Leduc, Ozias

Après avoir travaillé à la décoration de l'intérieur de l'église St-Paul-l'Ermite (1892), il obtient son premier contrat important pour la cathédrale de Joliette, pour laquelle il peint un groupe de 23 tableaux religieux.

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Ozias Leduc, 1892-1899, huile sur toile (avec la permission du Musée des beaux-arts du Canada).

Leduc, Ozias

 Ozias Leduc, peintre (St-Hilaire, Qc, 8 oct. 1864 -- St-Hyacinthe, Qc, 16 juin 1955). C'est un professeur de sa région qui stimule l'intérêt de Leduc pour le dessin. Vers 1883, il se joint à une entreprise de sculpture de statues de Montréal et devient l'assistant de Adolphe Rho et Luigi Cappello, qui l'initient à la peinture murale. En 1891, il expose pour la première fois ses oeuvres lors de l'exposition printanière annuelle de la Art Association de Montréal (AAM), et en 1892 il reçoit un prix pour son tableau Nature morte, livres. Jusqu'au début des années 20, ses oeuvres sont régulièrement exposées à la AAM et lors des expositions annuelles de l'Académie royale des arts du Canada.

Après avoir travaillé à la décoration de l'intérieur de l'église St-Paul-l'Ermite (1892), il obtient son premier contrat important pour la cathédrale de Joliette, pour laquelle il peint un groupe de 23 tableaux religieux. Pendant sa carrière, il décore plus de 30 églises et chapelles au Québec, en Nouvelle-Écosse et dans l'Est des États-Unis. Parmi ses oeuvres les plus importantes, on trouve l'église de St-Hilaire (1894-1899), la cathédrale de St-Ninian d'Antigonish (1902-1903), les églises de St-Romuald à Farnham (1905), de St-Enfant-Jésus du Mile-End à Montréal (1916-1919), la chapelle de l'évêché de Sherbrooke (1922-1932), le baptistère de Notre-Dame à Montréal (1927-1928), l'église des Saints-Anges-Gardiens à Lachine (1930-1931) et celle de Notre-Dame-de-la-Présentation à Shawinigan-Sud (1943-1955).

Ses oeuvres religieuses sont étroitement liées à ses natures mortes et à ses paysages inspirés par la région de St-Hilaire. Ses tableaux représentant la vie quotidienne et la nature ont une dimension à la fois symbolique et spirituelle, traduite par des lignes fluides mais concises et méticuleuses, des couleurs chaudes, sobres et une lumière douce. Dans cet esprit, ses paysages (1913-1921) Cumulus bleu, Fin de journée, Effet gris (neige), Pommes vertes, Neige dorée et L'Heure mauve, ainsi que ses dessins de la série « Imaginations » (1936-1942), sont parmi les plus remarquables de sa carrière.

En tant que portraitiste et peintre de figures allégoriques et historiques, Leduc insuffle un grand pouvoir d'évocation à ses oeuvres de petits formats. Son intérêt pour le symbolisme remonte probablement à son bref séjour à Londres et à Paris en 1897. Ses amis écrivains, Arsène Bessette, Guy Delahaye, Olivier Maurault, Marcel Dugas, Paul MORIN et Robert de Roquebrune, ainsi que le musicien Léo-Pol MORIN, l'encouragent en ce sens. Il collabore, avec certains d'entre eux, à la fondation d'un magazine de commentaires et de critiques d'art, NIGOG, publié en 1918. Il illustre plusieurs livres, dont Claude Paysan (1899) d'Ernest Choquette, Mignonne allons voir si la rose... est sans épines (1912) de Guy Delahaye et La Campagne canadienne (1927) d'Adélard Dugré.

Leduc n'est pas influencé par les courants et mouvements artistiques canadiens contemporains. Il tient une seule exposition importante, qui a lieu à la bibliothèque St-Sulpice en 1916. En aidant la carrière de Paul-Émile BORDUAS, il devient plutôt populaire à la fin de sa carrière. Il laisse aussi de nombreux textes, poèmes et courtes réflexions sur l'art. Ses impressions sur la peinture moderne suivent la pensée mystique selon laquelle l'homme est à la recherche d'un paradis qu'il espère reconquérir par la connaissance de la nature et la beauté de l'art.


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Lecture supplémentaire

  • J.R. Ostiguy, Ozias Leduc (1974).