Frappier, Roger

Frappier quitte l'ONF en 1986 pour fonder Max Film avec Pierre Gendron.

Frappier, Roger
Le metteur en sc\u00e8ne, Roger Frappier (avec la permission du Toronto International Film Festival Group).

Frappier, Roger

Roger Frappier, réalisateur et producteur (Sorel, Qc, 14 avril 1945). Roger Frappier occupe des postes dans tous les domaines de l'industrie cinématographique, de critique de film à réalisateur commercial de télévision jusqu'à réalisateur et producteur du documentaire expérimental Le Grand Film ordinaire avant de trouver sa véritable vocation comme producteur. Au début des années 1980, alors qu'il fait partie de l'OFFICE NATIONAL DU FILM (ONF), il forme une équipe de scénaristes et réalisateurs pour développer des comédies urbaines mordantes. C'est de ce processus mis en marche par Frappier que naît le scénario du DÉCLIN DE L'EMPIRE AMÉRICAIN (1986), le film de Denys ARCAND. Grâce au succès phénoménal obtenu par ce film, Frappier devient l'un des plus grands producteurs de longs métrages du Québec.

Frappier quitte l'ONF en 1986 pour fonder Max Film avec Pierre Gendron. En 1987, il produit Un zoo la nuit de Jean-Claude LAUZON, qui remporte treize prix Génie, un record! Le nom de Frappier est associé à de nombreux autres films : Anne Trister (Léa POOL, 1986), Pouvoir intime (Yves Simoneau, 1986), JÉSUS DE MONTRÉAL (Denys Arcand, 1989), Ding et Dong, le film (Alain Chartrand, 1990), La Vie fantôme (Jacques LEDUC, 1992), L'enfant d'eau (Robert Ménard, 1994), Sous-sol (Pierre Gang, 1996) et La Comtesse de Bâton Rouge (André FORCIER, 1997) ainsi que Cosmos (un collectif réunissant six nouveaux cinéastes, 1997). L'équipe de Cosmos continue sur sa lancée et réalise trois films les plus célèbres du cinéma québécois d'aujourd'hui : Un 32 août sur terre (1998) et Maelström (2000) de Denis Villeneuve ainsi qu'Un Crabe dans la tête (2001), réalisé par André Turpin, révélant ainsi le flair de Frappier pour découvrir de nouveaux talents. Sa production de 2003, le charmant long métrage LA GRANDE SÉDUCTION est l'un des films ayant généré le plus de recettes sur le marché intérieur des salles de cinéma de l'histoire cinématographique du Canada.

À l'exception de Dernier glacier (1984), réalisé en collaboration avec Jacques Leduc, qui mêle des éléments documentaires et la fiction, les documentaires réalisés par Frappier (p. ex. Le Grand Film ordinaire, 1970, et L'Infonie inachevée..., 1973) témoignent d'un grand intérêt pour les processus de création artistique. En 1974, Frappier s'initie à la production en collaborant avec Bernard Lalonde au documentaire On a raison de se révolter. L'année suivante, il s'en va aux États-Unis et collabore avec Robert Altman à la production de Nashville. En 1991, Frappier met un terme à sa collaboration professionnelle avec Pierre Gendron. En 1998, Luc Vendal se joint à Max Films et produit avec Frappier en moyenne au moins un film par an.

Parmi les nombreux prix reçus par Frappier, mentionnons le prix Génie du meilleur film et le Golden Reel pour Le déclin de l'empire américain (qui obtient une nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère), le prix Génie du meilleur film pour Un Zoo la nuit, le prix Génie du meilleur film et le Golden Reel pour Jésus de Montréal (qui obtient une nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère), le Golden Reel pour Ding et Dong, le film et un autre prix Génie du meilleur film pour Maelström.

Par ses nombreuses prises de position pour défendre les droits des réalisateurs, protester contre l'abolition des abris fiscaux et exhorter les gouvernements à investir davantage dans la culture, Frappier a acquis une réputation de militant qui, ajoutée à la qualité de ses productions, fait de lui une vedette de l'industrie cinématographique. En 1999, il lance le prix Jutra, le prix du film québécois.


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