Peaches

​Merrill Beth Nisker (nom de scène Peaches), chanteuse, auteure‑compositrice, musicienne, artiste de scène multidisciplinaire, cinéaste (née le 11 novembre 1968 à Toronto, en Ontario).

Merrill Beth Nisker (nom de scène Peaches), chanteuse, auteure‑compositrice, musicienne, artiste de scène multidisciplinaire, cinéaste (née le 11 novembre 1968 à Toronto, en Ontario). Peaches est une musicienne et artiste de scène multidisciplinaire née à Toronto et vivant à Berlin. Sa musique electroclash provocante et éclectique, ses paroles empreintes de sexualité et ses performances multidisciplinaires subversives, faisant fi des distinctions entre les sexes, en ont fait une artiste culte et une icône internationale. Mais elle doit peut-être l’essentiel de sa célébrité à son simple « F—k the Pain Away », extrait de son deuxième album sorti en 2000, The Teaches of Peaches, qui a connu un succès foudroyant. Parmi ses autres albums studio, on trouve Fatherf—ker en 2003, Impeach My Bush en 2006, I Feel Cream en 2009 et Rub en 2015. Elle a aussi interprété sur scène les comédies musicales Peaches Christ Superstar et Peaches Does Herself. Elle a été nommée artiste de l’année dans la catégorie Musique électronique lors des SiriusXM Independent Music Awards 2010.

Jeunesse et formation

Née dans une famille juive d’origine polono‑ukrainienne, Merrill Nisker grandit à Toronto, près de l’endroit où habite Geddy Lee du groupe Rush. Elle déclare d’ailleurs à cet égard au magazine Exclaim! en 2003 : « J’avais l’habitude de jouer au bouledogue et à red‑rover avec le frère de Geddy Lee, tandis que Rush répétait dans le garage des Lee. Dans mon regard d’alors tous ces gars ressemblaient à d’étranges magiciens. » Elle fréquente une école élémentaire juive à Toronto où les cours sont donnés en anglais et en hébreu.

Elle suit le programme de théâtre de l’école secondaire A.Y. Jackson à North York, puis étudie le théâtre à l’Université York avec comme objectif de devenir metteuse en scène. Cependant, la nature éminemment collaborative de certains aspects du théâtre s’avérant frustrante pour elle, elle se rabat sur la musique. Durant dix ans, elle enseigne la musique et l’art dramatique à la YMCA, dans des centres pour enfants et dans des écoles privées; elle joue également dans le cadre d’un trio folk du nom de Mermaid Café.

Début de carrière

En 1995, Merrill Nisker sort son premier album, Fancypants Hoodlum, sous son véritable nom. Après la sortie de l’album, elle forme le groupe The Shit avec plusieurs amis, dont Dominic Salole (surnommé Mocky) et Jason Beck (surnommé Chilly Gonzales). En 2003, elle précise à SPIN : « Nous étions tous mécontents de la musique que nous faisions et avons décidé de changer nos noms. Une façon de signifier qu’on reprenait tout à zéro. » Elle choisit alors Peaches comme pseudonyme, un clin d’œil à la chanson Four Women de Nina Simone qui se termine par « My name is Peaches! »

À cette époque, Peaches achète un synthétiseur Roland MC‑505 qui lui permet de produire elle‑même tous les sons et tous les effets dont elle a besoin. Elle se produit aussi lors des célèbres et sulfureuses Vazaleen, des soirées dansantes organisées par Will Munro au El Mocambo, un club de Toronto, et cohabite avec Feist qui, occasionnellement, se joint à elle sur scène. Peaches est invitée à participer à une tournée en Amérique du Nord avec Elastica en 2000‑2001 au cours de laquelle elle rencontre la rappeuse britannique d’origine tamoule M.I.A. qui filme la tournée en vidéo. Parmi ses influences de l’époque, on compte Carole Pope du groupe Rough Trade, Iggy Pop, Bikini Kill, Joan Jett, le cinéaste John Waters et l’artiste visuelle Cindy Sherman.

