Grève d'Oshawa

Deux des ministres du Cabinet de Hepburn s'opposent à ses actions, le ministre du Travail David Croll et le procureur général Arthur Roebuck, à qui on demande de démissionner.

Gr\u00e8ve de General Motors
Des travailleurs rassemblés \u00e0 Oshawa, en Ontario, pendant la gr\u00e8ve de General Motors en 1937 (Archives of Labor and Urban Affairs, Wayne State University).

Grève d'Oshawa

La grève d'Oshawa se déroule du 8 au 23 avril 1937 : plus de 4000 travailleurs de la gigantesque usine de GENERAL MOTORS (GM) à Oshawa (Ontario) débrayent. Leurs revendications sont simples : la journée de travail de huit heures, de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, un système d'ancienneté et la reconnaissance de leur syndicat, les Travailleurs unis de l'automobile (TUA). Cette dernière demande provoque le conflit. Le syndicat des TUA est affilié au Comité de l'organisation industrielle (qui deviendra plus tard le Congrès des organisations industrielles), récemment créé, qui s'occupe de l'organisation syndicale des travailleurs de l'industrie partout aux États-Unis. Forte de l'appui vigoureux du premier ministre de l'Ontario, Mitchell HEPBURN, GM met tout en oeuvre pour empêcher l'entrée du Comité de l'organisation industrielle (COI) en Ontario. Tous deux veulent en effet une main-d'oeuvre docile, non syndiquée, impuissante et peu coûteuse. Pour briser la grève, Hepburn va même jusqu'à créer son propre corps policier, surnommé irrévérencieusement les « Hepburn's Hussars » et les « Sons-of-Mitches ».

Deux des ministres du Cabinet de Hepburn s'opposent à ses actions, le ministre du Travail David Croll et le procureur général Arthur Roebuck, à qui on demande de démissionner. Les grévistes reçoivent l'appui de leurs confrères syndiqués, de leurs voisins, des activistes communistes, de la Co-operative Commonwealth Federation, mais, et c'est à souligner, non pas celui du COI, qui a peu d'argent à dépenser au Canada. Les grévistes tiennent bon pendant deux semaines. Finalement, GM, craignant de perdre des marchés aux mains de ses concurrents, finit par capituler. Ainsi, dans l'entente conclue le 23 avril, GM accepte un grand nombre de revendications syndicales, sans toutefois reconnaître le syndicat. Pour obtenir cette reconnaissance, les chefs du syndicat désavouent publiquement le COI. Néanmoins, tous sont d'avis qu'il s'agit d'un grande victoire pour le COI, la première d'importance au Canada. Selon certains, cette grève a marqué la naissance du SYNDICALISME INDUSTRIEL au pays.