Psychologie

Psychologie ( du grec psyche, « esprit », et logos, « étude ») littéralement « l'étude de l'esprit ou de l'âme ». Il semble que le terme ait été utilisé pour la première fois par Melanchthon au XVIe siècle.

Psychologie

Psychologie ( du grec psyche, « esprit », et logos, « étude ») littéralement « l'étude de l'esprit ou de l'âme ». Il semble que le terme ait été utilisé pour la première fois par Melanchthon au XVIe siècle. Originellement le sujet fait partie de la PHILOSOPHIE et ses origines remontent à l'antiquité. Sir Francis Galton (1822-1911), un demi-cousin de Charles Darwin, est généralement considéré comme le fondateur de l'étude scientifique de la psychologie des différences individuelles alors que Wilhelm Wundt (1832-1920), un physiologiste allemand qui a établi le premier laboratoire dédié exclusivement aux recherches psychologiques à l'U. de Leipzig, est considéré comme le fondateur de la psychologie expérimentale moderne. Au début, certains académiciens proposent de considérer la psychologie comme une des sciences biologiques, alors que pour d'autres il s'agit d'une science sociale. Cependant, à partir des années 60, la psychologie est de plus en plus considérée comme une des sciences du comportement : la science du comportement des organismes vivants.

On la considère comme une science parce qu'elle se base sur la méthode scientifique pour élaborer un corpus de connaissances systématiques dont l'objet est la description, l'explication, la prédiction et dans certains cas le contrôle du comportement. La notion de « comportement » inclut tant les conduites observables que les processus internes (pensées, réactions émotives, sentiments, etc.) qui peuvent être inférés des actions externes.

La psychologie en tant que science appliquée

La psychologie est aussi une science appliquée, car elle tente de solutionner des problèmes concrets. À cause de l'étendue de son champ, elle se divise en plusieurs spécialités, parmi lesquelles la psychologie expérimentale, qui utilise des expériences de laboratoire pour étudier des phénomènes comme la sensation et la perception, l'apprentissage et la mémoire; la psychologie physiologique (maintenant appelée neuropsychologie), qui est l'étude des bases physiques du comportement et en particulier du rôle du cerveau et du système nerveux (qui est affecté par une grande variété de facteurs : l'hérédité, l'alimentation, les substances chimiques, etc.) dans des activités caractéristiques des humains et des animaux; la psychologie du développement, qui s'intéresse aux facteurs qui influencent le développement des conduites de l'enfance à la vieillesse (voir GÉRONTOLOGIE); la psychologie sociale, qui étudie les relations entre le groupe et l'individu; la psychologie clinique, qui s'intéresse principalement au diagnostic et au traitement des désordres émotifs; la psychologie de l'orientation, qui, bien que semblable à la psychologie clinique, cherche plutôt à aider des personnes fondamentalement équilibrées, mais qui éprouvent des difficultés à définir leurs objectifs éducatifs ou professionnels; la neuropsychologie clinique, qui évalue les conséquences émotives, cognitives et comportementales de problèmes neurologiques; la psychologie de l'éducation, qui intervient dans le cas de difficultés à l'école; la psychologie industrielle, qui traite des facteurs humains dans l'industrie et les organisations; la psychologie de la personnalité ou l'étude des traits de personnalité; la psychologie cognitive, qui étudie les processus mentaux supérieurs, comme la perception, le langage, l'intelligence, l'imagerie mentale et la créativité.

La psychologie est généralement considérée comme une branche de la famille des sciences du comportement, qui comprend, entre autres, la SOCIOLOGIE et l'ANTHROPOLOGIE, mais qui, dans sa recherche et ses applications, maintient des liens privilégiés avec la BIOLOGIE et les sciences de la santé.

La psychologie au Canada

La psychologie au Canada s'est développée en même temps et de la même façon qu'en Europe et qu'aux États-Unis. Dans la première moitié du XIXe siècle, on donne plutôt des cours de philosophie morale et mentale. C'est Thomas MCCULLOCH qui, semble-t-il, donne le premier cours de psychologie dans l'Est du Canada en 1838 à l'U. Dalhousie, mais la discipline ne se développe vraiment que dans la dernière moitié su siècle. En 1855, William LYALL, qui enseigne à Halifax, écrit le premier manuel de base en psychologie publié au Canada.

En 1879 Wundt ouvre le premier laboratoire de psychologie à Leipzig, et c'est alors que la psychologie se dissocie de la philosophie et devient une science. Dix ans plus tard, James Mark Baldwin, un étudiant de Wundt qui enseigne à Toronto, fonde le premier laboratoire de psychologie au Canada. Durant les années 20, des départements de psychologie indépendants commencent à faire leur apparition : un à McGill dirigé par W.D. Tait et un à Toronto dirigé par E.A. Bott. Après 1940, d'autres départements de psychologie se séparent de la philosophie et deviennent indépendants. Le même processus se reproduit un peu plus tardivement dans l'Ouest du pays. J.M. McEachran, qui en 1909 devient professeur de philosophie à l'U. de l'Alberta, peut être considéré comme le premier psychologue dans une université de l'Ouest. Par la suite, la recherche et l'enseignement en psychologie se développent dans d'autres universités, mais là aussi, ce n'est pas avant les années 40 que plusieurs des départements de psychologie acquièrent leur autonomie et se dissocient de la philosophie.

