Gibier à plume

Les provinces et les territoires ont le pouvoir de légiférer en matière de chasse d'oiseaux considérés comme étant non migratrices au sens de la Convention, même si certaines populations de gélinottes peuvent se déplacer sur de grandes distances.

Parc national Wood Buffalo
Habitat de la grue blanche d'Amérique dans le parc national Wood Buffalo. Ces vastes zones humides représentent le dernier habitat de nidification des grues blanches d'Amérique dans le monde (avec la permission de Cottonwood Consultants Ltd).
Bécasse d
Le nid de la Bécasse d'Amérique consiste en une dépression creusée dans le sol, garnie de quelques brindilles d'herbes (Corel Professional Photos).
Gibier à plumes
De gauche à droite, la Foulque d'Amérique et la Bécassine des marais, le Logopède des saules (centre, à l'avant), la Gélinotte huppée (battant des ailes), et le Faisan à collier (oeuvre de Claire Tremblay).

Gibier à plume

Le regroupement d'espèces dans la catégorie des « gibiers à plume » n'est pas scientifique puisqu'il désigne plutôt toute espèce qui est chassée. Il en existe deux catégories au Canada : les oiseaux migrateurs et les oiseaux qui ne migrent pas selon la définition employée dans la loi. Les saisons de chasse aux oiseaux migrateurs sont réglementées par le gouvernement fédéral selon la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (1917) (Voir aussi OISEAUX AQUATIQUES). Même si elles ne sont pas considérés comme des oiseaux migrateurs au sens de la Convention, deux espèces de GUILLEMOTS (le Guillemot marmette et le Guillemot de Brünnich) relèvent de la juridiction fédérale. Ces OISEAUX MARINS peuvent seulement être chassés par les résidants de Terre-Neuve et du Labrador.

Les provinces et les territoires ont le pouvoir de légiférer en matière de chasse d'oiseaux considérés comme étant non migratrices au sens de la Convention, même si certaines populations de gélinottes peuvent se déplacer sur de grandes distances. Le présent article traite des oiseaux gibiers considérés comme étant non migratrices, au sens de cette réglementation.

Espèces non migratrices

Famille des gelinottes
Au Canada, on compte neuf espèces dans la famille des GÉLINOTTES (Tétraonidés) : le Tétras du Canada (Falcipennis canadensis), qui habite les forêts de conifères partout sauf à l'Île-du-Prince-Édouard, a été introduit à Terre-Neuve; le Tétras sombre (Dendragapus obscurus), qui niche dans les forêts de conifères et dans les tourbières de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, du Yukon et du Sud-Ouest des Territoires du Nord-Ouest; le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus), qui vit dans le Sud de l'Alberta et de la Saskatchewan et que l'on trouvait autrefois en Colombie-Britannique dans les endroits où croît l'armoise; la Gélinotte huppée (Bonasa umbellus), que l'on voit partout dans les forêts de feuillus et qui a été introduite à Terre-Neuve; le Tétras à queue fine (Tympanuchus phasianellus), qui vit dans les milieux ouverts, les buissons des fondrières et les prairies depuis la BAIE JAMES, au Québec, jusqu'en Colombie-Britannique; le LAGOPÈDE à queue blanche (Lagopus leucurus) des régions alpines de l'Ouest; le Lagopède alpin (L. mutus), qui habite dans la toundra, les régions subarctiques et les régions alpines de la Colombie-Britannique, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, du Nunavut, du Québec et de Terre-Neuve et, l'hiver, dans le Nord de la Saskatchewan, du Manitoba et de l'Ontario; le Lagopède des saules (L. lagopus), que l'on rencontre dans la toundra, les régions subarctiques et les milieux alpins de la Colombie-Britannique, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, du Nunavut, de l'Alberta, du Manitoba, de l'Ontario, du Québec, de Terre-Neuve et dans le Nord de la Saskatchewan en hiver. Le Tétras des prairies (T. cupido), que l'on trouvait autrefois dans les Prairies et en Ontario, est disparu localement (voir ANIMAUX EN VOIE DE DISPARITION et COMITÉ SUR LE STATUT DES ESPÈCES MENACÉES DE DISPARITION AU CANADA ).

Famille du faisan

Au Canada, on compte sept espèces apparentées au FAISAN (Phasianidés). Le Colin de Virginie (Colinus virginianus), que l'on rencontre dans les buissons à proximité des terres agricoles en Ontario, où il est actuellement en danger de disparition, a été introduit avec succès en Colombie-Britannique les tentatives d'introduction ont cependant échoué au Manitoba et en Alberta. Le Colin de Californie (Callipepla californica) et le Colin des montagnes (Oreortyx pictus) habitent dans les endroits boisés et buissonneux. Ils ont été introduits dans le Sud de la Colombie-Britannique depuis les États-Unis.

