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Mycorhize

La mycorhize est une association entre les racines des plantes et les champignons, et elle serait présente sur les racines de 95 % de toutes les plantes à graines. Elle est probablement essentielle à la survie dans la nature des deux partenaires. La plante acquiert une meilleure capacité à absorber les minéraux essentiels et une plus grande résistance aux maladies racinaires. Le champignon obtient les sucres directement de son partenaire, sans concurrence venant d’autres micro-organismes.

Un champignon Russula parmi la mousse.

Description

La mycorhize se présente sous plusieurs formes qui diffèrent par les effets bénéfiques qu’elle confère aux plantes et aux champignons impliqués. La plus répandue, la mycorhize arbusculaire, est présente dans environ 90 % des plantes à graines et elle implique plus d’une centaine d’espèces de champignons initialement considérés comme faisant partie de la division Zygomycotina. Des analyses d’ADN récentes suggèrent que ces espèces formeraient plutôt un groupe indépendant plus près des Dikaryomycètes. Dans ces associations, le champignon envahit les cellules du cortex racinaire (couche externe) et y forme des renflements (vésicules) ou des appendices arbustifs très ramifiés (arbuscules).

Les types de mycorhizes moins courants, restreints surtout aux orchidées et aux membres de la famille des bruyères, ressemblent à la mycorhize arbusculaire, mais impliquent des champignons appartenant aux subdivisions des Ascomycètes et des Basidiomycètes.

L’ectomycorhize (mycorhize externe), qui implique de 5000 à 6000 espèces de champignons, est présente sur relativement peu de plantes, et principalement sur les arbres des familles du pin, du bouleau, du saule et du chêne. Dans l’ectomycorhize, le champignon forme un manchon épais autour de la racine, dont il augmente de plusieurs fois le diamètre; les filaments s’insèrent entre les cellules des racines, mais ils n’y entrent pas. Au Canada, les ectomycorhizes atteignent un niveau de développement particulièrement élevé. La plupart des forêts canadiennes sont dominées par des arbres formant des ectomycorhizes et, durant les saisons humides, les champignons mycorhiziens produisent de grandes quantités de champignons.

Le saviez-vous?
En août 2025, Postes Canada a émis cinq timbres évoquant des illustrations botaniques, soulignant l’importance des champignons pour les écosystèmes canadiens. L’un des cinq champignons mis en vedette est le Rhizophagus irregularis, un champignon mycorhizien arbusculaire microscopique qui aide les plantes à absorber les nutriments du sol.


Avantages de l’association

On croit que la mycorhize améliore la capacité de la plante à absorber le phosphore, l’azote et d’autres minéraux. On croit également que la mycorhize arbusculaire utilise les sources inorganiques d’azote. L’ectomycorhize, capable d’assimiler des formes plus complexes d’azote, serait en compétition avec les micro-organismes du sol pour soutirer l’azote emprisonné dans la couverture de feuilles mortes. Les mycorhizes de l’orchidée et de la bruyère sont probablement les plus efficaces pour extraire les composés azotés complexes.

Applications

Partout dans le monde, la mycorhize fait l’objet d’études menées par des chercheurs en foresterie et en agriculture. Il a été démontré que les semis d’arbres inoculés avec des champignons ectomycorhiziens présentent de meilleurs taux de survie et une meilleure croissance sur le terrain. Cette pratique pourrait se révéler encore plus efficace dans les régions où les niveaux de mycorhize naturelle sont faibles. L’inoculum ectomycorhizien est désormais disponible commercialement, avec un choix de champignons offerts pour répondre à des besoins sylvicoles spécifiques.

La manipulation de mycorhizes arbusculaires en pratique agricole donne des résultats très prometteurs et elle pourrait éventuellement éliminer l’utilisation intensive d’engrais. Cependant, à l’heure actuelle, l’incapacité de cultiver en laboratoire des champignons endomycorhiziens entrave les tentatives de produire des quantités suffisantes d’inoculum.