Murray McLauchlan

Murray Edward McLauchlan, C.M., est auteur-compositeur-interprète, diffuseur, acteur et pilote (né le 30 juin 1948 à Paisley, dans la province écossaise de Renfrewshire).

Murray Edward McLauchlan, C.M., est auteur-compositeur-interprète, diffuseur, acteur et pilote (né le 30 juin 1948 à Paisley, dans la province écossaise de Renfrewshire). Murray McLauchlan est l’un des plus grands artistes de musique folk au Canada. Connu pour ses chansons engagées qui donnent la part belle aux classes inférieures, il atteint la popularité grâce à sa chanson Farmer’s Song (1972), qui lui vaut le premier des 11 prix Juno sur 24 nominations qu’il décroche tout au long de sa carrière. Il est l’un des premiers artistes à vivre de son art au Canada, et il enregistre des albums à un rythme soutenu durant les années 1970 et 1980, dont trois qui reçoivent une certification or au Canada. Ses autres chansons folk, country et populaires bien connues sont Down by the Henry Moore, On the Boulevard, Whispering Rain et Try Walkin’ Away. Personnalité populaire à la télévision et à la radio de CBC, il est fait membre de l’Ordre du Canada en 1993 et reçoit de nombreuses récompenses pour sa contribution à la musique canadienne.

Premières années et début de carrière

Murray McLauchlan arrive au Canada de l’Écosse avec sa famille alors qu’il n’a que cinq ans. Il étudie l’art à la Central Technical School, à Toronto sous la tutelle de la peintre paysagère renommée Doris McCarthy. Malgré un talent prometteur pour la peinture, il décide plutôt de se lancer en musique, et commence à jouer ses compositions dans des cafés dans le quartier torontois de Yorkville dès l’âge de 17 ans. Il fait sa première apparition majeure au Festival de folklore Mariposa en 1966. Encore adolescent, il part quelques années à Greenwich Village, à New York, et se fait rapidement connaître pour ses talents d’auteur-compositeur. Ses pièces Child’s Song et Old Man’s Song sont enregistrées par le chanteur folk américain Tom Rush, alors que Honky Red est joué en concert par Kris Kristofferson, Waylon Jennings et Bobby Neuwirth. De la fin des années 1960 au début des années 1970, Murray McLauchlan joue dans les festivals, les clubs et les cafés de l’Ontario, du Québec et du nord-est des États-Unis.

Touche Murray McLauchlan

Bien que les œuvres de Murray McLauchlan incluent des éléments du country, du rock et de la musique populaire, son écriture demeure toujours ancrée dans la tradition folk. En 1983, le journaliste du Toronto Star, Greg Quill, note qu’« au cours des années, l’approche populiste [de Murray McLauchlan] a assuré son succès auprès des classes ouvrières », tout en faisant référence à ses « récits dépouillés issus de la rue, dont les meilleurs exemples sont Farmer’s Song, Honky Red et Down by the Henry Moore, toutes de vraies chansons folk contemporain ».

Le chant de Murray McLauchlan à ses débuts est caractérisé par une sincérité attachante, mais également une dureté et un ton nasillard qui reflète bien son appartenance à la classe ouvrière. Avec le temps, toutefois, son chant finit par sonner plus personnel.

Années 1970

Le premier album de Murray McLauchlan, Song from the Street (1971) est le quatrième disque lancé par la maison de disque Bernie Finkelstein, True North Records. Produit par le guitariste Eugene Martynec, l’album, qui comprend la favorite « Honky Red » et « Jesus Please Don’t Save Me », se hisse dans les 40 premières places du palmarès des albums canadiens.

À l’été 1972, Murray McLauchlan repart à New York pour travailler à The Record Plant avec le producteur Ed Freeman, qui un an plus tôt produisait le American Pie de Don McLean. L’album éponyme qui en résulte contient neuf chansons originales et une reprise de Warren Zevon, Carmelita. Farmer’s Song se rend en 6e place du palmarès canadien et permet à l’album de répéter l’exploit de l’album précédent, en se hissant au 38e rang du palmarès des albums. Farmer’s Song lui vaut aussi les prix Juno du simple folk de l’année, du simple country de l’année et du meilleur auteur-compositeur en 1974.

Son album suivant, Day to Day Dust (1973), n’est pas non plus étranger au succès; il se hausse au 13e rang du palmarès canadien, ce qui en fait l’album de Murray McLauchlan le plus haut placé. Les paroles de l’album original sont imprimées sur du papier recyclé, ce qui à l’époque constitue un engagement financier non négligeable qui reflète l’amour pour l’environnement que l’artiste expose dans ses chansons.

