Frédéric Back

Frédéric Back, O.C., C.Q., animateur, illustrateur, muraliste, enseignant, activiste (né le 8 avril 1924 à Sarrebruck, France – décédé le 24 décembre 2013 à Montréal, QC). Frédéric Back reste l’un des plus célèbres animateurs canadiens.

Back, Fr\u00e9d\u00e9ric
Le metteur en sc\u00e8ne, Fr\u00e9d\u00e9ric Back, 1978 (avec la permission du Toronto International Film Festival Group).

Frédéric Back, O.C., C.Q., animateur, illustrateur, muraliste, enseignant, activiste (né le 8 avril 1924 à Sarrebruck, France – décédé le 24 décembre 2013 à Montréal, QC). Frédéric Back reste l’un des plus célèbres animateurs canadiens. Il fut également un pionnier de l’activisme environnemental.Ses films, généralement conçus pour les jeunes enfants et traitant de l’écologie ou de la culture québécoise, ont rencontré un grand succès. Ils sont réputés pour la technique du cinéaste qui consistait à dessiner sur de l’acétate givré à l’aide de crayons colorés dans un style doux, néo-impressionniste.Il a remporté de nombreux prix et grands prix, notamment deux Oscars, un prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle, un prix Gémeaux et un prix Jutra.Il fut nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec et Officier de l’Ordre du Canada.

Son enfance et ses débuts

Fils d’un musicien et d’une assistante de fabricant de pinceaux, Back grandit à Strasbourg puis déménage à Paris avec sa famille en 1937. Il y étudie alors l’art à l’École Estienne.Back intègre également l’École régionale des beaux-arts de Rennes, où il est étudiant de Mathurin Méheut, un artiste peintre spécialisé dans la représentation des créatures marines.Back commence sa carrière de peintre et expose ses œuvres au Salon de la Marine, à Paris, en 1946.

Il émigre à Montréal en 1948 à l’invitation de sa correspondante, Ghylaine Paquin, avec qui il se marie l’année suivante (ils resteront mariés jusqu’à la mort de Frédéric et auront trois enfants).Back enseigne à l’École du Meuble et à l’École des beaux-arts de Montréal.En 1952, il entre au studio des arts graphiques de Radio-Canada. Il crée alors des illustrations et des effets visuels pour plusieurs programmes et construit des décors et des maquettes pour de nombreuses émissions éducatives et scientifiques. Il réalise également plusieurs illustrations historiques pour Samuel de Champlain (Québec 1603) (1964), un court-métrage documentaire de l’Office national du film réalisé par Denys Arcand (voir aussi Samuel de Champlain).

Animation

En 1968, Back rejoint le nouveau studio d’animation de Radio-Canada, fondé par le producteur Hubert Tison.Back crée alors les séquences titres, les clips promotionnels et les présentations spéciales pour les programmes de Radio-Canada. Il réalise également neuf courts-métrages animés qui lui vaudront plusieurs prix. Il débute avec Abracadabra (1970), qui raconte l’histoire de quatre enfants, issus des quatre coins du monde, qui essaient de sauver le soleil de l’emprise d’un sorcier diabolique. Il réalise ensuite La Création des oiseaux (1972), inspiré par les légendes autochtones sur la succession des saisons.

Le troisième film de Back, Inon (The Conquest of Fire) (1972), raconte une légende algonquine sur des animaux partis subtiliser le feu que détient le dieu du tonnerre pour le rendre à leurs amis les humains.Dans Illusion (1975), on suit un sinistre magicien qui essaie d’éloigner un groupe d’enfants de la nature.

Taratata (1979) rend hommage aux diverses célébrations de la Fête de la Saint-Jean-Baptiste au Québec et Tout rien (1980) — qui vaudra à Back sa première nomination aux Oscars — est une allégorie qui illustre le désir des humains de s’approprier les beautés et les richesses de la nature.Back crée également des séquences animées pour The Firebird (1980), de Jean-Yves Landry, produit par une troupe de ballet russe qui gagnera un International Emmy Award.

Le dix-septième film de Bac, Crac (1982), dans lequel il met en scène une chaise berçante pour retracer l’histoire d’une famille et celle de la culture québécoise, sera celui qui recueillera le plus grand succès .Il remporte 23 prix internationaux, dont un Oscar.C’est pourtant à cette époque que Back perd complètement l’usage de son œil droit à cause d’un produit chimique qu’il appliquait sur une de ces créations.

Son film suivant, L'homme qui plantait les arbres (1987), contient 20 000 dessins et prendra cinq ans à réaliser.Inspiré d’un récit de Jean Giono qui relate l’histoire d’un homme qui transforme à lui tout seul un paysage désertique, le film remporte plus de 40 prix, notamment un Oscar.Le dernier film de Back, Le fleuve aux grandes eaux (1993), nécessitera quatre années de travail et comprend plus de 17 000 dessins.Un documentaire animé sur le fleuve Saint-Laurent, commenté par Donald Sutherland, est également nominé pour un Oscar.Après la sortie de ce film, Radio-Canada ferme son studio d’animation et Back prend sa retraite.

