Jack Layton

Fils de Robert Layton, un ancien libéral éminent du Québec qui devient plus tard député conservateur et ministre, Jack Layton obtient un baccalauréat (1970) en sciences politiques de l'Université McGill ainsi qu'une maîtrise (1971) et un doctorat (1984) de l'Université York.

Layton, Jack
L'honourable Jack Layton, chef de le Nouveau Parti d\u00e9mocratique (NPD) (2003-2011) (avec permission de le NPD).

Jack Layton

John Gilbert « Jack » Layton, éducateur, politicien à l'échelle municipale et fédérale, chef du NOUVEAU PARTI DÉMOCRATIQUE du Canada (Montréal, 18 juillet 1950; Toronto, 22 août 2011). Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique de 2003 à 2011, a dirigé le premier parti NPD à constituer l'opposition officielle du Canada à la Chambre des Communes. La carrière de Jack Layton est marquée d'une forte dose d'activisme social qui couvre des enjeux très variés : la Campagne du ruban blanc (qui cherche à encourager les hommes à mettre fin à la violence faite aux femmes); l'impact environnemental du changement climatique (en défendant la première éolienne urbaine à Toronto et en appuyant le Protocole de Kyoto); les sans-abri et la nécessité de disposer de logements à prix abordable; l'appui à une stratégie urbaine concernant le SISA et la participation à des manifestations contre le libre-échange.

Fils de Robert Layton, un ancien libéral éminent du Québec qui devient plus tard député conservateur et ministre, Jack Layton obtient un baccalauréat (1970) en sciences politiques de l'Université McGill ainsi qu'une maîtrise (1971) et un doctorat (1984) de l'Université York. Sa thèse de doctorat porte sur la mondialisation. Layton a enseigné à la Ryerson University, à l'Université York et à l'Université de Toronto. Au même titre qu'Olivia Chow, sa femme et conseillère municipale associée, Jack Layton a été conseiller municipal pour la ville de Toronto (1982-1991 et 1994-2003) et il a fait partie de la coalition des membres du Nouveau Parti démocratique et des gauchistes. En 1991, dans la course à la mairie, il se classe deuxième; en 1993 et 1997, il est candidat pour le NPD aux élections fédérales et il est battu. Il a siégé à la commission fédérale du Programme des partenaires pour la protection du climat (1998-2001) et il a été président de la Fédération canadienne des municipalités (2001-2002).

Bien qu'il n'ait pas de siège au Parlement, Layton entre dans la course à la direction du Nouveau Parti démocratique au Canada et remporte une victoire décisive au premier tour de scrutin sur ses cinq adversaires, y compris trois députés siégeant; il remplace donc Alexa MCDONOUGH comme chef le 25 janvier 2003. Fidèle à sa réputation de rassembleur, Layton gagne un appui solide à la fois de l'aile gauche du parti et de ce qu'on appelle l'establishment. Sa victoire témoigne du désir des membres du parti de faire évoluer celui-ci vers la gauche, d'être plus attentifs aux mouvements sociaux, d'accorder une plus grande attention aux enjeux auxquels sont confrontés les grands centres urbains et d'avoir un chef qui pourrait attirer une plus grande visibilité au parti qui se classe en quatrième position au Parlement.

Lors de sa campagne en 2004, Layton, de par sa personnalité énergique, attire l'attention des médias et le parti gagne en popularité au scrutin. Au cours de l'élection de 2004, le Nouveau Parti démocratique enregistre son meilleur score depuis plus d'une décennie (doublant presque ses suffrages pour les voir passer à 15,7 p. 100), le nombre de sièges gagnés passe seulement à 19, ce qui est beaucoup moins que ce que le parti avait prévu. Layton est élu personnellement comme député dans sa circonscription de Toronto, Toronto Danforth, mais sa femme, qui se présente dans une autre circonscription de Toronto, n'est pas élue. Dans le Parlement minoritaire de 2004-2005, le NPD peut jouer un rôle déterminant. Au printemps 2005, les amendements du NPD au budget du gouvernement libéral génèrent une augmentation des dépenses accordées aux infrastructures et aux programmes sociaux. Le NPD exerce des pressions sur le gouvernement Martin afin qu'il refuse de s'impliquer dans le système de défense anti-missiles américain et qu'il adopte la loi sur le mariage entre personnes de même sexe.

Le rôle constructif de Layton au sein du Parlement minoritaire contribue à améliorer son image et lui permet de recevoir un appui positif de la part du public. Lors de l'élection 2006, le NPD, dirigé par Layton, continue d'enregistrer des gains et obtient 17,5 p. cent des suffrages avec 29 sièges. Suite à l'élection de sa femme au Parlement en 2006, Layton et Chow deviennent un couple fort et charismatique de la politique nationale. Lors du congrès à la direction suivant, les membres du parti reconduisent Jack Layton à la tête du parti avec plus de 90 pour cent des votes. Le parti ne cesse d'enregistrer des progrès dans les domaines du maintien de la paix à l'étranger, des enjeux environnementaux et des amendements à la Loi sur la lutte contre la pollution atmosphérique ainsi que dans le domaine des pensionnats indiens où ses avancées finiront par amener le gouvernement fédéral à présenter ses excuses en juin 2008.