The Teaches of Peaches (2000)

Après l’enregistrement d’un mini album de six morceaux, Lovertits, en 2000 à Toronto, Peaches suit Chilly Gonzales à Berlin où elle signe un contrat avec son étiquette de disques, Kitty‑Yo. C’est sous cette étiquette que sort, toujours en 2000, son premier album studio officiel, une œuvre electroclash aux paroles explicitement sexuelles, The Teaches of Peaches, comprenant le morceau « F—k the Pain Away » — dans une version ayant été enregistrée en direct au club-restaurant The Rivoli à Toronto où elle l’avait interprété pour la toute première fois — qui remportera un succès fulgurant.

SPIN décrit The Teaches of Peaches comme « un chef‑d’œuvre de musique électronique rudimentaire et de paroles explicites », tandis que l’Observer met ultérieurement en avant la façon dont « les mélodies minimalistes, frustres et grinçantes qu’elle écrit et produit elle‑même et ses paroles évoquant ouvertement la sexualité ont immédiatement parlé aux piliers du monde de la nuit, aux postféministes, aux fashionistas et aux fêtards invétérés de toutes obédiences ».

Bien que, selon les informations disponibles, The Teaches of Peaches ne se soit vendu qu’à 50 000 exemplaires dans le monde, il devient rapidement un succès culte et pénètre profondément dans la culture populaire. Le Guardian écrit : « Avec The Teaches, Peaches était devenue, fin 2001, loin des circuits officiels, “la doyenne” du monde de la nuit de Berlin à New York et aux quatre coins du monde, et la coqueluche du monde de la mode. Ses hymnes obscènes, souvent aussi absurdes que suggestifs, ont accompagné plus d’une femme postmoderne s’assumant pleinement lors des défilés de Givenchy et Prada, parmi d’autres grands noms de la mode. »

F—k the Pain Away est choisi pour les bandes‑son de plusieurs films et émissions télévisées, notamment Lost in Translation, Wetlands, South Park, 30 Rock et True Blood. Sony signe avec Peaches un contrat européen; toutefois, le géant japonais la laisse ultérieurement tomber après avoir estimé que le vidéoclip provocateur du morceau Set it Off va, cette fois, trop loin dans les obscénités. Elle chante ce morceau dans Top of the Pops, une émission de la BBC; toutefois, sa prestation est jugée trop provocante pour être diffusée.

Fatherf—ker (2003)

La nouvelle étiquette XL/Kitty‑Yo sort, en 2003, l’opus suivant de Peaches, Fatherf—ker, qu’elle continue à autoproduire. Jouant avec les concepts d’identité sexuelle (la couverture de l’album la représente arborant une barbe généreuse), elle abat les notions conventionnelles de genre en explorant et en subvertissant le spectre complet des clichés genrés du rock, du cock‑rock au riot grrrl. Iggy Pop chante sur le simple « Kick It » et Peaches effectue des tournées en ouverture de Marilyn Manson et de Queens of the Stone Age. L’album atteint la troisième place du classement dance au Royaume‑Uniet lui vaut une sélection dans la catégorie Meilleur artiste musical de l’année lors des 15e GLAAD Media Awards, un prix qui reviendra finalement à un autre Canadien, Rufus Wainwright.

Toujours en 2003, Peaches collabore à la chanson « Oh My God » sur l’album de Pink Try This. En 2004, le New York Daily News l’intègre dans la liste des dix femmes les plus extravagantes du monde de la musique aux côtés de L’il Kim, Courtney Love, Sinead O’Connor et Madonna. En 2005, elle fait une apparition dans son propre rôle dans un épisode de The L Word.

Impeach My Bush (2006)

En 2006, le troisième album de Peaches, Impeach My Bush,toujours aussi provocateur, offre, cette fois, un contenu politiquement engagé, et intègre des contributions de Joan Jett, Samantha Maloney, Beth Ditto et Feist. Peaches apparaît sur la couverture de l’album vêtue d’une burqa à paillettes et le vidéoclip du morceau emblématique de l’album « Boys Wanna Be Her » montre l’artiste et son groupe habillés en tenues glam‑rock se mutilant avec leurs propres instruments. On entendra « Boys Wanna Be Her » dans les émissions télévisées Ugly Betty et The L Word ainsi que dans le film de 2009 d’Ellen Page Whip It.

