Tim Horton

Miles Gilbert (Tim) Horton, joueur de hockey, entrepreneur (né le 12 janvier 1930 à Cochrane, en Ontario; décédé le 21 février 1974 à St. Catharines, en Ontario).

Tim Horton

Miles Gilbert (Tim) Horton, joueur de hockey, entrepreneur (né le 12 janvier 1930 à Cochrane, en Ontario; décédé le 21 février 1974 à St. Catharines, en Ontario). Tim Horton était l’un des meilleurs défenseurs de l’époque des « six équipes originales » de la Ligue nationale de hockey (LNH). Il a passé la majeure partie de sa carrière avec l’équipe des Maple Leafs de Toronto. Un indélogeable de la ligne bleue, il est respecté pour sa force et son talent impressionnants. En tant que membre des Maple Leafs, Tim Horton fait partie de quatre équipes gagnantes de la Coupe Stanley. Bien que beaucoup le connaissent pour sa carrière de hockeyeur professionnel, l’un de ses héritages les mieux connus demeure sa franchise de cafés éponyme, Tim Hortons.

Débuts

Fils d’Aaron et Ethel Horton, Miles Gilbert Horton est né au début de l’année 1930 à Cochrane, en Ontario, à plus de 700 km au nord de Toronto. Il reçoit les prénoms de ses deux grands-pères, mais sa mère préfère « Tim », et le surnomme ainsi dès sa naissance.

La famille Horton déménage à Duparquet, au Québec, en 1936; c’est là que Tim Horton apprend à jouer au hockey. Les Horton ne demeurent pas longtemps au Québec, retournant à Cochrane après seulement quelques années. Revenu dans le nord de l’Ontario, Tim Horton continue de perfectionner ses talents de hockeyeur. Il marque huit buts durant sa dernière partie à Cochrane, menant son équipe à la victoire. La famille de Horton, Tim alors âgé de 15 ans, déménage à Sudbury, où il est enrôlé dans l’équipe des Copper Cliff Jr Redmen, de l’Association de hockey du Nord de l’Ontario, pour la saison 1946-1947. Tim Horton acquiert alors une réputation de solide défenseur, tout en prouvant qu’il peut également patiner et marquer des buts comme un véritable joueur d’attaque.

Un an plus tard, il est repéré par les Maple Leafs de Toronto, et signe un contrat avec l’équipe, ce qui lui permet de s’inscrire au St. Michael’s College pour continuer de jouer au hockey tout en poursuivant sa scolarité. Il commence alors à jouer pour l’équipe du collège, les Majors, qui font partie de l’Association de hockey de l’Ontario. Surnommés les St. Mike’s Majors, l’équipe sert aussi de bassin de recrues pour les Maple Leafs de Toronto. Au cours de sa première saison, Tim Horton récolte 137 minutes de pénalité, un record de l’Association de hockey de l’Ontario. Bien qu’il soit retenu pour la liste de réserve des Maple Leafs de Toronto en 1947, il n’est pas encore tout à fait prêt pour la Ligue nationale de hockey. Au cours de la saison suivante (1948-1949), il continue de parfaire sa réputation de défenseur coriace, mais fait également la démonstration de ses habiletés plus spécifiques; il remporte ainsi les grands honneurs de l’Association de hockey de l’Ontario, étant nommé meilleur joueur de défense de la ligue.

En septembre 1949, Tim Horton est convié au camp des Maple Leafs à St. Catharines, en Ontario. Il fait forte impression au camp, ce qui le mène à un contrat avec les Hornets de Pittsburgh, le bassin de recrues des Maple Leafs dans la Ligue américaine de hockey.

Débuts professionnels

Pour préparer Tim Horton à sa future position au sein des Maple Leafs de Toronto, le propriétaire de l’équipe, Conn Smythe, lui offre un contrat de trois ans avec les Hornets de Pittsburgh, leur équipe affiliée dans la Ligue américaine de hockey. Tim Horton fait donc ses débuts en tant que hockeyeur professionnel avec les Hornets pendant la saison 1949-1950. Au cours de sa deuxième saison à Pittsburgh, son équipe fait partie du championnat et l’emporte contre les Reds de Providence, remportant le trophée Calder de 1952.

