Insectes nuisibles

 Le corps humain offre nourriture et protection au Morpion (pou du pubis) et à deux sous-espèces du POU de l'homme (le poux de la tête et le poux du corps).

Moustique
Le Moustique femelle perce la peau de ses victimes avec sa longue trompe effilée et suce du sang en quantité équivalente à trois fois le poids de son corps (oeuvre de Jan Sovak, 1989).
Mouche noire
Au Canada, les mouches noires indisposent les humains et constituent un fléau pour le bétail (oeuvre de Jan Sovak, 1989).

Insectes nuisibles

Les Insectes et les humains cohabitent sur Terre et ont développé entrer eux des relations complexes. Les Insectes que l'on dit nuisibles (moins de 1 p. 100 de toutes les espèces d'Insectes) sont généralement ceux qui parasitent les humains et le bétail, leur font compétition pour l'obtention de nourriture ou leur transmettent des maladies. Les modifications apportées aux écosystèmes par les humains favorisent certains Insectes, et les espèces qui s'y adaptent bien deviennent souvent très nuisibles.

Effets sur les humains

Le corps humain offre nourriture et protection au Morpion (pou du pubis) et à deux sous-espèces du pou de l'homme (le poux de la tête et le poux du corps). Les puces et les punaises des lits se nourrissent aussi de sang humain (ils sont hématophages) et se réfugient entre leurs repas dans les endroits reclus des habitations. À l'extérieur, les humains subissent les attaques d'une variété de mouches piqueuses hématophages (moustiques, mouches noires, taons à cheval et à chevreuil, Mouche piquante des étables) qui importunent leur victime et provoquent parfois des allergies ou causent des intoxications. Au Canada, les habitations humaines, les granges et autres bâtiments sont essentiels à la survie de divers Insectes originaires de régions au climat chaud, comme les blattes, les teignes (voir Papillon nocturne), l'Anthrène des tapis (voir Coléoptères), le Lépisme argenté et certaines espèces de fourmis.

Plusieurs Insectes hématophages sont vecteurs de maladies graves. Ces espèces contractent l'agent infectieux lorsqu'elles se nourrissent du sang d'un hôte infecté (humain ou animal) et infectent de nouvelles victimes lors d'un repas subséquent. Le Pou de l'homme est un vecteur important de la fièvre des tranchées, de la fièvre récurrente et du typhus, les puces transmettent le bacille de la peste noire des Rongeurs aux humains et diverses espèces de moustiques transmettent la malaria et l'encéphalite virale. L'Insecte est l'hôte essentiel de certains stades de développement des agents infectieux de ces maladies, mais dans le cas de certaines autres maladies, il agit simplement comme véhicule mécanique de l'agent infectieux. La Mouche domestique, qui est largement répartie presque partout au monde, se reproduit sur des déchets organiques et est ainsi souvent la source de la contamination de la nourriture par des agents infectieux.

Attaques du bétail

Le bétail subit les attaques des mêmes Insectes que les humains. Chaque espèce de bétail est l'hôte d'une ou plusieurs espèces de poux qui affectent la vigueur et retardent la croissance. Les mouches hématophages (par exemple la Mouche faciale, la Mouche des cornes et la Mouche piquante des étables, une espèce introduite) harcèlent les bovins et se nourrissent de leur sang, ce qui réduit la croissance et la production de lait. Dans certaines régions, les mouches noires et les moustiques peuvent être parfois si abondants que les bovins ont du mal à s'alimenter et ont des réactions de panique qui se manifestent par des courses effrénées. Le harcèlement par les essaims d'espèces indigènes de mouches noires peut causer de l'anémie grave et même la mort. Les bovins élevés là où les mouches noires abondent sont partiellement résistants à ces attaques, mais les animaux étrangers introduits pour améliorer les troupeaux manquent de résistance et souffrent énormément ou meurent.

Effets sur les plantes

Au Canada, la courte saison de croissance et les hivers froids empêchent la plupart des espèces d'Insectes de compléter plus d'une génération par année. Le nombre d'espèces phytophages nuisibles et les dommages qu'elles causent sont ainsi moindres que dans les régions plus chaudes du monde. Néanmoins, les Insectes causent des pertes considérables, et les coûts entraînés font augmenter le prix de nombreux produits agricoles et forestiers (voir Foresterie).

Cultures
L'agriculture intensive favorise les Insectes nuisibles en concentrant leurs ressources alimentaires sous forme des plantes cultivées ou de produits stockés (voir Cultures ). La concentration de plantes comestibles, souvent cultivées en monoculture, peut défavoriser les ennemis des Insectes nuisibles, pourtant efficaces dans les milieux naturels. Les Insectes peuvent attaquer n'importe quelle partie d'une plante cultivée et à n'importe quel stade de son développement.