À l’été 2006, Peaches crée The Herms, son propre orchestre d’accompagnement, une phalange entièrement féminine qui comprend notamment J.D. Samson du groupe Le Tigre, Samantha Maloney de Hole et Radio Sloan du groupe The Need. Peaches et The Herms effectuent une tournée en ouverture de Nine Inch Nails et de Bauhaus et se produisent également dans un certain nombre de festivals internationaux. Peaches est à nouveau sélectionnée dans la catégorie Meilleur artiste musical de l’année lors des 18e GLAAD Media Awards; toutefois, une nouvelle fois, le prix, attribué aux Scissor Sisters, lui échappe.

I Feel Cream (2009)

En 2009, le quatrième album studio de Peaches, I Feel Cream, propose un son plus éclectique et plus expressif empreint de musique hip‑hop. Des artistes comme Soulwax, Digitalism, Shapemod et Simian Mobile Disco collaborent à ce nouvel opus. On entend Shunda K, du trio Yo! Magesty, sur le morceau « Billionaire » et son ami et collaborateur de longue date, Chilly Gonzales, coécrit un certain nombre des chansons de l’album. Avec Sweet Machine, le nouveau groupe berlinois qui l’accompagne, elle part en tournée en Australie, se produisant sur les scènes principales et secondaires du festival Big Day Out.

Autres Projets

En 2010, Peaches collabore au morceau « My Girls » de l’album Bionic de Christina Aguilera et, en 2011, à la chanson « Alligator_Aviator_Autopilot_Antimatter » sur l’album Collapse into Now de R.E.M. En 2013, on l’entend également sur l’album Free the Universe de Major Lazer dans le morceau « Scare Me ».

En 2015, Akashic Books publie un nouveau livre de photographies réalisées par Holger Talinski sous le titre What Else Is In the Teaches of Peaches. L’ouvrage contient des clichés de Peaches et des témoignages rédigés par elle‑même, par Michael Stipe, par Yoko Ono et par Ellen Page.

Rub, le sixième album studio de Peaches dont la sortie est prévue le 25 septembre 2015 et qu’elle décrit elle‑même comme « postgenre », offrira des contributions de Kim Gordon du groupe Sonic Youth, de Feist et de Vice Cooler.

Scène et cinéma

En 2010, Peaches crée, en collaboration avec le Hebbel am Ufer Theater de Berlin, sa propre version, applaudie par la critique, de Jesus Christ Superstar de Tim Rice et Andrew Lloyd Webber, Peaches Christ Superstar, qu’elle interprète en solo, seulement accompagnée au piano par Chilly Gonzales. Dans sa critique, ARTFORUM écrit : « Non seulement Peaches fait, comme à son habitude, tout voler en éclats, mais elle réussit également à nous surprendre en démontrant une amplitude vocale surprenante et une sensibilité naturelle de musicienne à la dynamique de la partition d’Andrew Lloyd Webber et en réalisant une véritable prouesse sur le plan émotionnel, une caractéristique dont elle fait rarement, voire jamais, preuve lorsqu’elle interprète sa propre musique, il est vrai de nature éminemment plus profane. »

En 2012, elle fait une incursion réussie dans la réalisation avec un opéra electrorock autobiographique, Peaches Does Herself, dans lequel on peut entendre 22 de ses plus grands succès. Présenté à l’origine comme un spectacle pour la scène au Hebbel am Ufer Theater de Berlin, ce récit à la fois tapageur, intime et perspicace sur « le genre, l’âge et la beauté » suit Peaches dans son périple, toujours en cours, qui la voit passer de l’état de jeune fille aspirant à la célébrité dans sa chambre à celui de vedette rock incontestée!

Le film réalisé à partir de ce spectacle est présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto en 2012. Cette même année, Peaches interprète le rôle principal masculin dans une production de L’Orfeo de Claudio Monteverdi au HAU 1 Theater de Berlin, chantant l’intégralité de sa partie en italien. Elle a aussi joué dans plusieurs films, notamment, en 2002, dans Hideous Man, un court métrage réalisé par John Malkovich pour la styliste de mode Bella Freud et, en 2010, dans le long métrage Ivory Tower tourné à Toronto.

Performance artistique

En 2013, Peaches est invitée par Yoko Ono à recréer sa propre performance artistique de 1964, Cut Piece, au Meltdown Festival à Londres. Cette performance artistique provocante la voit rester assise en silence sur scène pendant que ses vêtements sont découpés morceau après morceau par les spectateurs.

Prix

Meilleure artiste de l’année en musique électronique, Sirius XM Independent Music Awards (2010)


Music of
Peaches

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