Pétrole, approvisionnement et demande du

Les réserves « non prouvées » correspondent à la quantité d'hydrocarbures qu'il serait économiquement rentable de récupérer à partir de gisements connus, mais avec un degré de certitude moins grand.

Plate-forme de forage pétrolier, Terra Nova C-09
Plate-forme de forage pétrolier au large de Terre-Neuve (photo de Peter Christopher).

Pétrole, approvisionnement et demande du

La demande en pétrole reflète l'utilisation de l'ÉNERGIE dans la société. Dans ce domaine, les projections se fondent habituellement sur les tendances récentes de la croissance économique, de la consommation d'énergie, de la technologie pétrolière et des prix. L'approvisionnement du pétrole disponible capable de satisfaire à la demande repose sur deux facteurs : les réserves souterraines et la productivité de ces réserves. Le total des réserves en place de pétrole brut, de gaz naturel et de BITUME est moins important que celui des réserves récupérables. Les réserves « établies » correspondent à la quantité d'hydrocarbures que les analyses de données géologiques et techniques permettent d'estimer, avec une certitude raisonnable, comme étant récupérables à partir de gisements connus, dans les conditions économiques et technologiques du moment. Elles augmentent avec les nouvelles découvertes et diminuent en même temps à mesure qu'on les exploite.

Les réserves « non prouvées » correspondent à la quantité d'hydrocarbures qu'il serait économiquement rentable de récupérer à partir de gisements connus, mais avec un degré de certitude moins grand. Les réserves « spéculatives » constituent une catégorie encore moins certaine : ce sont des gisements non encore découverts, mais dont les évaluations géologiques et techniques permettent de croire qu'ils pourraient éventuellement être découverts ou devenir économiquement récupérables. La somme des réserves établies, non prouvées et spéculatives s'appelle « potentiel de récupération ». Si on y ajoute la production cumulative, on parle de « potentiel ultime de récupération ». La « productivité » est l'évaluation de la cadence maximale à laquelle on peut produire le pétrole et le gaz, en tenant compte des réserves établies et des installations existantes, du taux d'accroissement des réserves établies et de l'installation de nouveaux équipements ainsi que de facteurs économiques, politiques et autres.

On parle de réserves de pétrole « classique » lorsqu'il provient de puits de forage mis en production à l'aide de techniques courantes. Le pétrole « synthétique » provient notamment de la valorisation du bitume ou de la LIQUÉFACTION DU CHARBON. Au Canada, la production de pétrole classique excède les additions aux réserves établies depuis le début des années 70. En conséquence, les réserves établies ont diminué à quelque 800 millions de m3. Environ 2 100 millions de m3 ont été produits jusqu'à maintenant, pour une réserve établie initiale de quelque 2 900 millions de m3. C'est environ le quart des 10 à 14 milliards de m3 que la plupart des spécialistes considèrent comme le potentiel ultime de récupération au Canada. Le pétrole synthétique canadien provient du bitume des sables bitumineux de l'Alberta. Certains spécialistes restreignent les réserves établies de pétrole synthétique à la production récupérable au cours de la durée d'exploitation raisonnable des installations existantes. D'autres évaluations englobent tous les volumes de pétrole synthétique récupérable à partir de sables pétrolifères considérés comme économiquement exploitables. Les évaluations de réserves établies de pétrole synthétique varient donc de 230 à 3 900 millions de m3. Le potentiel ultime de récupération de pétrole synthétique est difficile à évaluer, car seule une petite fraction des énormes gisements existants est mise en valeur. Le potentiel ultime de récupération dépend des développements technologiques anticipés et de conditions économiques qui permettent d'extraire et d'enrichir le bitume pour le transformer en pétrole synthétique. Les évaluations actuelles varient de 1 à 40 milliards de m3.

