Insectes utiles

Dans plusieurs parties du monde, certains Insectes (par exemple les CRIQUETS et les charançons du palmier) constituent une ressource alimentaire pour les humains. Ils ont une très haute teneur en protéines assimilables et en énergie.

Pollinisation par les insectes
La pollinisation des vergers et de certaines plantes par les insectes rapporte chaque année un milliard de dollars et produit des graines pour des milliers d'esp\u00e8ces de plantes sauvages (photo de Don E. McAllister).

Insectes utiles

La plupart des espèces d'insectes nous sont bénéfiques en jouant bon nombre de rôles écologiques. Moins de 1 p. 100 des insectes sont nuisibles. Ils constituent la nourriture principale d'un grand nombre d'espèces d'oiseaux et de reptiles, et la pollinisation de plusieurs espèces de plantes dépend d'eux. La pollinisation ne dépend pas que des abeilles. En effet, dans le Nord canadien, elle est en grande partie effectuée par des mouches et des papillons. Les Insectes phytophages (qui se nourrissent de plantes) contribuent aussi à assurer la diversité végétale et, sans eux, les espèces de plantes les plus compétitives ont tendance à dominer. Les insectes jouent un rôle de premier plan dans l'alternance des plantes, plus particulièrement les scolytes, dans le renouvellement des forêts. Finalement, les insectes comptent pour beaucoup dans le recyclage des nutriments provenant des détritus.

Insectes comestibles

Dans plusieurs parties du monde, certains Insectes (par exemple les criquets et les charançons du palmier) constituent une ressource alimentaire pour les humains. Ils ont une très haute teneur en protéines assimilables et en énergie.Dans son journal de 1771, l'explorateur anglais Samuel Hearne mentionne qu'un chef de la bande des Inuits du Cuivre du Canada mange des larves d'hypodermes, qu'il considère comme un mets délicat et qui a, semble-t-il, la saveur des groseilles. Cependant, les Européens ne sont pas très réceptifs à l'idée d'en manger. Ainsi, les tentatives du Dr B. Hocking de l'Université de l'Alberta pour promouvoir le couvain d'abeilles domestiques (un sous-produit de l'industrie du miel vendu à l'automne) n'ont pas été fructueuses. Par contre, la plupart des gens en consomme involontairement quelques kilogrammes par année dans le pain et la farine.

Produits dérivés des Insectes

Le produit des Insectes le plus grandement utilisé est le miel (voir Apiculture). D'autres produits dérivés d'Insectes sont la soie obtenue des cocons du ver à soie (papillon nocturne du genre Bombyx), la gomme laque provenant des sécrétions de cochenilles que l'on trouve sur les figuiers en Asie et la teinture écarlate provenant des cochenilles à carmin qui vivent sur les cactus. Cette teinture regagne actuellement en popularité comme colorant alimentaire depuis que l'on soupçonne les pigments à meilleur marché provenant du goudron de houille, qui avaient supplanté le carmin au début du XXe siècle, d'être cancérigènes (voir Cancer). Les Insectes sont d'importants outils de recherche dans les domaines de la génétique et de la dynamique des populations parce qu'ils ont une durée de génération assez courte. Finalement, les papillons, les libellules, les coléoptères et d'autres types d'Insectes ont longtemps été une source d'inspiration artistique, littéraire et musicale.

Insectes en médecine et en santé environnementale

Pendant plusieurs années avant l'arrivée des antiseptiques et des antibiotiques, les larves d'insectes carnivores sont utilisées pour nettoyer les plaies comme, en dépit de leur nom, ils mangent les tissus morts plutôt que les tissus sains. À présent, la science légale fait usage des espèces et des larves d'insectes afin de déterminer la date du décès des cadavres trouvés à l'extérieur. Les insectes de toutes les espèces, en particulier ceux des milieux aquatiques, sont des indicateurs très sensibles de la santé environnementale. Par conséquent, autant les faibles niveaux de pollution et le rétablissement écologique se reflètent par des changements de formation de communautés d'insectes. Les changements de formation d'espèces dans les communautés d'insectes terrestres observés sont également des indicateurs précoces du réchauffement planétaire.

Insectes pollinisateurs

Environ 80 p. 100 des plantes alimentaires dépendent des animaux, dont des insectes dans la plupart des cas, pour assurer leur pollinisation. À lui seul, le travail de pollinisation des abeilles domestiques vaut environ 1 milliard de dollars annuellement pour l'agriculture canadienne. En Amérique du Nord, des apiculteurs déplacent des dizaines de milliers de ruches pour la pollinisation de cultures de pommes, de poires, de cerises, de concombres des champs et de graines oléagineuses. Les abeilles coupeuses de feuilles assurent la pollinisation de la luzerne. Dans l'Est du Canada, les abeilles de la courge à duvet blanc, elles, assurent spécifiquement la pollinisation des citrouilles et des courges. Une variété d'abeilles sauvages assure la pollinisation des bleuets et les bourdons, eux, des canneberges. L'industrie des cultures de serre utilise des bourdons pour la pollinisation des tomates et des poivrons. Dans les régions tropicales, les moucherons (culicoïdes) assurent la pollinisation du cacao et les charançons, celle du palmier à huile.

