Roy Thomson Hall

Créée par la firme d'architectes Arthur Erickson/Mathers and Haldenby de Toronto, avec conception acoustique de Theodore J. Schultz de Bolt, Beranek and Newman Inc.

Roy Thomson Hall

Roy Thomson Hall. Salle de concert de Toronto pouvant accueillir 2630 personnes, située dans un bloc bordé par les rues King, Simcoe et Wellington. La salle est gérée par la Corporation of Massey Hall and Roy Thomson Hall et c'est là que jouent l'Orchestre symphonique de Toronto (OST) et le Chœur Mendelssohn de Toronto. La collecte de fonds commence en 1977 grâce à Pierre Trudeau, William Davis, Paul Godfrey et David Crombie, les présidents honoraires. La construction débute en 1978, et la salle est nommée peu après son inauguration, le 13 septembre 1982, en reconnaissance du don de 4,5 millions de dollars de la famille Thomson.

Caractéristiques de la salle

Créée par la firme d'architectes Arthur Erickson/Mathers and Haldenby de Toronto, avec conception acoustique de Theodore J. Schultz de Bolt, Beranek and Newman Inc. de New York, la salle est dotée d'une voûte curviligne distinctive recouverte de verre alvéolé qui renferme les aires du foyer et l'auditorium. Avant les importantes rénovations de 2002, la salle sphérique en béton armé contient 2812 sièges. Le parterre de l'auditorium contient 1095 sièges disposés à la manière continentale, 9 « nacelles » avec 670 sièges à la mezzanine, un balcon en forme de fer à cheval, comprenant 11 sections totalisant 928 sièges, et 119 places non réservées à la tribune du chœur qui entoure la scène. Cette dernière est de 24,3 m de large à l'avant, de 1,47 m à l'arrière et d'une profondeur de 11,4 m. Son acoustique est contrôlée au moyen de disques acryliques réfléchissants ajustables, suspendus au-dessus de l'espace scénique, et par des bannières en tissu rétractable.

La salle de concert reçoit maintes critiques, en particulier de la part de l'OST, au sujet de son ambiance austère et de l'acoustique froide. Les plans de rénovation commencent en 1989, et, du 11 mars au 9 août 2002, le Roy Thompson Hall est fermé. La salle rouvre ses portes pour le concert de gala du 21 septembre. Le projet de rénovation de 24 millions de dollars, dirigé par les acousticiens Artec Consultants Inc de New York ainsi que les architectes Kuwabara Payne McKenna Blumberg de Toronto, est en fait une révision de l'acoustique, de la taille et de la forme de la salle. Les réflecteurs sonores acryliques sont remplacés par deux auvents en bois ajustables, dont l'un au centre de la salle et l'autre au-dessus de la scène. La scène est agrandie de 3 pi vers le public et recouverte d'érable canadien résonant. La disposition des sièges est reconfigurée, et l'auditorium est isolé du reste du bâtiment pour éliminer les bruits parasites. L'ajout de 23 édicules en bois au niveau du balcon est sûrement l'aspect le plus important de ces rénovations, puisqu'il donne une forme de « boîte à chaussures » à la salle, réduisant ainsi son volume à 850 000 pi 3 et sa capacité à un plus intime 2 630 sièges. Une nouvelle salle d'accueil complète les rénovations en 2004.

Une grande salle de répétition, un salon vert, des loges d'artistes, des aires de repos pour les musiciens et des équipements d'arrière-scène (dont un espace réservé aux émissions et enregistrements), ainsi que les bureaux de la Corporation et ceux de leurs principaux locataires sont tous situés au sous-sol.

L'élément central de l'auditorium est son orgue, fabriqué par Gabriel Kney, avec l'aide d'Andrew Davis et de Hugh McLean pour la conception sonore. L'instrument compte quatre claviers manuels, un pédalier, 71 jeux et 5 207 tuyaux. Il possède deux consoles : un clavier fixe à la galerie qui contrôle la traction mécanique de l'orgue et un clavier électronique mobile pour son usage au niveau de la scène. Kney remet l'orgue à neuf pendant les rénovations de 2002. Le Roy Thomson Hall fait l'acquisition du grand piano de concert Yamaha CF-2 de la succession de Glenn Gould en 1983.

