Pleins feux sur Toronto : le parc Trinity-Bellwoods



« Enterrez le ruisseau! »

En 1884, le cas du ruisseau Garrison fait partie des dossiers municipaux urgents à cause de son impact potentiellement nocif. L’état du ruisseau, et la demande des électeurs d’enterrer le cours d’eau, amènent le maire Arthur Boswell à déclarer qu’il est « absolument nécessaire » d’enterrer le ruisseau parce qu’il participe au drainage de la ville, « mais aussi pour des raisons sanitaires, ce cours d’eau n’étant rien d’autre qu’un égout à ciel ouvert qui est devenu une nuisance pour ceux qui résident à proximité ».

Le ruisseau Garrison est alors le cours d’eau le plus important entre les rivières Don et Humber. Son nom provient du fait qu’il est proche de la garnison du Fort-York, où les pentes abruptes du ravin offrent une protection naturelle aux flancs de l’édifice. Durant la première partie du 19e siècle, le cours d’eau est connu pour son eau claire et la possibilité d’y pêcher le saumon. Avec la croissance de la ville, plusieurs industries et quartiers résidentiels apparaissent le long de ses berges. Ces développements s’accompagnent d’une pollution de l’eau.

Des travaux commencent en 1884 pour enterrer le ruisseau et l’envoyer vers un réseau d’égout. De grandes sections du ravin où passe le ruisseau sont par ailleurs remblayées et les ponts qui traversaient ce ravin sont recouverts, comme celui qui termine sous la rue Crawford, à l’extrémité nord du parc Trinity-Bellwoods.

L’égout du ruisseau Garrison est étendu en 1912. On lui adjoint alors une conduite principale de plus gros diamètre entre la rue Bloor et l’intercepteur de haut niveau situé sous la rue Adelaide. La dernière section encore à ciel ouvert est remblayée peu de temps avant la Première Guerre mondiale.

Le ruisseau n’est plus visible, mais son cours reste évident, car il a guidé les développements ultérieurs. La série de parcs qui serpente à travers les quartiers ouest, de Christie Pits au parc Stanley, et de Dufferin Grove à Bellwoods en passant par MacGregor, contribue à ancrer ces quartiers. Ces zones résidentielles modernes reflètent aussi bien la présence antérieure du ruisseau que son actuelle absence.


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