Lutte biologique

Les guêpes parasitoïdes, qui forment un des plus grands groupes d'Insectes avec quelque 200 000 espèces, attaquent d'autres Insectes. Leur utilisation pour l'élimination d'insectes nuisibles est appelée « lutte biologique ». Au Canada, la protection des tomates et des concombres cultivés en serres dépend en grande partie de lâchers réguliers d'Insectes (lutte biologique inondative) pour parasiter les « mouches » blanches (ou aleurodes) ou autres Insectes nuisibles, sans l'emploi d'insecticides.

Certains Insectes parasitoïdes provenant d'autres régions du monde sont introduits au Canada pour contrôler en permanence les populations d'Insectes nuisibles introduits. C'est ce que l'on appelle la lutte biologique classique. Par exemple, avant 1930, le Diprion européen de l'épinette (voir Mouches à scie) se propageait rapidement et causait de graves pertes dans les peuplements d'épinettes de l'Est canadien. L'introduction de guêpes parasitoïdes et d'une maladie à virus propagée par celles-ci a permis de rabaisser les populations de diprions sous le seuil de nuisibilité.

Les plantes introduites sans leurs ennemis naturels deviennent généralement des mauvaises herbes. On a souvent eu recours au Canada à la réunion des ennemis naturels et de leurs hôtes pour lutter contre les mauvaises herbes dans les pâturages et les jachères. En 1950, dans le centre de la Colombie-Britannique, le Millepertuis commun d'origine européenne était en train de remplacer la flore indigène et les plantes fourragères. L'introduction d'un Coléoptère européen qui se nourrit uniquement de Millepertuis a permis de réduire de 99 p. 100 la densité de cette mauvaise herbe dans la plupart des régions, et ce, sans causer de dommages aux autres espèces de plantes. Cette méthode constitue souvent la façon la plus économique de lutter contre les mauvaises herbes introduites et permet d'éviter les effets indésirables des herbicides. Il faut toutefois attendre parfois 20 ans pour que les résultats voulus soient obtenus.

Des chercheurs canadiens ont été les premiers à utiliser un Coléoptère qui se nourrit de capitules pour lutter contre une autre mauvaise herbe d'origine européenne, le chardon penché. Cet Insecte a aussi été utilisé avec succès dans tellement d'autres pays qu'il constitue l'un des agents de lutte biologique les plus fructueux au monde.

Autres utilités d'ordre écologique des insectes

Certaines plantes se servent de fourmis pour planter leurs graines. Ce phénomène est appelé myrmécochorie. Dans ces plantes, la graine est munie d'un élaiosome (appendice attirant les fourmis) qui contient des huiles et des substances chimiques qui forcent certaines espèces de fourmis à ramener la graine au nid. Ici l'élaiosome est mangé et la partie intacte de celle-ci est jetée dans une galerie abandonnée humide, fertile et à l'abri de la prédation des oiseaux et des rongeurs. La myrmécochorie favorise la survie et la croissance des violettes et d'autres fleurs printanières de région boisée. La dormance induite sous terre du chardon vulgaire permet à la plante de survivre pendant bon nombre d'années sous un couvert qui ne leur convient pas tel une forêt. Plus généralement, les espèces de fourmis rassemblent des graines pour les manger, mais en perdent pendant le processus. C'est un rapport mutuel dans lequel les fourmis sont nourries et les graines, dispersées. Quelques fourmis connues sous le nom de fourmis moissonneuses en font un peu plus en formant des greniers à graines, principalement pour leur propre bénéfice.

Les insectes jouent un rôle de premier plan en matière de recyclage. Les bousiers enfouissent les détritus pour nourrir leurs larves. Les nécrophores mangent les insectes qui se débarrassent similairement de la charogne, alors que les coléoptères perce-bois et les termites agissent de même avec les arbres morts et les plantes. Les termites, là où elles se retrouvent en abondance, participent aussi grandement à la formation du sol. Les collemboles sont extrêmement communes et dominent souvent les insectes terrestres qui se nourrissent principalement de hyphes fongiques. Elles régulent les interactions de la communauté microbienne terrestre et de la plante et, par conséquent, la production végétale.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • A.J. Beatie and D.C. Culver, "The guild of myrmecochores in the herbaceous flora of West Virginia forests," Ecology, 62 (1981); P.G. Mason and J.T. Huber, eds, Biological Control Programmes in Canada, 1981-2000 (2002).

Liens externes