Controverse de la baie Nootka

Selon les dispositions de trois accords, l'Espagne se voit obligée d'accéder aux demandes britanniques et d'indemniser les Britanniques de leurs pertes.

Controverse de la baie Nootka

La controverse de la baie Nootka met en cause les revendications qui opposent, de 1789 à 1794, l'Espagne et la Grande-Bretagne pour le contrôle du commerce et de la navigation sur la côte du Nord-Ouest et dans l'océan Pacifique. L'Espagne réclame le Pacifique comme territoire exclusif en vertu du traité de Tordesillas (1494). La Grande-Bretagne soutient que la navigation est ouverte à tous les pays et que les revendications territoriales doivent s'appuyer sur une occupation effective. En juillet 1789, Esteban Martinez, commandant espagnol dans la baie Nootka, saisit plusieurs navires marchands britanniques. John Meares, un quirataire de ces navires, signale la saisie à son gouvernement dans son mémoire du 30 avril 1790. La Grande-Bretagne demande alors à être indemnisée et menace d'entrer en guerre. L'Espagne refuse de l'indemniser et se prépare à la guerre, en misant sur la France des Bourbons, son alliée de longue date. La France, en pleine révolution, refuse.

Selon les dispositions de trois accords, l'Espagne se voit obligée d'accéder aux demandes britanniques et d'indemniser les Britanniques de leurs pertes. En vertu du troisième accord de Nootka (11 janvier 1794), l'Espagne et la Grande-Bretagne reconnaissent leurs droits réciproques de commerce dans la baie Nootka et dans les autres régions côtières du Pacifique qui ne sont pas déjà sous l'égide de l'Espagne. Les sujets des deux pays peuvent ériger des bâtiments provisoires à Nootka, mais ne peuvent pas y mettre en place des garnisons ou des usines permanentes. Ni l'un ni l'autre des pays ne peut réclamer la souveraineté exclusive. L'Espagne et la Grande-Bretagne doivent garder la baie Nootka comme port franc, ouvert à tous les autres pays. Le 28 mars 1795, les deux pays quittent définitivement la baie Nootka. La controverse se termine par une victoire symbolique des intérêts politiques et commerciaux britanniques.