Sweeping the Spotlight Away (1974), produit par Murray McLauchlan et Bernie Finkelstein, est surtout connu pour sa quatrième chanson, « Down by the Henry Moore », qui se glisse au premier rang des palmarès RPM chansons country et adulte contemporain. La chanson fait référence à la sculpture d’Henry Moore, L’Archer, située dans le Nathan Phillips Square, à Toronto, qui est l’hôte de nombreuses protestations étudiantes durant les années 1960 et 1970.

Murray McLauchlan fait des tournées régulièrement de part et d’autre du Canada ,et fait des apparitions aux États-Unis (où il ne connaît jamais le même succès qu’au Canada), notamment dans les concerts de Neil Young. Un album-concert double, Only the Silence Remains (1975), est enregistré le 26 avril 1975 à au Dalhousie Arts Center, à Halifax. Il met en vedette Murray McLauchlan à la guitare, à l’harmonica et au piano, accompagné à la basse par Dennis Pendrith.

Murray McLauchlan crée ensuite un groupe de rock, The Silver Tractors, et obtient sa première certification or pour l’album autoproduit Boulevard (1976), qui comprend l’électrifiante « On the Boulevard ». Ce passage vers un son plus rock se poursuit avec Hard Rock Town (1977). Sa compilation, Greatest Hits, et l’album suivant, Whispering Rain (1979), remportent aussi une certification or au Canada. La chanson-titre de ce dernier album devient plus tard un de ses titres phares.

Années 1980

Après avoir gagné le prix Juno du chanteur folk de l’année 1979, Murray McLauchlan est nommé « chanteur country de l’année » cinq fois entre 1980 et 1989. Il poursuit sa carrière principalement au Canada, donnant plus de 150 concerts par an tout au long des années 1980, accompagné au début de la décennie par son groupe, The Lincolns. Il donne des prestations régulières dans les festivals folkloriques (dont le Festival folklorique de Winnipeg en 1982, en 1984, en 1988 et en 1990) et s’efforce de se rendre autant dans les petits villages que dans les grandes villes. Il participe également à de nombreux téléthons et concerts de bienfaisance.

Son premier album de la décennie est l’autoproduction Into a Mystery (1980), qui contient « Try Walkin’ Away ». En 1981, le titre « If the Wind Could Blow My Troubles Away » est choisi comme thème musical de l’Année internationale des personnes handicapées. Murray McLauchlan lance ensuite cinq albums en cinq ans : Storm Warning (1981), Windows (1982), Timberline (1983), Heroes (1984) et Midnight Break (1985). Sa chanson la plus populaire durant ces années est « Never Did Like That Train » (1983), qui se retrouve à la 20e position des palmarès country et adulte contemporain au Canada.

Il participe aussi à la chanson de bienfaisance Tears Are Not Enough, et délaisse la maison de disque True North Records pour lancer son dernier album de la décennie auprès de Capitol Records, l’autoproduit Swinging on a Star (1988), dont trois chansons figurent au dans les 40 positions du palmarès country au Canada : « Love With a Capital L », « Please Don’t Call it Runnin’ Away » et « Swinging on a Star ».

Des années 1990 à aujourd’hui

L’album The Modern Age (1991) est distribué par Capitol Records avant que Murray McLauchlan ne revienne à True North Records pour Gulliver’s Taxi (1996), produit par Barney Bentall et Colin Nairne (Mae Moore, Spirit of the West, Barney Bentall et The Legendary Hearts). Le chanteur est rejoint en studio par les membres de Odds, Geoffrey Kelly, de Spirit of the West, et Tom Wilson, de Junkhouse et Blackie and the Rodeo Kings. Chaque chanson originale est écrite avec des collaborateurs, dont Tom Wilson, Ron Hynes et John McDermott.

De 1996 à 2000, Murray McLauchlan se retire de la musique. Ses mémoires, Getting Out of Here Alive, qui portent sur les premiers jours de la scène musicale torontoise, sont publiées par Penguin-Viking en 1998. Il fait un retour à la musique en 2001 dans le cadre d’une tournée en Ontario avec les Everly Brothers, puis fait des apparitions un peu partout, notamment au Festival de folklore Mariposa en 2005. Sa comédie musicale, à propos d’Eddie, un chanteur troublé rappelant Frank Sinatra, fait sa première le 26 mai 2004 à Hudson, au Québec. Dans l’album The Songbook… New Arrivals (2006), il interprète les chansons de celle-ci, accompagné d’un groupe de jazz et d’une formation de cordes.

