Voiliers

À l'époque de la voile au Canada (1800-1875), on y construit au-delà de 4000 navires jaugeant plus de 500 t chacun. En 1878, les bateaux enregistrés sous pavillon canadien sont au nombre de 7 196 et totalisent 1 333 015 t, plaçant ainsi le Canada au quatrième rang mondial pour le tonnage maritime.

Premiers voiliers
Le Canada s'est développé à l'époque des voiliers. Bon nombre des voiliers traversant l'Atlantique sont plus gros que le corvette ou le brick. Le trois-mâts est le navire typique qui parcoure le Saint-Laurent transportant passagers et cargaison entre Québec et Montréal (avec la permission de la Salle Gagnon, Bibliothèque municipale de Montréal).

Voiliers

 Le tout début de l'histoire du Canada coïncide avec la grande époque de la voile, quand les marins « toutes voiles dehors » traversaient l'Atlantique pour des expéditions commerciales, de colonisation et d'exploration. Au milieu du XIXe siècle, le Canada est déjà un important pays maritime. Les ports du Canada regorgent de vaisseaux à voiles, les chantiers navals sont florissants et les bateaux canadiens naviguent sur tous les océans importants, s'arrêtant dans les grands ports pour faire du commerce international.

À l'époque de la voile au Canada (1800-1875), on y construit au-delà de 4000 navires jaugeant plus de 500 t chacun. En 1878, les bateaux enregistrés sous pavillon canadien sont au nombre de 7 196 et totalisent 1 333 015 t, plaçant ainsi le Canada au quatrième rang mondial pour le tonnage maritime. Cette contribution canadienne phénoménale de grands bateaux s'explique par l'abondance de bon bois (mélèze laricin, épinette et surtout pin), à proximité des chantiers navals installés bien à l'abri dans des ports et aux embouchures de rivières.

Au Canada, on trouve également de bons concepteurs et de bons charpentiers de navire, de sorte que les constructeurs sont en mesure de vendre leurs navires aux Américains, aux Britanniques, aux Norvégiens et à d'autres commerçants maritimes. Les navires canadiens obtiennent la meilleure cote (la cote A 1 pendant 14 ans) de l'assureur maritime Lloyd's de Londres.

  Les chantiers sont nombreux. Le premier transporteur de bois, le Columbus, de 3690 t, est construit à l'île d'Orléans en 1824. Le W.D. LAWRENCE, de 2459 t, est lancé en 1874, à Maitland (Nouvelle-Écosse), et est le plus grand trois-mâts carré construit au pays. Parmi d'autres bateaux célèbres, on note le MARCO POLO, lancé à St. John's en 1851, qui s'est fait remarquer en commerçant avec l'Australie durant la ruée vers l'or; le Canada, un navire gréé en carré de 2138 t, lancé en 1891 à Kingsport, Nouvelle-Écosse, qui termine sa carrière de commerce autour du monde en 1926; et le City of Toronto, un navire gréé en carré construit au bord des Grands Lacs.

Les ports canadiens construisent une variété de navires commerciaux plus petits : Victoria construit des navires à voiles; les ports du Saint-Laurent construisent des bateaux de commerce à un ou deux mâts; les chantiers de l'Atlantique construisent des baleinières, des phoquiers et des goélettes de pêche et de commerce, comme le BLUENOSE; York et Mackinaw construisent des bateaux pour des besoins spécifiques déterminés par la géographie.

Le Canada construit également des navires de guerre. Le HMS St Lawrence, un navire à trois ponts, est lancé à Kingston en 1814, jauge 2304 t et transporte 112 pièces d'artillerie ainsi que 1000 hommes. Le HMCS Venture, construit en Nouvelle-Écosse en 1937, était une goélette-école à trois mâts destinée à la formation des officiers. Dans les centres importants de Halifax jusqu'aux Grands Lacs inférieurs, on construit de plus petits vaisseaux de guerre. On entretient ainsi des traditions de construction navale qui remontent à l'époque des chantiers navals de Talon, à Québec, et au GRIFFON de La Salle, lancé sur les Grands Lacs en 1679, ainsi qu'au brick britannique Ontario, lancé à Oswego en 1755.

L'époque de la voile au Canada prend fin graduellement avec l'avènement de la propulsion à vapeur, et celui des vergues, des mâts et des coques en fer. Les bateaux à aubes sont les premiers à apparaître sur le Saint-Laurent, en 1809, puis sur les Grands Lacs, en 1817, et sur la côte du Pacifique, en 1835 (voir BATEAUX À VAPEUR ET BATEAUX À AUBE).

En 1833, le ROYAL WILLIAM, construit à Québec, devient le premier navire marchand à vapeur à traverser l'Atlantique. L'industrie de la construction navale au Canada passe à la vapeur et au fer. L'époque des bateaux canadiens « toutes voiles dehors » se termine donc abruptement après 200 ans. Il ne reste que la nostalgie d'une époque où le Canada était réputé pour ses grands bateaux à voiles.

Voir aussi CONSTRUCTION NAVALE ET RÉPARATION DE NAVIRES; BARGE D'YORK.


Lecture supplémentaire

  • T.E. Appleton, Usque Ad Mare: A History of the Canadian Coast Guard and Marine Services (1968); C.A. Armour and T. Lackey, Sailing Ships of the Maritimes (1975); L.R. Fischer and E.W. Sager, Merchant Shipping and Economic Development in Atlantic Canada (1982).

Liens externes