Les élections de 2008 voient le retour de Jack Layton et du NPD à Ottawa, avec une solide équipe prête à se mesurer à l'imposante équipe libérale qui forme l'opposition officielle et à exercer des pressions sur le gouvernement CONSERVATEUR, dirigé par Stephen HARPER. Jack Layton malmène les conservateurs sur le temps d'attente en matière de soins médicaux, sur le réchauffement climatique, les emplois et sur la capacité financière. Au mois de mai 2010, la Chambre des Communes promulgue la Loi sur la responsabilité en matière de changements climatiques du NPD qui fait du Canada le premier pays à fixer des cibles scientifiques en vue de réduire les émissions responsables de la variabilité du climat de 80 pour cent avant 2050.

À la suite des élections de 2008, le gouvernement conservateur annonce, dès l'ouverture de la session parlementaire, la suspension temporaire du droit de grève des fonctionnaires fédéraux et l'interdiction pour les partis politiques de recevoir des subventions monétaires. Les chefs des trois autres partis réagissent en déclarant qu'il leur est impossible d'appuyer de telles mesures. Jack Layton, de même que le chef du parti libéral Stéphane DION et que le chef du BLOC QUÉBÉCOIS, Gilles DUCEPPE, entament des négociations pour former une coalition visant à remplacer les conservateurs à la Chambre. Au début du mois de décembre 2008, les trois chefs signent une entente officielle visant à former un gouvernement de coalition. Les trois chefs s'attendent à ce que la gouverneure générale du Canada Michaëlle JEAN remplace les conservateurs par un gouvernement de coalition, mais pas à ce qu'elle dissolve le Parlement et annonce de nouvelles élections. À l'exception du Québec, le pays s'oppose à une coalition. Stephen Harper demande alors à la gouverneure générale de proroger le Parlement jusqu'en janvier, mois au cours duquel il compte présenter un nouveau budget. Le 4 décembre, Michaëlle Jean acquiesce à sa demande.

Avant même que la question d'un gouvernement de coalition ne soit réglée, Stéphane Dion est remplacé par Michael IGNATIEFF à la tête du PARTI LIBÉRAL. Jack Layton, opposé au budget des conservateurs, presse le parti libéral de déloger les conservateurs avant que l'entente de coalition cesse d'être en vigueur, mais le 28 janvier 2009, Michael Ignatieff accepte d'appuyer le budget, mettant ainsi un terme à toute possibilité de coalition.

En mars 2011, le gouvernement conservateur est défait à la suite d'un vote de défiance des trois partis d'opposition qui avancent qu'il y a eu outrage au Parlement. La Chambre est dissoute, de nouvelles élections sont annoncées. Jack Layton et les membres de l'équipe du NPD ne perdent pas de temps à se mettre en campagne. Au lendemain de l'annonce des élections, Layton harangue les foules, d'abord à Ottawa, puis plus tard dans la journée à Edmonton. Lors du débat des chefs et en campagne au Québec, il parvient à tirer son épingle du jeu. Le 2 mai 2011, Jack Layton réussit à mener son parti à une victoire qui fera date puisqu'un nombre inégalé de députés NPD sont élus à la Chambre des Communes et que le nouveau parti démocratique forme l'opposition officielle. Bien plus remarquable encore, le NPD fait une percée au Québec. Ayant commencé la campagne avec un seul siège dans cette province, il finit par remporter 59 des 75 sièges possibles, ne laissant au Bloc que 4 sièges.

En février 2010, Jack Layton avait annoncé qu'il souffrait d'un cancer de la prostate. Malgré sa maladie, il fait campagne dans le cadre des élections de 2011 avec la même vigueur et le même enthousiasme qu'il a manifestés tout au long de sa carrière. En juillet 2011 cependant, il annonce qu'il quitte temporairement son poste pour se consacrer à lutter contre un deuxième cancer et annonce que Nycole TURMEL sera cheffe par intérim. Il déclare par ailleurs qu'il a l'intention de retourner à la Chambre des Communes, à l'ouverture de la session législative, le 19 septembre. Jack Layton s'éteint un mois à peine après cette annonce. Au cours des derniers jours qui lui restent à vivre, il rédige une lettre qui doit être lue après sa mort et dans laquelle il presse les malades souffrant de cancer à ne pas se décourager, les membres de son parti à œuvrer pour atteindre leurs buts et tous les Canadiens, les jeunes en particulier, à demeurer optimistes quant à un meilleur avenir pour le Canada.


Lecture supplémentaire

  • Jack Layton, Speaking Out: Ideas That Work for Canadians (2004); Jack Layton, Homelessness: The Making and Unmaking of a Crisis (2000).

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