L’anthologie de 36 chansons Song from the Street: Best of Murray McLauchlan (2007) et Human Writes (2011), son premier album entièrement solo depuis 15 ans, sont distribués par True North Records.

Radio, cinéma et télévision

En 1984, Murray McLauchlan anime une série de 13 épisodes à la radio de CBC, Timberline, qui traite des héros oubliés du Nord canadien (comme les trappeurs, les remorqueurs et les pionniers aériens). Il renoue avec le thème de l’arrière-pays pour le spécial de voyage Floating Over Canada (1986), à CBC TV. On y suit l’artiste dans sa traversée du Canada à bord de son hydravion Cessna 185; il visite une foule d’endroits et chante avec des invités comme Buffy Sainte-Marie, Levon Helm, Ian Tyson et Gordon Lightfoot. L’émission est diffusée pendant plusieurs années pour le Jour du Canada. Il anime ensuite la très appréciée émission de radio Swinging on a Star (CBC, 1989-1994), qui porte sur la chanson canadienne et ses auteurs-compositeurs.

Murray McLauchlan compose la bande sonore de plusieurs films, dont celle de Rip-Off (1971), de Don Shebib, de Partners (1976), de Don Owen, et de Alligator Shoes (1981), de Clay Borris. Il s’essaie aussi au jeu en apparaissant dans Partners, en défendant un rôle de soutien dans la série de CBC Street Legal (1989) et un premier rôle à l’émission de CTV Neon Rider (1990). Il participe enfin aux émissions pour enfants Sesame Street et Sharon, Lois & Bram’s Elephant Show (1987).

Lunch at Allen’s

En plein rétablissement de son quadruple pontage en 2004, Murray McLauchlan organise régulièrement des rassemblements avec ses amis auteurs-compositeurs-interprètes Marc Jordan, Ian Thomas et Cindy Church au Allen’s Restaurant, à Toronto. Ces rencontres mènent à la création du groupe Lunch at Allen’s, qui enregistre les albums Lunch at Allen’s (2004), Catch the Moon (2007), More Lunch at Allen’s (2010) et Zuzu’s Petals: A Lunch at Allen’s Christmas (2012). En juin 2014, le groupe était en tournée occasionnelle dans le sud de l’Ontario.

Chansons revisitées par d’autres artistes

Farmer’s Song a été enregistrée par Ocean Fancy, Walter Ostanek, Merv Smith et R. Harlan Smith. « Burned Out Car » paraît sur l’album Birthday Boy (1995) du groupe de rock canadien Junkhouse en tant que duo entre Sarah McLachlan et le coauteur de la chanson, Tom Wilson. Le vidéoclip de ce duo remporte d’ailleurs un prix Juno en 1997. La chanson « No Change in Me », coécrite avec le chanteur de charme canadien John McDermott, est chantée par ce dernier dans la comédie musicale The Neddfire et est incluse sur son album Love is a Voyage (1995). Murray McLauchlan coécrit aussi en 1997 les chansons You Should be Having Fun avec Barney Bentall et Bad Girl avec Lorraine Segato, du groupe Parachute Club.

D’autres pièces de Murray McLauchlan ont été enregistrées par The Ennis Sisters, David Bromberg, Blackie and The Rodeo Kings, Judy Lander, Bob Neuwirth, 3’s a Crowd, David Wiffen et George Hamilton IV.

Implications

Profondément impliqué dans l’art de l’écriture et la défense des droits des artistes, Murray McLauchlan a pris part aux conseils de la SOCAN, de l’Association des auteurs-compositeurs canadiens et du Temple de la renommée des auteurs-compositeurs canadiens.

Peinture

Murray McLauchlan effectue un retour vers la peinture après avoir renoué avec Doris McCarthy. Ses œuvres sont affichées sur les murs de EMI Music Canada et dans la maison de la sénatrice et ancienne diffuseuse Pamela Wallin. L’une de ses toiles a été mise aux enchères pour amasser de l’argent pour l’organisme Conservation de la nature Canada.

Vie personnelle

Murray McLauchlan épouse la productrice et diffuseuse Denise Donlon en 1990. Leur fils, Duncan, est aussi musicien et joue le cor sur l’album Human Writes.

