Île Hans

L’île Hans, au Nunavut, est une île minuscule (1,2 km2) et inhabitée, située au sud du 81e parallèle dans le passage Kennedy (la partie nord du détroit de Nares), à peu près à distance égale de l’île d’Ellesmere et du Groenland. Le nom de l’île est Tartupaluk en groenlandais (langue parlée par les Inuits du Groenland). Pendant des décennies, la souveraineté de l’île a été disputée entre le Canada et le Danemark. Le 14 juin 2022, toutefois, les deux pays ont réglé ce différend, divisant l’île à peu près également entre eux. (Voir aussi Souveraineté dans l’Arctique.)

L’île Hans, au Nunavut, est une île minuscule (1,2 km2) et inhabitée, située au sud du 81e parallèle dans le passage Kennedy (la partie nord du détroit de Nares), à peu près à distance égale de l’île d’Ellesmere et du Groenland. Le nom de l’île est Tartupaluk en groenlandais (langue parlée par les Inuits du Groenland). Pendant des décennies, la souveraineté de l’île a été disputée entre le Canada et le Danemark. Le 14 juin 2022, toutefois, les deux pays ont réglé ce différend, divisant l’île à peu près également entre eux. (Voir aussi Souveraineté dans l’Arctique.)



Revendications historiques

Jusqu’en 2022, le Danemark et le Canada se disputent la souveraineté de l’île Hans. Les revendications du Danemark se fondent sur le fait qu’une expédition, à laquelle participait le Danemark, a donné son nom à l’île en 1853, sur le fait que l’île appartient géologiquement au Groenland, et sur le fait qu’elle est légèrement plus proche du Groenland que de l’île d’Ellesmere. Le Canada soutient que la souveraineté du Danemark est devenue caduque parce que le Danemark n’a rien fait pour la faire valoir. Les cartographes canadiens et danois incluent l’île dans leurs pays respectifs (voir aussi Histoire de la cartographie au Canada). En 1973, les deux pays s’entendent sur une frontière maritime divisant le détroit de Nares entre l’île d’Ellesmere et le Groenland, mais laissent en plan la question de la souveraineté de l’île Hans.

Affirmations de souveraineté

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Canada exploite une station scientifique temporaire sur l’île Hans, et au début des années 1980, l’entreprise Dome Petroleum y est active. Le 28 juillet 1984, Tom Hoeyem, ministre danois des Affaires groenlandaises, se rend personnellement sur l’île pour planter un drapeau danois. Le gouvernement du Canada proteste. Depuis 1984, les deux pays envoient régulièrement des représentants sur l’île pour y planter des drapeaux et affirmer leur souveraineté. Les Canadiens dressent le drapeau du Canada et laissent derrière eux une bouteille de whisky à l’intention des Danois; à leur tour, ceux-ci plantent leur drapeau et déposent une bouteille de schnaps (akvavit). Cette guerre bon enfant, surnommée guerre du whisky, se poursuit pendant des années.

Règlement final

En 2018, le Canada et le Danemark mettent sur pied un groupe de travail afin de régler le différend territorial. Outre les représentants de chaque pays, le groupe comprend des Inuits du Nunavut et du Groenland. Le 14 juin 2022, une entente est signée à Ottawa par le premier ministre du Groenland Múte Bourup Egede et les ministres des Affaires étrangères Mélanie Joly (Canada) et Jeppe Kofod (Danemark). L’entente est scellée par un ultime échange de spiritueux. L’île est divisée à peu près également (approximativement 60/40 en faveur du Danemark), du nord au sud en suivant une faille naturelle à la surface du rocher. En conséquence, le Canada partage désormais officiellement une frontière terrestre avec un pays européen. Après la signature, le député du Nunavut Lori Idlout propose que l’île soit officiellement rebaptisée Tartupaluk.


Lecture supplémentaire

  • Michael Byers, Who Owns the Arctic? Understanding Sovereignty Disputes in the North (2009).