Murales et autres œuvres

Back fut chargé de la conception de l’intérieur du restaurant Hélène de Champlain, à Montréal, qui sera ensuite utilisé comme centre d’accueil durant Expo 67.Il a également peint plusieurs murales dans des églises à l’intérieur et autour de la ville. En 1967, il signe ainsi L’histoire de la musique à Montréal, un vitrail mural installé dans la station de métro Place des Arts qui relate l’histoire de la musique à Montréal.

Préoccupations environnementales

Back a consacré beaucoup de temps et d’énergie, durant toute sa vie, à la protection des animaux et à la préservation de l'environnement.Végétarien endurci, il planta quelque 10 000 arbres sur sa propriété de campagne près de Montréal et fut un des membres fondateurs de la Société québécoise pour la défense des animaux (SQDA) et de la Société pour vaincre la pollution, ainsi que membre de la coalition Eau Secours!, consacrée à la protection des ressources en eau.

Son intérêt pour l’environnement a aussi eu une profonde influence sur son art.Alan Hustak, du Globe and Mail, a déclaré que « les film de Back – en particulier La Création des oiseaux, Illusion, Taratata et Tout Rien – révèlent une profonde empathie pour la nature et la crainte des conséquences qui découlent de sa maltraitance. » [Trad. libre]En 2004, Back reçoit le prix inaugural Eco Hero lors de Planet in Focus, un festival international de films (Toronto).

Héritage

Un grand nombre des films de Back sont considérés comme des classiques de l’animation. Leurs qualités techniques, artistiques et culturelles font qu’ils servent aujourd’hui de références académiques dans de nombreuses universités et écoles d’art.En 1987, l’American Film Institute présente une rétrospective de son œuvre dans le cadre de la Walter Lantz Conference on Animation.Des rétrospectives de son œuvre sont également organisées par le Musée des beaux-arts de Montréal en 2009 et par le Musée d'art contemporain de Tokyo en 2011 (Walt Disney fut le seul autre animateur a y être présenté).En 1984, Crac est nommé sixième meilleur film animé de tous les temps lors de l’Olympiad of Animation à Los Angeles.

Frédéric Back: Grandeur nature, un documentaire sur Back réalisé par Phil Comeau, sort en 2012.Son fils, Francis Back, est un illustrateur et scénarimagiste accompli.Après la mort de Back des suites d’un cancer, un service commémoratif public est célébré à la Maison symphonique de Montréal et ses principales œuvres sont exposées dans le Hall d'honneur de la mairie de Montréal.

Prix

Crac

Grand Prix, Festival international d'animation d'Ottawa (1982)

Oscar du meilleur court-métrage d’animation (1982)

L'homme qui plantait les arbres

Grand Prix, Festival international du film d'animation d'Annecy (1987)

Grand Prix, Festival international d'animation d'Hiroshima (1987)

Grand Prix, World Animation Celebration (1987)

Film animé de 15 à 30 minutes, World Animation Celebration (1987)

Prix du public, Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand (1988)

Meilleure animation, Festival international du court-métrage de Tampere (1988)

Grand Prix, Festival international d'animation d'Ottawa (1988)

Prix du public, Festival international d'animation d'Ottawa (1988)

Gémeaux du meilleur programme ou de la meilleure série (1988)

Oscar du meilleur court-métrage d’animation (1988)

Le fleuve aux grandes eaux

Grand Prix, Festival international du film d'animation d'Annecy (1993)

Grand Prix, Festival international d'animation d'Hiroshima (1994)

Prix du FIAO, Festival international d'animation d'Ottawa (1994)

Gémeaux du meilleur programme ou de la meilleure série (1994)

Distinctions

Prix Winsor McKay pour l’ensemble de ses œuvres dans le domaine de l’animation, Annie Award, Association internationale du film d'animation (1986)

Grand Prix de l’Académie, Prix Gémeaux (1988)

Prix ASIFA international, Festival de l'animation de Zagreb (1988)

Chevalier de l’Ordre national du Québec (1989)

Membre de l’Ordre du Canada (1990)

Prix Albert Tessier, Gouvernement du Québec (1991)

Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts du spectacle pour l’ensemble de son œuvre artistique, gouvernement du Canada (1994)

Prix d’excellence, Banff Television Festival (1995)

Prix Jutra pour l’ensemble de son œuvre (2000)

Prix Eco Hero, festival de films sur l’environnement Planet in Focus (2004).

Prix pour l'ensemble de ses œuvres, Festival de l'animation de Zagreb (2010)


Liens externes