Grève des travailleurs du bois de la Colombie-Britannique

Du 15 mai au 20 juin 1946 a lieu la grève des travailleurs du bois de la Colombie-Britannique, la première grève du district numéro 1 de la Colombie-Britannique du International Woodworkers of America, qui avait obtenu en 1943 le droit de négociation pour toute la côte.

Grève des travailleurs du bois de la Colombie-Britannique

Du 15 mai au 20 juin 1946 a lieu la grève des travailleurs du bois de la Colombie-Britannique, la première grève du district numéro 1 de la Colombie-Britannique du International Wookworkers of America, qui avait obtenu en 1943 le droit de négociation pour toute la côte. Elle donne le coup d'envoi à une vague de grèves d'après-guerre des filiales du Congrès Canadien du Travail (CCT) visant l'ajustement des salaires à l'inflation du temps de guerre et la consolidation de la reconnaissance légale nouvellement acquise des syndicats par la signature de contrats assurant la pleine sécurité syndicale.

Vingt-sept mille travailleurs des régions côtières et de l'intérieur, dirigés par le président du district, Harold Pritchett, déclenchent la grève après que Stuart Research Service, agent négociateur des 145 exploitants côtiers, eût refusé leurs revendications, soit une hausse du taux horaire de 25 cents, la semaine de travail de 40 heures, l'atelier syndical (monopole syndical à l'embauche ou affiliation obligatoire après embauche) et le précompte des cotisations syndicales obligatoires. Ce débrayage est illégal techniquement parlant parce qu'il survient avant l'étape, toujours en vigueur, de conciliation obligatoire prévue par les règlements des relations de travail en temps de guerre.

Le gouvernement fédéral intervient et nomme le juge en chef de la Colombie-Britannique, Gordon Sloan, commissaire-enquêteur en matière de conflits de travail. Ce dernier recommande une hausse de 15 cents, la semaine de travail de 44 heures et une retenue et révocable des cotisations. L'IWA rejette cette recommandation, mais les exploitants l'acceptent, appuyés par le gouvernement provincial de coalition de John Hart.

L'IWA réagit par une marche de 3 000 membres sur Victoria, point culminant de cette grève de 37 jours. Sloan poursuit ses efforts de médiation qui aboutissent le 12 juin à la modification de l'offre des exploitants côtiers. Ces derniers consentent à la semaine de 40 heures dans les chantiers durant la deuxième moitié de la durée du contrat, la première moitié prévoyant la semaine de 48 heures.

Devant la menace que la fermeture des usines d'assemblage de caisses, situées à l'intérieur de la province, fait peser sur la mise en marché des récoltes de fruits de l'Okanagan, le gouvernement fédéral nomme, le 18 juin, Gordon Bell contrôleur des entreprises d'assemblage de caisses. Le gouvernement ordonne le retour au travail des employés concernés tout en chargeant Sloan d'en venir à un règlement par la médiation. Le conflit de l'intérieur étant supprimé, les syndicats côtiers ne tardent pas à accepter les modalités de l'offre modifiée de Sloan et à retourner au travail le 20 juin.

Les travailleurs de l'intérieur sont les principaux bénéficiaires de la grève. Le règlement découlant de la médiation leur procure un premier contrat couvrant toute l'industrie, réduisant la semaine de travail de 54 à 44 heures et augmentant leurs salaires de 10 cents l'heure. Les travailleurs côtiers, eux, obtiennent le précompte. Même si l'IWA n'a pas réussi à gagner la sécurité syndicale, la grève a consolidé sa position au sein de l'industrie et entre 8 000 et 10 000 nouveaux membres joignent ses rangs. L'augmentation de 15 cents a servi d'étalon important pour les autres syndicats membres du CCT au moment d'entreprendre leurs négociations salariales de l'après-guerre.