Les larves de taupins ou vers-fil-de-fer s'attaquent aux grains de semence et aux pommes de terre, les vers-gris affectent les plantules de presque toutes les cultures, et les altises causent des dégâts importants aux germes de colza canola et d'autres cultures de Crucifères. Les tissus des plantes en croissance sont attaqués par les noctuelles, les légionnaires, les pucerons, le Doryphore de la pomme de terre et d'autres espèces. La Pyrale du maïs se nourrit des épis de maïs, et plusieurs espèces de pucerons infestent les épis des plantes céréalières. Plusieurs espèces de Coléoptères et de papillons de nuit infestent les grains entreposés, et certaines espèces de ces groupes se nourrissent de farine et d'aliments transformés.

Il est difficile d'évaluer les dépenses relatives à la lutte contre les Insectes nuisibles ainsi que les pertes qu'ils entraînent, et il y a peu d'informations disponibles à ce sujet. On estime les pertes de rendement de céréales à 5 p. 100 annuellement avec un maximum de 25 p. 100, et celles de colza canola à 5 p. 100 à 10 p. 100, et ce, malgré le recours aux pesticides. Les pertes moyennes de rendement des cultures d'oignons, de pommes, et de pommes de terres sont seulement de 3 p. 100, mais sans insecticides, ces pertes seraient plutôt de 30 p. 100 à 70 p. 100, de 50 p. 100 à 100 p. 100 et de 30 p. 100 à 50 p. 100, respectivement.

Transmission de maladies des plantes

Les Insectes suceurs qui transmettent des agents infectieux des plantes malades aux plantes saines affectent sérieusement plusieurs cultures au Canada. Un petit nombre d'Insectes porteurs peuvent causer de graves dommages. Les pucerons sont les seuls vecteurs du virus du nanisme jaunissant de l'orge, affectant diverses céréales en réduisant radicalement la production de grains. Les cicadelles transmettent la jaunisse de l'aster, qui n'affecte pas seulement l'aster, mais aussi la laitue, le céleri, la carotte et la pomme de terre. Les pucerons transmettent également des maladies à virus à la pomme de terre, constituant une menace constante à la production dans l'Est du Canada. En Colombie-Britannique, les cerises et les pêches peuvent être infestées par le virus de la petite cerise transmis par les cicadelles.

Dommages aux arbres forestiers et aux produits du bois

Les forêts canadiennes sont principalement composées d'un nombre limité d'espèces d'arbres, et ces peuplements sont sujets aux dégâts des Insectes, particulièrement une fois rendus à maturité. Les Insectes (par exemple la Tordeuse des bourgeons de l'épinette, l'Arpenteuse de la pruche et diverses espèces de scolytes) tuent les vieux arbres et permettent ainsi la régénération. Ils font désormais compétition à l'humain pour les ressources forestières. En Ontario, au Québec et dans les provinces de l'Atlantique, des épidémies de tordeuses des bourgeons de l'épinette se produisent périodiquement depuis plusieurs siècles. Le Scolyte de l'orme transmet la maladie hollandaise de l'orme, qui a décimé les ormes nord-américains.

Depuis 1950, on utilise les pesticides pour prévenir la mort des arbres et pour assurer la continuité de la coupe forestière. Malheureusement, les arrosages prolongent les épidémies, de sorte que dans certains secteurs, la forêt doit être arrosée chaque année. Les scolytes ont un statut semblable dans les forêts de l'Ouest, en s'attaquant habituellement aux arbres âgés ou affaiblis. Ils ne font pas seulement compétition aux humains pour le bois, mais sont nuisibles même dans les parcs, où des peuplements trop âgés sont protégés uniquement pour la valeur esthétique du paysage.

La Fourmi noire gâte-bois (aussi vulgairement appelée Fourmi charpentière) creuse parfois son nid dans le bois d'oeuvre, les poteaux et les charpentes de bois des bâtiments. En plus des dégâts importants qu'elles causent aux structures, ces grosses fourmis envahissent parfois les maisons pour se nourrir d'aliments humides et endommagent parfois les tissus et les produits papetiers. Les termites peuvent causer de graves dommages aux structures des bâtiments. Au Canada, on les rencontre dans le Sud de la Colombie-Britannique et de l'Ontario et dans certaines villes situées plus au Nord, comme Ottawa et Winnipeg.

Voir aussi les entrées individuelles des espèces.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • D.J. Borror et al, An Introduction to the Study of Insects (1981).

Liens externes