Au Canada, la croissance des réserves établies de gaz naturel dépasse le rythme de la production pendant de nombreuses années, mais le très grand surplus gazier nord-américain actuel provoque la diminution des forages gaziers et renverse cette tendance pour les années 1983 à 1986. Les réserves établies sont actuellement d'environ 2 400 milliards de m3. En les additionnant à la production cumulative à ce jour, on arrive à des réserves établies initiales d'environ 4 000 milliards de m3. Les évaluations du potentiel ultime de récupération du gaz naturel au Canada varient de 12 à 15 trillions de m3 environ. Dans le cas du gaz naturel et du pétrole classique, il est prévu qu'une partie importante du potentiel futur de récupération au Canada proviendra des régions pionnières comme celles de la MER DE BEAUFORT et du plateau continental de la côte est. La plus grande partie des réserves établies se situe dans le bassin sédimentaire de l'Ouest canadien, là où a lieu la production courante.

La production canadienne totale de pétrole classique et synthétique a fléchi au cours de la dernière décennie pour atteindre 220 000 m3 par jour. En 1986, l'effondrement des prix du pétrole, qui passent de 30 $US à 10 $US pour ensuite remonter à 18 $US, crée beaucoup d'incertitude bien qu'on s'attende à une remontée dans les années 90. La production de gaz naturel augmente un peu au cours de la dernière décennie mais est beaucoup plus faible que la productivité existante qui, à son tour, augmentera dans l'avenir.

La demande canadienne per capita de pétrole et de gaz naturel est parmi les plus élevées au monde (voir ÉNERGIE ET SOCIÉTÉ). Ce résultat est notamment une conséquence du rude climat canadien, mais également du niveau de vie élevé et des prix de l'énergie relativement faibles qui prévalent jusque dans les années 70. Le besoin au Canada de produits pétroliers, qui comprennent le pétrole classique et synthétique et le condensat (un sous-produit du gaz et un substitut du pétrole), augmentent régulièrement au début des années 70, mais diminuent ensuite par suite des mesures de CONSERVATION, du ralentissement de la croissance économique et de la hausse des prix du pétrole. On s'attend à ce que la baisse se poursuive au cours de la prochaine décennie, la demande chutant du niveau actuel de quelque 250 00 m3/jour à environ 230 000 m3/jour au cours du milieu des années 90. La demande pour le gaz naturel couvrant cette même période augmente généralement, mais la baisse des prix du pétrole et la concurrence qui en ont résulté ont éliminé la croissance à la fin des années 80. La plupart des spécialistes s'attendent à revoir le gaz se vendre à prix avantageux et prédisent une croissance substantielle à sa production, qui devrait passer de 160 millions de m3/jour à 200 millions de m3/jour vers le milieu des années 90.

Les sources locales fournissent la majeure partie du pétrole et du gaz naturel au Canada, bien que le pays ait été un importateur net de pétrole de 1975 environ jusqu'à 1983. Les exportations nettes s'élèvent maintenant à environ 10 p. 100 de la production totale. Tous les besoins en gaz sont satisfaits par la production canadienne. La majeure partie des exportations canadiennes de pétrole consistent en pétrole lourd, pour lequel il n'existe pas de capacité de raffinage ou de marché suffisants près des sources d'approvisionnement canadiennes. On s'attend à ce que la productivité totale de pétrole diminue à un niveau inférieur à la demande canadienne d'ici quelques années et y demeure tout au long de la prochaine décennie. Ce déficit, qui devrait être compensé par des importations, pourrait s'étaler de 50 000 à 100 000 m3/jour en 1995. On s'attend à ce que la production de gaz continue d'excéder la demande, ce qui devrait éventuellement générer des surplus disponibles à l'exportation. Les importations et les exportations de pétrole et de gaz naturel sont fonction de la demande canadienne, de la productivité disponible et de la POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE du gouvernement. Les importations de pétrole proviennent principalement du Venezuela et de l'Arabie saoudite, et les surplus de gaz naturel sont exportés aux États-Unis.


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