Même si la psychologie dans les universités francophones suit le même chemin, elle subit d'autres influences. Alors que la conception de l'humain enseignée dans les universités anglophones prend sa source dans un mélange philosophique de réalisme écossais et d'idéalisme anglais, celle des universités francophones relève de la philosophie catholique thomiste. Les deux premiers départements de psychologie francophone sont fondés à l'U. d'Ottawa par R.H. Shevenel, en 1941, et à l'U. de Montréal par N. Mailloux, en 1942. Ces deux départements conservent au début une orientation catholique romaine et mettent l'accent sur la psychologie clinique et les recherches appliquées. La recherche fondamentale ne s'y développe qu'au cours des années 50, mais elle y est aujourd'hui équivalente à ce qui se fait dans les universités anglophones. La psychologie s'est développée très rapidement au Canada au cours des trois dernières décennies, et il y a maintenant des départements de psychologie dans la plupart des universités canadiennes. Une étude de 1990 montre qu'il y a 88 programmes d'études supérieures en psychologie au Canada.

La psychologie et ses applications

Parallèlement à son développement en tant que discipline académique, la psychologie, depuis le début du XXe siècle mais surtout depuis les années 50, a aussi connu une croissance remarquable en tant que discipline appliquée. Au début du siècle, A. Binet développe, en France, le premier test d'intelligence. Par la suite, le développement de tests de sélection des soldats, par les États-Unis durant la Première Guerre mondiale, établit la validité de la psychologie comme science aux applications pratiques. Aujourd'hui, on applique la psychologie à tous les secteurs de l'activité humaine.

Contrairement à la croyance répandue, la psychologie ne travaille pas qu'avec les personnes souffrant de maladie mentale ou de problèmes graves d'adaptation. Généralement, les psychologues appliquent leur savoir à la solution ou à la prévention de problèmes comportementaux ou affectifs de tout genre. Par exemple, certains psychologues appliquent leur savoir à la conception de panneaux de contrôle de machines sophistiquées pour assurer qu'ils sont bien adaptés aux caractéristiques de leurs utilisateurs. D'autres s'intéressent aux problèmes d'adaptation à l'école ou au travail et essaient, avec les personnes concernées, de mettre au point des structures et des façons de faire qui vont faciliter l'étude ou le travail. D'autres encore essaient de modifier les comportements et les styles de vie qui causent ou accompagnent le développement de maladies psychosomatiques, comme les ulcères ou les allergies.

Associations scientifiques et professionnelles

Comme beaucoup d'autres disciplines au Canada, la psychologie doit une bonne partie de son développement et de sa vitalité à diverses associations scientifiques et professionnelles. La plus influente, la Société canadienne de psychologie (SCP), est fondée en 1939 pour rassembler les psychologues canadiens. Jusqu'alors, ce rôle était assumé par l'American Psychological Association, fondée en 1894 comme une organisation continentale. L'imminence d'une guerre dans laquelle le Canada risque d'être impliqué plus rapidement que les États-Unis déclenche la mise sur pied d'une organisation canadienne. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la SCP est à la source de l'acceptation de la psychologie comme science appliquée.

En 1941, le CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES est le premier organisme fédéral à donner une subvention de recherche en psychologie pour la première d'une longue série de projets entrepris par la SCP. Avec son congrès annuel, ses divers comités d'étude, son lobby politique et ses trois périodiques scientifiques (la Revue canadienne de psychologie expérimentale, la Revue canadienne des sciences du comportement et Psychologie canadienne), la SCP est encore aujourd'hui la plus importante association nationale de psychologues.

Les associations provinciales jouent aussi un rôle très important. La Constitution canadienne donne aux provinces la responsabilité en matière de critères d'accréditation à la pratique professionnelle. Une ou plusieurs associations existent dans chaque province. Les deux plus vieilles sont la BC Psychological Association, fondée en 1938, et L'Ordre du Québec, établi en 1944 et qui devient en 1962 la Corporation professionnelle des psychologues du Québec.

Il y a maintenant plus de 12 000 psychologues accrédités au Canada qui offrent des services dans les domaines traditionnels de la psychologie appliquée et dans les domaines en émergence, comme la psychologie de la santé et la psychologie légale.


Lecture supplémentaire

  • K. Dobson et al, eds, Professional Psychology in Canada (1993).