Christopher Vokes

Christopher Vokes, soldat (né à Armagh, en Irlande, le 13 avril 1904; décédé à Toronto, en Ontario, le 27 mars 1985). Général inflexible de la Deuxième Guerre mondiale, Christopher Vokes est à la tête de divisions de l’Armée canadienne lors de la campagne d’Italie et pendant l’avancée vers le nord de l’Allemagne à la fin de la guerre. Il compte parmi les quelques généraux canadiens qui terminent la guerre avec la réputation d’être un commandant des opérations compétent.

Sur un pont de Bailey, en Allemagne
Camionnette de troupes de l'Armée canadienne en Rhénanie (avec la permission du ministère de la Défense nationale/PA-146284).
Bataille d
Le général Vokes dirige la 1re Division canadienne qui se bat avec acharnement de maison en maison et au nord sur la ligne Hitler.

Jeunesse

Fils d’un soldat britannique, Vokes est scolarisé à Kingston en Ontario. Diplômé du Collège militaire royal en 1925, il obtient un baccalauréat en sciences à l’Université McGill en 1927. Il devient membre du Corps of Royal Canadian Engineers et obtient son diplôme de l’Army Staff College en Grande-Bretagne en 1935. Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, il gravit rapidement les échelons du commandement.

Deuxième Guerre mondiale

Le brigadier-général Vokes est à la tête de la 2e Brigade d’infanterie canadienne lors de l’invasion de la Sicile par les Alliés en 1943, qui est la première campagne terrestre soutenue par le Canada pendant la guerre en Europe. Promu major-général en novembre, il dirige la 1re Division du Canada qui se bat avec acharnement de maison en maison à la bataille d’Ortona et sur la ligne Hitler (voir La campagne d’Italie).

En novembre 1944, Vokes est envoyé d’Italie vers le nord-ouest de l’Europe, où il rejoint la Première Armée canadienne sous le commandement du lieutenant-général Harry Crerar, qui se préparait alors à gagner les rives du Rhin. Vokes se voit confier le commandement de la 4e Division blindée canadienne, qu’il conduit à travers la forêt de Hochwald jusqu’au Rhin en affrontant l’opposition tenace des Allemands (voir La bataille du Rhin).

Sur un pont de Bailey, en Allemagne
Camionnette de troupes de l'Armée canadienne en Rhénanie (avec la permission du ministère de la Défense nationale/PA-146284).
Bataille d
Le général Vokes dirige la 1re Division canadienne qui se bat avec acharnement de maison en maison et au nord sur la ligne Hitler.

Au printemps 1945, la 4e Division blindée canadienne franchit le Rhin et déferle sur l’Allemagne du Nord, malgré une résistance soutenue de l’ennemi. Deux incidents au cours de cette période illustrent l’attitude implacable de Christopher Vokes, et son ambiguïté vis-à-vis du peuple allemand dont il combattra le pays avec ses hommes pendant six ans. Dans la ville de Sogel, lorsque des civils prennent les armes et tuent plusieurs soldats canadiens, Vokes ordonne la destruction de plusieurs maisons de la ville en guise de leçon. Les décombres des habitations sont utilisés pour construire les routes pour que les chars canadiens puissent passer.

Plusieurs jours plus tard, dans la ville de Friesoythe, Vokes est furieux à la lecture d’un rapport – qui se révèlera faux – l’informant que l’un de ses commandants de bataillon préférés a été tué d’une balle dans le dos par un civil allemand. Vokes ordonne en représailles de brûler et de raser la ville. Il dira par la suite, après avoir appris que son commandant de bataillon avait été tué lors d’une fusillade avec des troupes allemandes : « J’avoue maintenant continuer à ressentir tragiquement la perte (du commandant de bataillon), mais peu de remords pour l’éradication de Friesoythe ».

Responsabilités d’après-guerre

À la fin de la guerre, Vokes prend le commandement de l’Armée d’occupation canadienne en Allemagne. À ce titre, il commue officiellement la condamnation à mort prononcée à l’encontre de Kurt Meyer, un général SS allemand, reconnu coupable de crimes de guerre perpétrés en France en 1944 à l’encontre de soldats canadiens (voir Massacres de Normandie).

Après la guerre, Vokes rentre au Canada, où il prend le commandement du centre, puis de l’Armée canadienne, avant de prendre sa retraite à Oakville, en Ontario, en 1959.

Aux dires du feld-maréchal britannique Bernard Montgomery, Vokes est tout juste « bon sans plus » en tant que tacticien militaire. Mais Vokes est un général opiniâtre et redoutable, qui sait atteindre les objectifs exigeants fixés pour sa division. Sans être un intellectuel, il compte parmi les généraux les plus capables de l’armée d’avant-guerre, et saura aider les Canadiens à traverser certains des combats les plus difficiles auxquels ils devront faire face au cours de la Deuxième Guerre mondiale.


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