Scierie

Les scieries plus grosses, qui coupent des billots pour l'exportation, sont moins nombreuses et ont une importance beaucoup plus grande. Dotées de scies alternatives à lames multiples et de machines accessoires, elles produisent plus rapidement du bois d'oeuvre de meilleure qualité.


Scierie

  Les scieries sont une caractéristique familière des paysages de l'Est canadien au XIXe siècle. Les premières scieries sont des constructions simples et bon marché, mues par la force de l'eau, généralement équipées d'une seule lame à va-et-vient et d'un chariot à rochet manuel pour alimenter la lame en billots. Elles servent à couper des billots de la région pour les habitants des alentours. Le sciage est lent : une journée de travail peut produire quelque 500 planches. Construites à côté ou avec un moulin à farine et à proximité d'une forge, les scieries sont souvent l'élément central d'un village en expansion, bien que le travail y soit saisonnier et souvent à mi-temps.

Les scieries plus grosses, qui coupent des billots pour l'exportation, sont moins nombreuses et ont une importance beaucoup plus grande. Dotées de scies alternatives à lames multiples et de machines accessoires, elles produisent plus rapidement du bois d'oeuvre de meilleure qualité. Après 1840, les nouvelles techniques leur permettent d'accroître leur taille et leur efficacité. Des scies circulaires sont utilisées pour le délignage et l'équarrissage. La scie à ruban tournant en continu remplace presque partout la scie à lame à va-et-vient après 1890. Des rouleaux et des chaînes à billes alimentent la scierie. La puissance à la vapeur, de plus en plus courante après le milieu du siècle, rend possible une coupe plus rapide et plus soutenue en plus de permettre d'installer la scierie n'importe où. L'éclairage électrique réduit les dangers d'incendie posés par le travail de nuit. En 1830, une grosse scierie peut produire 7 500 m par jour; en 1850, 18 000 m par jour n'est plus exceptionnel; en 1900, cela pourrait être 180 000 m. Ces augmentations de production exigent des investissements massifs, ce qui mène à la concentration géographique de l'industrie et à la domination d'un nombre relativement restreint d'entreprises.