Lac Érié

Son bassin de drainage occupe une superficie de 58 800 km2 et plus de 15 millions de Canadiens et d'Américains y habitent, ce qui en fait le bassin le plus peuplé de tous les Grands Lacs.

Chutes en fer à cheval
La spectaculaire chute d'eau de la rivière Niagara est la plus importante du monde en terme de débit (photo de John deVisser).
parc national de la Pointe-Pelée
(avec la permission de Digital Rain)
Pointe-Pelée, parc national de la
Le parc national de Pointe-Pelée, en Ontario, se trouve à la croisée de deux voies migratoires importantes (photo de J.A. Kraulis).
parc national de la Pointe-Pelée, Photo aérienne
Photo aérienne du parc, en direction du Nord (photo de C. Lemieux).
Saint-Laurent, carte de la voie maritime du
Le lac Érié, d'une superficie de 25 700 km2 (y compris les îles) et dont 12 800 km2 se trouvent au Canada, est situé à 173,3 m au-dessus du niveau de la mer. Il mesure 388 km de long et 92 km de large, et a une profondeur de 64 m. Le moins profond des cinq GRANDS LACS, il est alimenté surtout par la RIVIÈRE DÉTROIT dans laquelle se déverse le LAC HURON. Parmi les autres affluents importants, notons les rivières Maumee et Cuyahoga, en Ohio, et la rivière Grand, en Ontario. Le lac s'écoule dans la RIVIÈRE NIAGARA, à la hauteur de FORT ÉRIÉ, et fait une descente brusque de presque 100 m dans le lac Ontario; plus de la moitié de cette dénivellation se produit à la hauteur des CHUTES NIAGARA. Il est également relié au lac Ontario par le CANAL WELLAND.

Son bassin de drainage occupe une superficie de 58 800 km2 et plus de 15 millions de Canadiens et d'Américains y habitent, ce qui en fait le bassin le plus peuplé de tous les Grands Lacs. Du côté américain se dressent les grandes villes très industrialisées de Buffalo (New York), d'Erie (Pennsylvanie), de Toledo et de Cleveland (Ohio). NANTICOKE représente la seule collectivité d'importance de la rive canadienne.

Le lac Érié est le plus méridional des Grands Lacs (avec une latitude semblable à celle du Nord de la Californie). En outre, ses eaux relativement peu profondes, l'afflux important de substances nutritives provenant des régions urbaines et l'abondance de terres agricoles cultivées à l'intérieur de son bassin hydrographique contribuent au niveau très élevé de productivité biologique. La productivité excessive a toutefois causé la prolifération d'algues peu esthétiques qui coulèrent plus tard au fond du lac et se décomposèrent pendant l'été. La couche inférieure mince et froide de l'eau (hypolimnion) fut ainsi privée d'oxygène. Les substances nutritives diminuèrent progressivement après que le Canada et les États-Unis eurent établi, en 1972, puis en 1978, des mesures de réglementation sur l'emploi des substances phosphorées. Dès 1987, les eaux du large sont limpides en été et la visibilité atteint jusqu'à huit mètres. On y surveille de près la concentration en oxygène.

Malgré la pollution et les infestations de LAMPROIES, la pêche commerciale y est plus florissante que dans tous les autres Grands Lacs; on y pêche plus de 20 000 t de poisson par année, surtout de la perchaude. Les étés chauds, les magnifiques plages et les marais côtiers bien conservés en font un lieu de villégiature très populaire chez les adeptes de plein air et les amateurs de la faune et de la flore (voirPARC NATIONAL DE LA POINTE-PELÉE). Les ornithologues viennent en masse dans cette région pour profiter de l'emplacement du lac sur les voies migratoires principales. Bien que le lac gèle généralement en hiver, il n'en demeure pas moins une partie importante de la VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT.

Comme la plupart des autres Grands Lacs, le lac Érié occupe un bassin fluvial surcreusé par les glaciers. L'érosion différentielle du shale et du calcaire paléozoïques, roches peu résistantes, a mené à la création d'immenses cuvettes allongées où se sont formés les lacs. Ces glaciers, de centaines de mètres d'épaisseur, datent de l'époque pléistocène. Ils ont périodiquement occupé la plus grande partie du bassin et laissé dans leur sillage d'immenses dépôts d'argile et de silt dont se compose actuellement le rivage en voie d'érosion rapide. Seuls les rivages des extrémités est et ouest du lac sont composés de dolomies plus résistantes.

Sa rive Nord fut fréquentée de façon intermittente par des peuples autochtones NEUTRES qui vivaient près de la péninsule du Niagara et le long de l'escarpement du Niagara. Étienne BRÛLÉ (1592-1633) fut probablement le premier Européen à apercevoir le lac. Au cours de la guerre de 1812, une bataille navale décisive y est livrée à PUT-IN-BAY. D'abord appelé lac du Chat par les explorateurs français, le lac prend ensuite le nom d'Érié, une tribu iroquoienne vivant sur la rive Sud.