Une version de cet article a paru dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Prix

RPM Gold Leaf Awards

  • Compositeur de l’année (1973)
  • Chanson country (1973)
  • Chanteur folk de l’année (1973)

Prix Juno

  • Chanson folk de l’année, Farmer’s Song (1974)
  • Chanson country de l’année, Farmer’s Song (1974)
  • Meilleur auteur-compositeur (1974)
  • Chanteur country de l’année (1976)
  • Chanteur country de l’année (1977)
  • Chanteur folk de l’année (1979)
  • Chanteur country de l’année (1980)
  • Chanteur country de l’année (1984)
  • Chanteur country de l’année (1985)
  • Chanteur country de l’année (1986)
  • Chanteur country de l’année (1989)

RPM Big Country Awards

  • Chanteur de l’année (1985)
  • Chanteur de l’année (1986)

SOCAN

  • Classics Award, Whispering Rain (1994)
  • National Achievement Award (2001)
  • Classics Award, Try Walkin’ Away (2008)

Autres prix

  • Membre, Ordre du Canada (1993)
  • Helen Verger Award, Ottawa Folk Festival (1995)
  • Diplôme honorifique, Université de Calgary (2007)
  • Intronisé, Allée des célébrités de la Mariposa Folk Foundation (2007)

Discographie

Song from the Street (1971), True North TN-4.

Murray McLauchlan (1972), True North TN-9.

Day to Day Dust (1973), True North TN-14.

Sweeping the Spotlight Away (1974), True North TN-18.

Only the Silence Remains (1975), True North TN-21.

Boulevard (1976), True North TN-25.

Murray McLauchlan et The Silver Tractors, Hard Rock Town (1977), True North TN-29.

Murray McLauchlan’s Greatest Hits (1978), True North TN-35.

Whispering Rain (1978), True North TN-36.

Into a Mystery (1980), True North TN-41.

Storm Warning (1981), True North TN-44.

Windows (1982), True North TN-49

Timberline (1983), True North TN-54.

Heroes (1984), True North TN-59.

Midnight Break (1985), True North TN-65.

Swinging on a Star (1988), Capitol C1-91296.

The Modern Age (1991), Capitol C2-95523.

Gulliver’s Taxi (1996), True North TNSD-0131.

Lunch at Allen’s, Lunch at Allen’s (2004), EMI 72435-96473-2-6.

The Songbook... New Arrivals (2006), EMI 09463-73991-2-5.

Catch The Moon (2007), EMI 09463-84902-2-7.

More Lunch at Allen’s (2010), Linus 270118.

Human Writes (2011), True North TND-545.

Zuzu’s Petals: A Lunch at Allen’s Christmas (2012), Linus 270157.


Lecture supplémentaire

  • Flohil, Richard.

    "Murray McLauchlan: back on the street," Canadian Composer, Jun 1971

    Batten, Jack. "How Murray McLauchlan found inspiration in a dried up creek bed," Weekend Magazine, 13 May 1972

    McCracken, Melinda. "Street Singer," Maclean's, Mar 1973

    Flohil, Richard."Interview! Murray McLauchlan," Canadian Composer, 91, May 1974

    MacGregor, Roy. "Minstrel Boy," Canadian Magazine, 9 Oct 1976

    Kostash, Myrna. "Macho Murray and me," Saturday Night, vol 92, Apr 1977

    Boland, Kevin. "A child of the streets comes home to roost," Toronto Star Street Talk, 26 Oct 1978

    Fuller, Arthur. "Up, up and away and changing gears," Maclean's, 23 Apr 1979

    Lacey, Liam. "McLauchlan finds 'comfortable' spot," Toronto Globe and Mail, 1 Oct 1983

    - "'Free agent' Murray learns from the road," Toronto Globe and Mail, 20 Mar 1986

    Dafoe, Chris. "McLauchlan hits country road," Toronto Globe and Mail, 17 Dec 1988

    Bateman, Jeff. "Swinging home," Music Express, 131, Dec 1988

    Adria, Marco. "The importance of being Murray," Music of Our Times (Toronto 1990)

    Allemang, John. "The soulful troubador gets gritty," Globe and Mail, 15 Oct 1996

    McLauchlan, Murray. Getting Out of Here Alive: The Ballad of Murray McLauchlan (Toronto 1998)

    Feniak, Peter. "Back on the road again," Globe and Mail, 16 May 2001

Liens externes