Expédition Challenger

L'expédition Challenger, la première expédition océanographique mondiale, parcourt 127 633 km sur les océans Atlantique, Austral, Indien et Pacifique entre décembre 1872 et mai 1876.

L'expédition Challenger, la première expédition océanographique mondiale, parcourt 127 633 km sur les océans Atlantique, Austral, Indien et Pacifique entre décembre 1872 et mai 1876. Le but du voyage du HMS Challenger, une corvette de 69 m spécialement modifiée pour effectuer des recherches en océanographie, est d'étudier la distribution des animaux pélagiques (particulièrement représentatifs d'anciens groupes) et d'élucider la question de la circulation de l'eau dans les océans.

Le voyage est organisé par Charles Wyville Thomson et W.B. Carpenter avec le soutien financier du gouvernement britannique et sous le patronage de la Royal Society. Les travaux scientifiques du Challenger sont dirigés par Thomson, assisté d'un petit personnel dont fait partie, notamment, John Murray, un Écossais né à Cobourg, en Ontario, qui complétera plus tard le rapport en 50 volumes de l'expédition. Le capitaine du Challenger est George S. Nares qui deviendra célèbre par son exploration de l'Arctique.

L'expédition du Challenger fournit de très nombreux renseignements sur les océans. Des centaines d'espèces animales auparavant inconnues sont décrites. Mais malgré la découverte d'animaux dans les fonds marins les plus profonds qui ont été échantillonnés (5500 m), preuve que les océans sont habités à toutes les profondeurs, on ne trouve pas de « fossiles vivants » comme l'espérait Wyville Thomson.

L'espoir de Carpenter de découvrir les mécanismes de la circulation océanique ne se concrétise pas, malgré les nombreux renseignements recueillis sur la température, la salinité et la densité de l'eau de mer durant la croisière de trois ans.

William Dittmar, de l'U. de Glasgow, établit la composition de l'eau de mer, et Murray et Alphonse Renard dressent la carte des sédiments océaniques, qui s'avèrent très différents des sédiments terrestres. Les longs rapports de l'expédition contiennent des renseignements encore utiles aux océanographes.

Le Challenger mouille à Halifax durant 10 jours en mai 1873 avant de partir pour l'Afrique et l'Amérique du Sud. Sa visite est soulignée par le Nova Scotian Institute of Science et suscite un intérêt de courte durée pour la faune abyssale, en particulier chez David Honeyman, le secrétaire de l'institut et géologue de la province. Le Nova Scotia Museum of Science possède une petite collection d'animaux ramenés de l'expédition et la bibliothèque de l'U. Dalhousie a quelques volumes originaux sur les résultats de l'expédition.

L'expédition Challenger produit un effet de courte durée sur la science canadienne, mais elle aura le mérite d'inciter bien des pays de l'Europe de l'Ouest, plus tard au cours du siècle, à effectuer des voyages d'exploration dans le monde entier.

Voir aussi Coquillage.


Lecture supplémentaire

  • E. Linklater, The Voyage of the Challenger (1972).