles, témoignent bien de la mondialisation des petites et des grosses entreprises. Même si ces cours sont, pour la plupart, facultatifs, on recommande fortement aux étudiants de s'y inscrire. Quoi qu'il en soit, cet enrichissement des programmes d'études reflète les pressions exercées par les employeurs et les étudiants sur les écoles commerciales.

Les écoles de commerce sont renommées pour appliquer des outils d'analyse rationnelle à la prise de décision, mais leur pertinence est remise en question. Plus spécifiquement, on leur reproche de ne pas encourager la pensée innovatrice et expérimentale, de ne pas élargir les horizons et les perspectives des étudiants, de ne pas reconnaître le processus décisionnel et, règle générale, de ne pas reconnaître que l'administration est aussi un art. On assiste donc à la réémergence de points de vue alternatifs quant au contenu et à la façon de délivrer le programme d'études. On retrouve, sous ces différences d'opinion, une tension entre deux types de connaissance : académique et empirique. Lorsque l'accent est mis sur la connaissance académique, l'enseignement doit se concentrer sur des concepts et des outils d'analyse que l'étudiant pourra appliquer tout au cours de sa vie. Cette approche, qui prévaut à cause des rapports Gordon-Howell et Pierson, postule que la formation des futurs gestionnaires devrait être basée sur l'économie, d'autres sciences du comportement (psychologie, sociologie et sciences politiques) et l'analyse quantitative. En revanche, un programme basé sur la connaissance empirique considère l'expérience de la gestion des affaires comme plus pressante et pertinente. Cette approche reconnaît que la gestion des affaires est autant un art clinique qu'une science basée sur le professionnalisme.


Lecture supplémentaire

  • Barbara Austin, ed., Capitalizing Knowledge. Essays on History of Business Education in Canada (University of Toronto Press, 2000).