Site archéologique McDonald

 Le site McDonald, qui date d'environ 1320 de notre ère (période du Sylvicole supérieur), représente le plus ancien village iroquoien découvert à ce jour au Québec.

Fouille du site McDonald lors d'un stage de l'École de fouilles de l'Université de Montréal (avec la permission de la MRC du Haut-Saint-Laurent, photo Michel Gagné)
Dégagement d'une portion du plancher d'occupation d'une maison longue du site McDonald montrant un ensemble complexe de structures, dont des fosses garde-manger ou à déchet et des foyers (avec la permission de la MRC du Haut-Saint-Laurent, photo Michel Gagné)
Fragments de vases céramiques retrouvés sur le site McDonald (avec la permission de Michel Gagné)
Vestiges osseux de mammifères et de poisons provenant des résidus culinaires des Iroquoiens du site McDonald (avec la permission de Michel Gagné)
L'équipe de fouilles de la MRC du Haut-Saint-Laurent sur le site McDonald (avec la permission de la MRC du Haut-Saint-Laurent, photo Nicolas Zorzin)
Fouille sur le site McDonald par l'équipe de fouilles de la MRC du Haut-Saint-Laurent (avec la permission de la MRC du Haut-Saint-Laurent, photo Michel Gagné)

Site archéologique McDonald

Le site McDonald est un ancien village iroquoien qui se trouve dans l'arrière-pays de Saint-Anicet, une petite municipalité située dans le sud-ouest québécois, à environ 70 kilomètres en amont de Montréal. Le gisement archéologique est situé sur une petite terrasse d'un coteau d'origine glaciaire de faible élévation, à près de 4 kilomètres à vol d'oiseau du fleuve SAINT-LAURENT. Un des tributaires de la rivière La Guerre longe le site à environ 100 mètres de distance. Le site a été découvert en 1992 par l'équipe de l'archéologue Michel Gagné lors d'un inventaire archéologique réalisé pour le compte du musée de la Pointe-du-Buisson, avec la participation financière du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec. Par la suite, les fouilles se sont déroulées de façon discontinue sur une période de 7 ans entre 1992 et 2007. La MRC du Haut-Saint-Laurent est le promoteur du projet depuis 1994.

Le site McDonald, qui date d'environ 1320 de notre ère (période du Sylvicole supérieur), représente le plus ancien village iroquoien découvert à ce jour au Québec. À l'instar des sites DROULERS-TSIIONHIAKWATHA et MAILHOT-CURRAN, situés également dans la région de Saint-Anicet, le site McDonald est relié à l'occupation du territoire par les Iroquoiens du Saint-Laurent (voirAUTOCHTONES : FORÊTS DE L'EST), un groupe d'agriculteurs sédentaires que l'explorateur français Jacques CARTIER rencontre à l'occasion de ses voyages sur le fleuve Saint-Laurent (de 1534 à 1536), notamment à HOCHELAGA et STADACONÉ.

Les Iroquoiens du Saint-Laurent font partie de la grande famille linguistique et culturelle iroquoienne, elle-même composée d'une dizaine de nations distinctes qui occupent principalement les régions de l'État de New York et de la Pennsylvanie ainsi que le sud de l'Ontario et du Québec. Ce sont notamment les Hurons ou Wendats, les Neutres, les Pétuns, les Ériés, les Cayugas, les Onondagas, les Oneidas, les Mohawks et les Senecas. Les cinq dernières tribus forment la Ligue des Cinq Nations que l'on appelle communément « les IROQUOIS». Ces peuples partagent des modes de vie et des traits culturels comparables. Entre autres, ils sont tous des cultivateurs sédentaires et habitent à longueur d'année au sein de villages qui se composent de MAISONS LONGUES partagées par plusieurs familles appartenant au même clan maternel (à l'exception des époux qui intégraient le clan de la conjointe).

Le gisement archéologique du site McDonald démontre un état de conservation exceptionnel, si bien qu'il représente actuellement le seul village totalement intact retrouvé sur tout le territoire québécois. Jusqu'à maintenant, le site a révélé les vestiges de 3 maisons longues ayant hébergé tout au plus 100 individus. Ces habitations étaient de forme rectangulaire allant de 15 à 30 mètres (50 à 100 pieds) de longueur par environ 6 mètres (20 pieds) de largeur et autant de hauteur. Elles étaient composées de perches de bois pliées et courbées reliées par des cordages et enfoncées dans le sol. Le toit en forme d'arche était recouvert de larges pans d'écorce de cèdre et quelquefois d'orme. Plusieurs foyers étaient alignés le long du couloir central où se trouvaient de part et d'autre des banquettes de couchage. On accédait généralement à l'intérieur des maisons longues par des portes situées aux extrémités. La taille réduite du site McDonald, qui couvre seulement un acre, devait être typique des villages de cette période.

À ce jour, 60 000 objets domestiques constitués en grande majorité de portions de vases en céramique, de fragments de pipes et d'ossements d'animaux ont été découverts lors des fouilles. Parmi ceux-ci, on retrouve également des outils en pierre dont des haches pour fendre le bois, des meules pour moudre les végétaux et des outils en os qui servaient entre autres à travailler le cuir et l'écorce. Les indices de plantes cultivées demeurent toutefois extrêmement rares sur le site et seul le maïs semble avoir à l'occasion figuré au menu quotidien de ces premiers cultivateurs québécois. En fait, les restes de MAÏS récupérés lors des fouilles sont considérés maintenant comme les plus vieux trouvés dans un contexte villageois au Québec.

Selon toute vraisemblance, l'occupation sur le site McDonald semble s'être déroulée en deux ou trois moments distincts. En premier lieu, le site pourrait avoir servi de camp de base ou correspondrait plus probablement à un petit hameau saisonnier qui a précédé l'implantation même du village. Une deuxième séquence d'occupation aurait suivi avec l'établissement de maisons longues beaucoup plus spacieuses et à caractère plus sédentaire. Un peu plus tard, soit vers le milieu du XVe siècle, on retrouvera les descendants de ces mêmes communautés au sein de villages beaucoup plus imposants, tel que le site Droulers/Tsiionhiakwatha, situé à quelques kilomètres plus à l'intérieur des terres.


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