Originaires de l'Europe et de l'Asie, le Faisan de Colchide (Phasianus colchicus) et la Perdrix grise (Perdix perdix) habitent maintenant certaines régions agricoles dans toutes les provinces sauf à Terre-Neuve. La Perdrix choukar (Alectoris chukar) est établie en certains endroits arides de l'intérieur de la Colombie-Britannique et du Sud de l'Alberta. Le Dindon sauvage (Meleagris gallopavo) a disparu de l'Ontario vers 1902, mais il a été introduit à une échelle locale en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Il niche aussi dans l'extrême sud du Québec.

Famille des grues

La GRUE du Canada (Grus canadensis, de la famille des Gruidés) niche dans la toundra et les fondrières depuis l'ÎLE DE BAFFIN et la région de la baie James, au Québec, et vers l'ouest jusqu'en Sibérie et dans certaines régions des Prairies. Lors des migrations, elle traverse l'Ouest de l'Ontario, les Prairies et la Colombie-Britannique. La Grue blanche d'Amérique (G. americana) niche dans le PARC NATIONAL WOOD BUFFALO et hiverne aux États-Unis. C'est une espèce entièrement protégée.

Famille du râle

Au Canada, six espèces de RÂLES (Rallidés) sont considérées assez abondantes pour être chassées dans les marais, et sept autres espèces appartiennent à la catégorie des visiteurs occasionnels. La Foulque d'Amérique (Fulica americana), que l'on rencontre à l'ouest du Nouveau-Brunswick, et la Gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus), qui niche dans le Sud de l'Ontario et dans le Sud-Ouest du Québec, sont les espèces les plus chassées. Le Râle de Virginie (Rallus limicola), qui est de plus petite taille et que l'on trouve dans toutes les provinces, bien qu'il soit plutôt rare à l'Île-du-Prince-Édouard, et la Marouette de Caroline (Porzana carolina), présente dans toutes les provinces, sont rarement chassés. Le minuscule Râle jaune (Coturnicops noveboracensis), qui niche dans toutes les provinces sauf à Terre-Neuve, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Yukon, au Nunavut, et en Colombie-Britannique, est lui aussi rarement abattu. Dans le Sud de l'Ontario, le Râle élégant (Rallus elegans) est considéré en danger de disparition et il est entièrement protégé.

Famille du bécasseau

La BÉCASSE d'Amérique (Scolopax minor, de la famille des Scolopacidés), que l'on rencontre dans les jeunes forêts, du Manitoba jusqu'à Terre-Neuve, vers l'est, et la BÉCASSINE des marais (Gallinago gallinago), qui niche dans toutes les provinces et les territoires, sont chassées dans les marais et dans les pâturages humides.

Famille du pigeon

Deux espèces de la famille du PIGEON (Columbidés) sont chassées : le Pigeon à queue barrée (Columba fasciata) des forêts de l'Ouest de la Colombie-Britannique et la Tourterelle triste (Zenaida macroura), que l'on rencontre dans les terres agricoles de toutes les provinces, sauf à Terre-Neuve. Le Pigeon voyageur (Ectopistes migratorius), ou TOURTE voyageuse, était autrefois abondant, mais est aujourd'hui disparue.

Récolte

La chasse aux espèces mentionnées dans ce texte n'est pas légale dans toutes les régions où on les rencontre. On en contrôle la récolte en limitant les prises et en déterminant la saison et la durée de la chasse. Au Canada, la récolte s'élève à plus de 2,8 millions d'oiseaux. Des chiffres précis sur la récolte des espèces qui relèvent de la législation provinciale ne sont pas disponibles. Le bilan approximatif des prises d'oiseaux migrateurs est le suivant : 100 000 Bécasses d'Amérique, 45 000 Bécassines des marais, 10 000 Foulques d'Amérique, 5 500 Grues du Canada, 600 Tourterelles tristes, 1 300 Pigeons à queue barrée et 800 râles.

Au XIXe siècle, la chasse a probablement causé l'extinction du Pigeon voyageur et mis en danger de disparition la Grue blanche d'Amérique. La dégradation de l'habitat de nidification a entraîné la disparition, au Canada, du Tétras des prairies et menace la survie du Râle élégant et du Colin de Virginie.


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