Salles de concert et d'opéra

La plupart des constructions du XVIIIe et du XIXe siècles n'ont pas survécu aux incendies et à la démolition. Cependant, des voyageurs et des habitants ont laissé de brèves descriptions de ces premiers édifices.

EPCOR CENTRE for the Performing Arts
Le EPCOR CENTRE for the Performing Arts présente du théâtre, de la musique symphonique, de l'opéra ainsi que d'autres événements (photo de John Dean/Take Stock Inc).
Jack Concert Singer Concert Hall
Carthy orgue situé dans le hall du EPCOR CENTRE for the Performing Arts. Pour entendre l'ouverture du Concerto en g mineur de Francis Poulenc, interprétée par L'Orchestre philharmonique de Calgary, et Patrick Wedd à l'orgue, cliquez sur le bouton \u00ab Son \u00bb (avec la permission de la Société Radio-Canada).

Salles de concert et d'opéra

 Au moment de la colonisation du Canada, au XVIIe et au XVIIIe siècles, on accorde la priorité aux bâtiments destinés à la défense, à l'hébergement et au culte religieux. Une fois ces constructions essentielles achevées et l'ordre social établi, les habitants songent alors au divertissement. Au Québec et dans les Maritimes, les premiers concerts et les premières représentations théâtrales ont lieu dans ce que les journaux du XVIIIe siècle appellent des salles de concert ou des théâtres. En fait, les spectacles sont généralement présentés dans la salle de réunion d'un hôtel ou d'une auberge, à l'étage supérieur d'une taverne ou dans la salle locale de rassemblement des ouvriers spécialisés. Au cours des deux dernières décennies du XVIIIe siècle et particulièrement durant la première moitié du XIXe siècle, on présente régulièrement des concerts et des pièces de théâtre à Québec (Thespian Theatre, Marchant's Coffee House, Frank's Tavern), à Montréal (THÉÂTRE ROYAL, Dillon's Hotel, Salle de spectacle), à Halifax (British Tavern, Theatre Royal), à Saint-Jean (Mallard's Long Room), à St. John's, à Terre-Neuve, (Globe Tavern) et, à la fin du XIXe siècle, à Toronto (St. Lawrence Hall).

La plupart des constructions du XVIIIe et du XIXe siècles n'ont pas survécu aux incendies et à la démolition. Cependant, des voyageurs et des habitants ont laissé de brèves descriptions de ces premiers édifices. Par exemple, William Dyott, un lieutenant de l'armée britannique en poste à Halifax, décrit dans son journal la première salle construite dans les Maritimes pour le théâtre, l'opéra et les variétés : « Février 1789 : Les officiers en garnison se sont pourvus d'un nouveau théâtre Pour ce qui est de sa grandeur, il s'agit d'une chose complète en soi comme je n'en ai jamais vu. Des loges, un premier et un second balcon. » Dès le milieu du XIXe siècle, les artistes en tournée disposent d'installations adéquates dans plusieurs villes du centre du Canada. « Notre séjour à Hamilton a été marqué par un succès professionnel remarquable. Nous avons joué au Mechanics' Hall. C'est une bonne salle pour le chant, elle est bien située et passablement bon marché (15 $ la soirée) Nous avons également joué au Templar's Hall, une petite salle charmante qui mérite d'être essayée pour tout genre de spectacles. » (Horton Rhys, A Theatrical Trip for a Wager, 1861).

Avec l'avènement des compagnies théâtrales et musicales ambulantes, entre 1870 et 1900, on construit une série d'opéras dans tout le Canada. Ces établissements constituent l'un des premiers facteurs de développement culturel au Canada. Avec l'achèvement du chemin de fer d'est en ouest, les artistes peuvent voyager de façon économique et efficace. En 1900, Montréal, Ottawa, Kingston, Winnipeg, Vancouver et plusieurs autres villes de moindre importance possèdent déjà leurs salles de spectacle. Même Dawson City et Barkerville ont un opéra, monuments à l'extravagance de la ruée vers l'or. Le nom d'opéra est quelque peu trompeur, en ce sens que les pièces de théâtre, les spectacles de variétés et les démonstrations de tours d'adresse constituent les attractions les plus courantes.

Certains des premiers opéras peuvent accueillir entre 1000 et 2000 personnes. Le MASSEY HALL de Toronto, ouvert en 1894, contient 4000 sièges. Il est le meilleur exemple d'une salle de concert conçue à l'origine pour des représentations d'envergure avec choeur et grand orchestre. Cependant, durant la première moitié du XXe siècle, seules quelques villes possèdent des salles de concert et d'opéra pour ces usages particuliers. La plupart des vieux opéras, s'ils ne sont pas détruits, deviennent des salles de cinéma. Les concerts et les représentations d'opéra ont lieu dans les auditoriums d'écoles secondaires, les centres sportifs ou d'autres endroits de fortune.

   Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, on recommence à construire des salles de concert et d'opéra, ainsi que de vastes complexes artistiques aux fonctions multiples, ou on les rénove. La PLACE DES ARTS (Montréal), le Centre des arts de la Confédération (Charlottetown), le CENTRE NATIONAL DES ARTS (Ottawa), le Grand Théâtre de Québec (Québec), le Saskatchewan Centre of the Arts (Regina), la Hamilton Place (Hamilton), l'Orpheum Theatre (Vancouver), le Roy Thomson Hall (Toronto) et les deux auditoriums Jubilee (Calgary et Edmonton) en sont quelques exemples. Le Jack Singer Hall, une salle de 1800 sièges qui fait partie du Calgary Centre for Performing Arts, ouvre ses portes en septembre 1985. Ces établissements sont les foyers des orchestres locaux, qui présentent des séries de concerts à la population locale. De plus, ces salles présentent des artistes en tournée venus d'Amérique du Nord ou d'outre-mer, et offrent un programme artistique d'une grande diversité à chaque saison.