Pendant son séjour dans la Ligne américaine de hockey, Tim Horton joue quelques parties avec les Maple Leafs; après sa saison victorieuse avec les Hornets, il ne tarde pas à décrocher un poste permanent dans l’équipe de Toronto.

Carrière dans la LNH

Tim Horton se met à jouer à temps plein pour les Maple Leafs pendant la saison 1952-1953, entamant ce qui deviendra une longue carrière d’habitué de la ligne bleue de l’équipe de Toronto.

Tim Horton subit toutefois une grave blessure dès le début de sa carrière avec les Maple Leafs. Alors qu’il ne reste que quelques semaines à la saison 1954-1955, il se casse la mâchoire et la jambe lors d’une collision d’une rare violence avec Bill Gadsby, un joueur des Rangers de New York. Il ne peut retourner au jeu qu’à la moitié de la saison suivante et a alors de la difficulté à retrouver son rythme.

Entre le 11 février 1961 et le 4 février 1968, il prend part à 486 rencontres consécutives avec les Maple Leafs, un record du club qui tient encore aujourd’hui. Plus remarquable encore, il fait partie intégrante de quatre équipes gagnantes de la Coupe Stanley, parmi lesquelles trois victoires consécutives entre 1962 et 1964.

Le 3 mars 1970, il est cédé aux Rangers de New York, ce qui met fin à une carrière chez les Maple Leafs qui s’est étendue sur près de 2 décennies et comprenant 1 185 parties. Un an plus tard, bien qu’il ait exprimé le désir de prendre sa retraite, les Penguins de Pittsburgh le réclament lors d’un échange intraligue. Il signe donc un contrat avec les Penguins et joue pour eux jusqu’en 1972, année où il est de nouveau échangé au sein de la ligue et se retrouve cette fois chez les Sabres de Buffalo. À l’époque, l’entraîneur et directeur général des Sabres est Punch Imlach, qui a été l’entraîneur de Tim Horton pendant ses jours de gloire avec les Maple Leafs. Punch Imlach connaît bien Tim Horton, et sait reconnaître le talent et l’expérience qu’il pourra mettre au service de la franchise débutante de Buffalo.

Décès

Après une partie à Toronto, Tim Horton décide de retourner à Buffalo au volant de sa Ford Pantera plutôt que de monter à bord du bus avec le reste de l’équipe. Aux premières heures du 21 février 1974, Tim Horton perd le contrôle de sa voiture sport et se tue sur l’autoroute Queen Elizabeth Way, près de St. Catharines. Il conduisait alors excessivement vite (à plus de 160 km/h) et était sous l’influence de l’alcool. La nouvelle de sa mort ébranle la Ligue nationale de hockey; certains de ses coéquipiers des Sabres sont si atterrés qu’ils se sentent incapables de revêtir l’uniforme pour leur prochaine partie.

Entrepreneuriat et Tim Hortons

Bien que Tim Horton soit un joueur élite de l’une des équipes les plus célèbres de la ligue, les joueurs à l’époque des « six originaux » ne touchent pas le genre de salaire que l’on associe aujourd’hui aux vedettes de la Ligue nationale de hockey. Tim Horton ayant une grande famille, soit sa femme, Lori, et leurs quatre filles (Jeri-Lyn, Kim, Kelly et Tracy), il doit souvent travailler pendant la saison morte pour compléter son revenu. Il trouve des emplois d’été, travaillant notamment au Brewer’s Retail (le Beer Store) et pour l’entreprise de gravier de Conn Smythe, mais son esprit d’entrepreneur le pousse à faire l’acquisition de commerces. Il achète donc un restaurant de hamburgers à Scarborough, ainsi qu’un concessionnaire automobile de Toronto. En compagnie de son frère Gerry, il ouvre encore un restaurant, le Big Seven, à North Bay, en Ontario dans les années 1960. C’est toutefois un autre établissement qui deviendrait son héritage le mieux connu.

