Loges des Chasseurs

Inspirées des Frères chasseurs du Bas-Canada, les loges des Chasseurs étaient des sociétés secrètes américaines qui avaient pour objectif de libérer les colonies canadiennes de la tyrannie britannique. Avec des effectifs estimés entre 15 000 et 200 000 membres, les Loges pouvaient compter sur un important soutien parmi les Américains des régions frontalières, du Maine au Wisconsin, qui étaient désillusionnés et frustrés par les changements politiques, sociaux et économiques que l’Amérique avait connus au cours des années 1830. Bien qu’elles aient échoué à libérer le Canada, subissant des défaites lors d’engagements militaires clés près de Prescott et Windsor en novembre et décembre 1838, elles ont été assez puissantes pour forcer le président américain Martin Van Buren à envoyer une force militaire à la frontière canado-américaine pour faire respecter la neutralité entre les États-Unis et l’Angleterre. Leurs activités ont dominé la politique intérieure et extérieure des États-Unis pendant des mois.
Inspirées des Frères chasseurs du Bas-Canada, les loges des Chasseurs étaient des sociétés secrètes américaines qui avaient pour objectif de libérer les colonies canadiennes de la tyrannie britannique. Avec des effectifs estimés entre 15 000 et 200 000 membres, les Loges pouvaient compter sur un important soutien parmi les Américains des régions frontalières, du Maine au Wisconsin, qui étaient désillusionnés et frustrés par les changements politiques, sociaux et économiques que l’Amérique avait connus au cours des années 1830. Bien qu’elles aient échoué à libérer le Canada, subissant des défaites lors d’engagements militaires clés près de Prescott et Windsor en novembre et décembre 1838, elles ont été assez puissantes pour forcer le président américain Martin Van Buren à envoyer une force militaire à la frontière canado-américaine pour faire respecter la neutralité entre les États-Unis et l’Angleterre. Leurs activités ont dominé la politique intérieure et extérieure des États-Unis pendant des mois.


Lieu de la bataille du Moulin-\u00e0-vent, Prescott

Ces défaites n’entraînent pas pour autant la disparition des Chasseurs. Certains croient qu’il est encore possible de pousser les États-Unis et la Grande-Bretagne à la guerre, et des incursions au Canada se produisent encore à l’occasion – comme à Queenston Heights, où les Chasseurs, croit-on, auraient détruit le monument de sir Isaac Brock en 1840. Mais ces activités restent limitées, et dès 1842, les Chasseurs se dispersent. Les pressions intérieures du président John Tyler (qui leur ordonne de se dissoudre) et la disparition des tensions américano-britanniques après la signature du traité Webster-Ashburton rendent inutiles et obsolètes les loges des Chasseurs.

Signification

Dans l’ensemble, l’action des loges des Chasseurs est un échec. Elles n’ont pas réussi à libérer le Canada de la domination britannique et à établir une république canadienne, ni à provoquer une guerre entre les États-Unis et l’Angleterre. Leurs actions ont même produit l’effet inverse, galvanisant le gouvernement (et la population) des États-Unis pour la défense des relations pacifiques entre les deux pays. Le gouvernement américain a dû déclarer la guerre aux Chasseurs, les arrêter, envoyer des forces militaires aux frontières pour stopper leurs activités et collaborer avec les autorités britanniques pour mettre fin à leurs incursions au Canada.

Malgré tout, les loges des Chasseurs ont laissé leur marque aux États-Unis, et pendant plus d’une année, elles ont représenté un phénomène dans les zones frontalières. Selon une étude récente, ces sociétés secrètes (ainsi que les Rébellions) ont offert aux Américains désillusionnés par les transformations que connaissaient les États-Unis une occasion d’exprimer leurs frustrations et de rechercher de meilleures options hors des États-Unis. Bien que nous ne connaissions pas précisément le nombre de leurs adhérents, les loges des Chasseurs ont été suffisamment puissantes pour avoir un impact réel sur la politique intérieure et extérieure des États-Unis. Le gouvernement de Washington a dû s’inquiéter non seulement des activités de ses citoyens à la frontière, mais aussi de la manière dont elles seraient interprétées sur la scène internationale, particulièrement en Grande-Bretagne. Il a ainsi été forcé d’intervenir à ses frontières pour maintenir la paix.

Voir aussi La jeune République américaine et les rébellions canadiennes de 1837 et 1838 ; Relations canado-américaines.


En savoir plus // Rébellions de 1837

Lecture supplémentaire

  • Julien Mauduit, "Vrais républicains" d'Amérique: les patriotes canadiens en exil aux États-Unis (1837-1842), thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal (2016).