Francis Hans Johnston (nommé Frank, puis Franz), peintre (né le 19 juin 1888 à Toronto, en Ontario; décédé le 9 juillet 1949 à Toronto). Membre de l’Académie royale des arts du Canada, Franz Johnston est l’un des membres fondateurs du Groupe des Sept et figure parmi les artistes les plus prolifiques et accomplis de sa génération.

Éducation, premières années et début de carrière

Parmi les fondateurs du Groupe des Sept en 1920, Frank Johnston fait figure d’exception de par sa formation théorique très approfondie, en premier lieu à la Central Technical School de Toronto sous Gustav Hahn, puis à l’ancienne Central Ontario School of Art sous William Cruikshank et George Andrew Reid. Ses études l’amènent ensuite à vivre en Allemagne de 1904 à 1907. Après un passage chez Grip Ltd. en 1908, où il rencontre Tom Thomson et J.E.H. MacDonald, il s’installe aux États-Unis et poursuit ses études à la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie sous la direction de Philip Leslie Hale et de Daniel Garber. Il œuvre par la suite dans le secteur commercial au service de Carleton Illustrators Studios à New York, puis revient à Toronto en 1915. Les Œuvres canadiennes commémoratives de la guerre le chargent, en 1917-1918, de peindre les activités des troupes de l’armée de l’air canadienne qui s’entraînent pour servir outre-mer. Camp Borden (1919) constitue notamment une représentation très réaliste de la perspective de deux avions de combat survolant un paysage bruni d’automne, dont les nuages en reflètent les couleurs.

Le Groupe des Sept et au-delà

Les paysages de Franz Johnston, dans lesquels se reflète sa connaissance des idéaux du début du XXe siècle, dénotent un sens de l’ambiance et un esthétisme plus prononcés que ceux des autres membres du Groupe des Sept. Moose Pond, notamment, dépeint une rangée d’arbres penchés arborant des tons orangés d’automne, tandis que Fire Swept Algoma (1920) représente un bosquet d’arbres calcinés derrière lequel se profilent des collines aux douces couleurs violet et bleu pastel. Les différences d’idéologie et de technique peuvent expliquer en partie le fait que Franz Johnston ne participe qu’à la première exposition du Groupe des Sept, en 1920. Frank Johnston craint peut-être également que la publicité négative engendrée par cette exposition se répercute sur ses ventes.

En 1921, Franz Johnston quitte Toronto pour devenir le directeur de la Winnipeg School of Art, poste qu’il occupe de 1921 à 1924. Il retourne ensuite à Toronto et, de 1927 à 1929, enseigne au Collège des beaux-arts de l’Ontario (aujourd’hui connu sous le nom d’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario). Franz Johnston rompt officiellement avec le Groupe des Sept en 1922. Il adopte le nom Franz Johnston en 1927, suivant selon toute vraisemblance les conseils de son astrologue de New York, qui lui assure qu’il ne connaîtra jamais de succès avec un prénom comme Francis ou Frank.

Artiste polyvalent tout aussi à l’aise avec la peinture à l’huile, l’aquarelle ou la détrempe, Franz Johnston peint de tout, de scènes pastorales des campagnes ontariennes et québécoises aux paysages et peuples de l’Arctique, où l’envoie en 1939 Gilbert LaBine, vice-président d’Eldorado Gold Mines. Au fil de sa carrière, il se tourne vers un réalisme de forme traditionnelle qui se rapproche davantage de peintres du XIXe siècle comme Homer Watkins que de l’approche plus moderne d’artistes tels que Tom Thomson ou Lawren Harris. Serenity Lake of the Woods (1922), notamment, représente une vue sur un lac légèrement en surplomb avec, au centre, un énorme nuage baigné de soleil. On aperçoit au loin une cheminée d’usine crachant de la fumée, tandis que des nuages chargés de pluie font leur apparition dans la partie supérieure du tableau. Mid-Summer Woods (1930) représente plutôt une vue intime et haute en couleur sur une clairière, où soleil et ciel bleu se fraient un chemin entre les feuilles vertes tachetées de lumière. Dans Shack in the Woods (1940), probablement l’œuvre la plus célèbre de Franz Johnston, un chalet d’aspect modeste est représenté dans un boisé recouvert de neige réfléchissant la lumière du soleil.