En 1964, Tim Horton ouvre un petit café beignerie, qu’il nomme simplement « Tim Horton »; c’est ce café qui deviendrait plus tard une franchise canadienne bien établie. Il ouvre son premier café beignerie sur la rue Ottawa à Hamilton, en Ontario; il y vend du café pour 25 sous, et sert ses créations culinaires, parmi lesquelles le beignet aux pommes et le fameux « Dutchie ». La boutique fait un malheur. Tim Horton décide donc d’en faire une franchise, et Ron Joyce devient son premier franchisé. Le café de Hamilton devient alors le modèle pour une immense chaîne canadienne, avec à sa tête Ron Joyce et Tim Horton, partenaires à part entière.

En 1974, l’année du décès de Tim Horton, Ron Joyce met sur pied la Fondation Tim Horton pour les enfants. L’année suivante, il achète les parts de l’entreprise, détenues par la famille Horton. En 1995, Tim Hortons est achetée par Wendy’s International, Inc. Cette année-là, la millième franchise ouvre ses portes à Ancaster, en Ontario, pas très loin du tout premier café. En 2006, Tim Hortons entreprend des démarches pour redevenir une entreprise publique canadienne, une restructuration de l’entreprise qui prend fin en 2009. Cinq ans plus tard, Tim Hortons est fusionnée avec Burger King, une opération fortement médiatisée d’une valeur de plus de 12 milliards de dollars.

On dénombre aujourd’hui plus de 3 500 franchises Tim Hortons au Canada, près de 1 000 aux États-Unis et 38 dans le golfe Persique. Malheureusement, Tim Horton n’a jamais eu la chance de voir une franchise dans sa ville natale de Cochrane. La ville du nord de l’Ontario n’a eu son café Tim Hortons qu’en 1994, 30 ans après l’ouverture du premier café, à Hamilton.

L’entreprise fait honneur à l’esprit sportif de Tim Horton, notamment à travers le programme Timbits Minor Sports. Chaque année, Tim Hortons parraine des milliers d’enfants âgés de quatre à huit ans à travers le Canada et les États-Unis pour leur offrir la chance de pratiquer un sport, qu’il s’agisse du soccer, du baseball ou, bien entendu, du hockey.

Records et reconnaissance

Si l’héritage le mieux connu de Tim Horton demeure sa chaîne de cafés, on se souvient aussi de son importante contribution aux Maple Leafs de Toronto durant sa carrière de près de 20 ans au sein de l’équipe. Il demeure pour beaucoup l’un des joueurs les plus forts de son sport. En 1 446 parties en saison régulière dans la LNH, Tim Horton marque 115 buts, récolte 403 aides et accumule 1 611 minutes de pénalité.

Au cours de sa carrière, Tim Horton fait partie de quatre équipes gagnantes de la Coupe Stanley, est choisi pour faire partie de la première et la deuxième équipe des étoiles de la Ligue nationale de hockey à trois reprises pour chacune, et reçoit en 1969 la Coupe Mémorial JP Bickell. En 1977, il est introduit au Temple de la renommée du hockey de manière posthume. Au cours de la saison 1995-1996, les Sabres de Buffalo retirent le chandail no 2 de Tim Horton; les Maple Leafs honorent aussi le no 7, qu’il a porté pendant ses années à Toronto. En 1995, il est choisi parmi les joueurs de l’équipe étoile toutes époques confondues chez les Maple Leafs. Sa ville natale de Cochrane rend hommage à Tim Horton en fondant un musée à son honneur, qui fait désormais partie du Tim Horton Events Centre.

Le 3 octobre 2014, Postes Canada imprime une collection de timbres, hommage à six défenseurs légendaires de l’époque des six équipes originales de la Ligue nationale de hockey (1942-1967) : Tim Horton y figure aux côtés de Bobby Orr, Pierre Pilote, Red Kelly, Doug Harvey et Harry Howell.


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