Inforoute

L'expression autoroute de l'information (aujourd'hui inforoute) est initialement attribuée au vice-président américain Al Gore dans les années 90, puisqu'il fait référence à la diffusion d'informations numériques sur des réseaux de communication très rapides.

L'expression autoroute de l'information (aujourd'hui inforoute) est initialement attribuée au vice-président américain Al Gore dans les années 90, puisqu'il fait référence à la diffusion d'informations numériques sur des réseaux de communication très rapides. L'expression connexe « superautoroute de l'information » (superinforoute) fait référence au développement futur de liaisons très rapides par fibres optiques ou câbles coaxiaux qui permettront la transmission de quantités quasi illimitées de données numériques jusqu'aux maisons, aux écoles et aux entreprises.

Bien qu'on ait qualifié cette expression de métaphore imparfaite, celle-ci joue un rôle important du fait que c'est un terme passe-partout pour décrire des développements chaotiques et très mal compris. On l'utilise pour décrire des phénomènes aussi divers que la télévision interactive, la vidéo sur demande, le téléachat, le multimédia et le téléenseignement. Même si INTERNET s'avère un modèle décisif pour l'avenir, il est seulement un aspect de la révolution que connaît le monde des communications, et il a été supplanté par d'autres technologies.

Quoique la publicité exagérée créée par les médias s'atténue peu à peu et qu'on remarque maintenant un certain scepticisme, l'industrie des communications n'affiche pas une telle ambivalence à l'égard de la venue de l'inforoute et, en agissant de la sorte, elle est appuyée par les gouvernements partout dans le monde. Le Japon à lui seul s'est engagé à débourser 450 milliards de dollars pour l'implantation de l'inforoute d'ici 2015, tandis que les États-Unis se sont engagés à débourser 100 milliards, l'Europe, 200 milliards et le Royaume-Uni , 45 milliards. Au Canada, les inquiétudes que suscite la perte possible de la « compétitivité » dans ces développements ont abouti à la création en 1994, par le ministère fédéral de l'Industrie, du Comité consultatif sur l'autoroute de l'information, dont le mandat est d'aider le gouvernement à formuler des politiques officielles.

L'industrie et le gouvernement ont conclu que l'inforoute sera la force motrice de la croissance économique du prochain siècle, grâce aux nouveaux services fournis aux entreprises aussi bien qu'aux gens à domicile, et aussi grâce à la transformation des services déjà existants. Dans ce nouveau régime, chacune des industries traditionnelles d'information et de communication devra, pour réussir, réévaluer sa façon de mener ses activités et d'interagir avec les consommateurs ou, dans le cas du gouvernement, sa manière d'interagir avec la population. Tous les producteurs de médias traditionnels, de la télévision au film, en passant par l'édition de livres, devront reconsidérer les moyens par lesquels ils offrent leur contenu.

Le média numérique

Tous les changements associés à l'inforoute exigent la capacité de convertir les médias en une forme numérique. La numérisation renvoie au processus par lequel tous les médias, de la vidéo au texte, sont traités par des ordinateurs, manipulés, mixés, transformés et diffusés dans de nouveaux formats.

Les ordinateurs personnels
L'augmentation du nombre d'ordinateurs personnels dans les bureaux et dans les maisons donne un pouvoir accru à un auditoire très large qui égalera bientôt celui de la radio et de la télévision. Les ordinateurs ne permettent pas seulement de recevoir et d'afficher de l'information, comme le font les téléviseurs, mais procurent aussi la nouvelle dimension de l'interactivité et du contrôle. L'invention des dispositifs de stockage optique tels les CD-ROM et les DVD fournit à l'ordinateur les moyens de manipuler d'énormes quantités d'information numérique. Cela débouche sur le multimédia et permet aux producteurs de contenus (jeux, renseignements, outils de formation et autres du même genre) d'inventer de nouveaux produits.

L'étendue d'Internet
L'Internet constitue l'image même du genre de connectivité qui mènera à des progrès futurs. En reliant des millions d'ordinateurs dans le monde entier, le réseau Internet a révolutionné l'échange de renseignements, que ce soit à des fins professionnelles ou privées et, par l'entremise du Web, a démontré comment le multimédia peut directement se rendre jusqu'à l'ordinateur.

La convergence

La venue de l'inforoute a bouleversé les industries de communication traditionnelles : soit qu'elles aient été poussées par les possibilités qu'on leur prédisait, ou par la peur de se retrouver loin derrière les autres, ou encore par des développements inattendus. Comme tous les changements historiques d'envergure, l'inforoute a rapidement brouillé les frontières qui séparent les vieilles technologies et a donné naissance à de nouveaux modes de communication (voir CONVERGENCE DES MÉDIAS). En 1995, le CRTC a recommandé que les entreprises de câblodistribution et de télédiffusion puissent désormais concurrencer dans des domaines autrefois réservés. Dans le domaine de l'édition, les maisons d'édition se sont vues obligées d'établir des partenariats avec le milieu des arts graphiques et avec des programmeurs d'ordinateur. Les conséquences de ces convergences technologiques seront fonction des innovations dans un marché extrêmement concurrentiel.

Les appréhensions

Dans un domaine où entrent en jeu d'énormes investissements privés, plusieurs s'inquiètent de la possibilité qu'une révolution, poussée purement par les profits, ignore le bien de la population, par exemple, la convergence des producteurs de contenu et des fournisseurs de contenu entraînera des sources biaisées de renseignements. Les nouvelles technologies offrent évidemment de nombreuses perspectives pour l'éducation à l'école et à la maison, mais il n'y a pas encore de réponse à la question suivante : qui va investir dans le riche contenu dont on a besoin pour que l'inforoute s'élève au-dessus du consumérisme et de la culture du divertissement omniprésente à la télévision? Au Canada, la possibilité que les vestiges de la culture canadienne disparaissent pour faire place à une culture mondiale dominée par une poignée de conglomérats de médias risque de persister pour le moment.


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