Le premier concert du festival de gala inaugural, du 13 au 25 septembre 1982, inclut deux commandes : Fanfare de Raymond Luedeke pour l'OST et Sun de R. Murray Schafer pour le Chœur Mendelssohn de Toronto. Anne Murray, le Canadian Brass, Gordon Lightfoot, Raffi, une production de la Canadian Opera Company de Capriccio et les Elmer Iseler Singers, entre autres, participent à cet avant-goût de la variété des présentations qui continuent à prendre place dans cette salle rarement obscure. Elle est le site de festivals, de démonstrations commerciales, de galas royaux, de célébrations de centenaires, de concerts pop, rock et jazz, d'expositions et d'événements sociaux, en plus des prestations de l'OST et du Chœur Mendelssohn. Parmi les performances célèbres figurent le Gala du millénaire, le 31 décembre 1999, auquel participent Isabel Bayrakdarian, Russel Braun, Measha Brueggergosman, Tracy Dahl, Frances Ginzer, Ben Heppner, Richard Margison, Brett Polegato, Gino Quilico, Catherine Robbin, Michael Schade et Jean Stilwell (SMCD 5198 CBC Records, 2000), ainsi que le gala du jubilé d'or de la reine Élisabeth II, le 10 octobre 2002, avec des prestations de l'OST, du Chœur Mendelssohn de Toronto, de Ginette Reno, de The Tragically Hip et du Oscar Peterson Quartet. La Corporation (reprenant une politique de Massey Hall) agit aussi comme impresario et présente des séries annuelles consacrées à l'orchestre, à l'orgue, au chant, aux chœurs et à divers instruments par des artistes internationaux.

Programmes de sensibilisation

Un comité de bénévoles crée en 1984 le prix Roy Thomson Hall pour reconnaître les contributions les plus remarquables à la vie musicale de la communauté urbaine de Toronto. Cette distinction est administrée par la Toronto Arts Council Foundation depuis 2002 et est accordée à Victor Feldbrill (1985), Jean Ashworth Bartle (1986), Oscar Peterson (1987), James Campbell (1989), William Littler (1990), John Weinzweig (1991), Roger D. Moore (2002), Molly Johnson (2004), Jeanne Lamon (2006) et Richard Underhill (2008). Depuis 1999, le programme « Share the Music » offre trois représentations au Roy Thomson Hall pour les enfants de 8 à 18 ans. Le magazine de la Corporation, Performance (intitulé Bravo de 1985 à 1995), est publié tous les deux mois.

Administration

Président du conseil de Massey Hall (1972-1988), Edward A. Pickering est la figure dominante dans la réalisation d'une nouvelle salle de concert pour Toronto. Il demeure président de la Corporation et président du conseil jusqu'à ce que John B. Lawson lui succède en 1988. Les gérants généraux du Roy Thomson Hall sont William Armstrong (1981-1983), Geoffrey F. Butler (1983-1989, qui est aussi directeur général en 1990-1991) et A. David M. Taylor (1989-1991). Muriel Sherrin est nommée directrice artistique en 1990. Charles S. Cutts devient président directeur général en 1992.

Le Roy Thomson Hall fonctionne indépendamment, sans aucune subvention gouvernementale directe.

Bibliographie

« Roy Thomson Hall », suppl. au Globe and Mail (Toronto, 8 septembre 1982).

Ulla COLGRASS, « Roy Thomson Hall », Music, V (septembre-octobre 1982).

Christopher WEAIT, « Hard hats and photo calls: a musician's diary », Toronto Symphony (novembre-décembre 1982).

Gaynor JONES, « La Naissance d'une salle », Mcan, 49 (janvier 1983).

Jaak LIIVOJA-LORIUS, « The Roy Thomson Hall », Strad, XCIII (mars 1983).

Don ROOKE, « The Modern acoustics of Thomson Hall: clarity before warmth », PfAC, XX (hiver-printemps 1983).

Urjo KAREDA, « Scores to settle », SatN (septembre 1983).

Lorraine DMITROVIC, « Roy Thomson Hall one year later », Canadian Stereo Guide, XII (octobre-novembre 1983).

Mary ORTVED, « On the acoustics of Roy Thomson Hall », Bravo (mars-avril 1985).

Jo CURRIE, « Three-storey organ and organist's stories », Toronto Star (30 janvier 1987).

Adele FREEDMAN, « Elegant landmark retains appeal », Globe and Mail, (Toronto, 16 septembre 1989).

Colin EATOCK, « Artec to the rescue: Toronto's Roy Thomson Hall gains new lease on life », Opus (hiver 2002).

Richard PALMER, « Fine-tuning Roy Thomson Hall », Globe and Mail (Toronto, 13 août 2002).

William LITTLER, « Time to sound out Roy Thomson renovations », Toronto Star (21 septembre 2002).

Colin EATOCK, « $20 million well spent », Wholenote, VIII, no 2 (1e octobre-7 novembre 2002).

Richard PERRY, « Roy, you never sounded so good... », Ottawa Citizen (5 octobre 2002).

William LITTLER, « Hall mark », Toronto Star (6 octobre 2007).