Urquhart, Anthony Morse

Au fil des années, Urquhart met au point un mode d'expression multimédia particulièrement transcendant, créant une poésie visuelle qui va au-delà des préoccupations purement formalistes et qui est composée d'une imagerie universelle et interculturelle.

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Techniques mixtes sur contreplaqué. Oeuvre réalisée par Tony Urquhart, en 1991, hauteur approximative de 5 pi (avec la permission de l'artiste).
Magic Tree II
Le mode d'expression mutimédia de Tony Urquhart crée une poésie visuelle unique (collection de Joan Vastokas).

Urquhart, Anthony Morse

  Anthony Morse Urquhart, dit Tony, peintre, dessinateur et sculpteur (Niagara Falls, Ont., 9 avril 1934). Reconnu à la fin des années 50 et peu après 1960 comme l'un des pionniers de l'abstraction au Canada, Urquhart est impliqué dans des mouvements importants en art contemporain canadien, puisqu'il fait partie du groupe de peintres abstraits gravitant autour de l'Isaacs Gallery, à Toronto, ainsi que du réputé London Group, dont font aussi partie Jack CHAMBERS et Gregory CURNOE. Au milieu des années 60, Urqurhart fonde, avec Chambers et de Kim Ondaatje, la Canadian Artists Representation (CAR). Depuis les années 60, Urquhart poursuit une voie indépendante et autonome, centrée sur ses « boîtes » caractéristiques, qui se développe à même un riche réservoir d'images récurrentes et souvent archétypales, d'une puissance symbolique évocatrice.

Au fil des années, Urquhart met au point un mode d'expression multimédia particulièrement transcendant, créant une poésie visuelle qui va au-delà des préoccupations purement formalistes et qui est composée d'une imagerie universelle et interculturelle. Ayant fait ses débuts à la fin des années 50 en réalisant des peintures abstraites qui font allusion à des formes de plantes en fleurs, Urquhart traverse différentes périodes, toutes dominées par des métaphores visuelles distinctes : motifs « grumeaux » énigmatiques, images germinales, boîtes fermées ou qui s'ouvrent (ces dernières étant souvent incorporées à des éléments du paysage), ouvertures circulaires ou rectangulaires, embrasures de porte, seuils et tombes qui appellent le spectateur dans d'autres dimensions spatiales; arbres et plantes en fleurs alternant avec des ersatz et de la végétation desséchée; images vécues de perte et de mémoire, de descente au tombeau, alternant avec des images de transcendance spirituelle.

Les oeuvres d'Urquhart représentent sans relâche le dialogue si humain entre la vie et la mort, le renouveau et la déchéance, l'être et le devenir, la stagnation et la transformation. Ces oppositions fondamentales et existentielles sont mises en scène par une imagerie d'une richesse et d'une diversité étonnantes, inspirée à la fois des expériences de la vie quotidienne (le jardin de sa grand-mère, symbole de vie, qui s'oppose à sa profession d'embaumeure pour la résidence funéraire attenante à la maison familiale), des arts sacrés des sociétés préhistoriques (grottes de Lascaux, Stonehenge) et de ceux du christianisme occidental (cathédrales gothiques et art liturgique catholique, architecture baroque et cimetières provinciaux français).

Entre 1954 et 1958, Urquhart étudie à l'Albright Art School, une section du département des beaux-arts de l'U. de Buffalo, dans l'État de New York, et à l'U.Yale, à New Haven. Peu après 1960, il devient le premier artiste résident de l'U. de Western Ontario, à London, et il enseigne ensuite au département d'art de cette université avant de déménager à l'U. de Waterloo, en Ontario. En 1972, il devient professeur de beaux-arts et enseigne le dessin et la peinture, tout en occupant périodiquement la fonction de directeur du département. Son atelier et sa maison sont situés près de Wellesley, où il vit avec sa femme, l'écrivaine Jane URQUHART. Urquhart visite fréquemment (au moins une fois par année) la France, dont les paysages, l'architecture et les lieux de pèlerinage, tels que Lourdes et le plateau de Vimy, continuent d'être une source d'inspiration pour ses oeuvres. En 1995, il est nommé Membre de l'Ordre du Canada.


Lecture supplémentaire

  • J. M. Vastokas, Worlds Apart: The Symbolic Landscapes of Tony Urquhart (1988); J.M. Vastokas, Dialogues of Reconciliation: The Imagination of Tony Urquhart (1991).