La ville de Calgary est située sur la rivière Bow dans le sud de l’Alberta, à environ 220 km au nord de la frontière américaine, là où les plaines de l'Ouest rencontrent le piémont des Rocheuses. Elle est le centre financier de l'Ouest canadien, en raison de son rôle important dans développement de l'industrie du pétrole et du gaz naturel de la région. Avec sa vue saisissante sur les montagnes Rocheuses en arrière-plan et son histoire étroitement liée à l’élevage du bétail et à l'exploitation pétrolière, Calgary se révèle l'une des villes les plus typiques du Canada.

Peuplement

Les premiers vestiges d'une présence humaine dans cette région datent de quelque 12 000 années. Il s'agit de pointes de lance trouvées dans des champs labourés, à l'est de la ville. Cette période coïncide avec la fin de la dernière époque glaciaire, quand les glaciers du Bouclier canadien se sont retirés de la vallée de la rivière Bow. Les chasseurs nomades autochtones qui y habitent successivement au cours des 10 000 années subséquentes comprennent au moins trois cultures dominantes. La dernière, qui remonte à quelque 2000 ans, est celle des Pieds-Noirs, qui venaient des régions boisées de l'Est.

Plus tard, les Sarsis arrivent en provenance du Nord dans les années 1700, puis les Stoneys en provenance du Manitoba. On trouve des vestiges archéologiques de ces peuples préhistoriques principalement sur les lieux de campement et aux endroits où l'on tuait le bison. Les traces de feux de camp, les fosses d'entreposage et les cercles à la base des tipis remontent à plus de 4000 ans. Certains sites révèlent la pratique de coutume religieuse comme dans le cas des « medicine wheels » (des groupes de pierres disposées en cercle), des cairns et des effigies. Des caractères pictographiques apparaissent également sur les rochers du mont Big Rock, près d'Okotoks, au sud de Calgary.

La traite des fourures attire les premiers Européens vers l'Ouest à la fin du XVIIIe siècle. David Thompson, alors à l'emploi de la Compagnie du Nord-Ouest, passe l'hiver près de Calgary en 1787, et Peter Fidler, de la même compagnie, parcourt la région en 1792. À la fin des années 1860, les chasseurs de bison en provenance des États-Unis viennent de plus en plus nombreux, suivis de trafiquants de whisky, qui montent un réseau de postes fortifiés dans le sud de l'Alberta où ils vendent de l'alcool frelaté aux Autochtones en échange de peaux de bison. L'un de ces postes était situé dans la région de Calgary, près de l'actuel réservoir Glenmore.

Les activités de ces trafiquants de whisky sont en partie à l'origine de la création en 1873 de la police à cheval du Nord-Ouest par le gouvernement fédéral en 1873. En 1875, les trafiquants établissent un autre poste au confluent des rivières Bow et Elbow qui est baptisé Fort Calgary en 1876, un nom d'origine gaélique qui signifie « ferme de la baie » ou peut-être « le jardin de Kali ».

Le fort est relié au chemin de fer en 1883, et le Canadien Pacifique (CP) choisit un endroit à l'ouest de la rivière Elbow et au sud de la rivière Bow comme emplacement de la ville de Calgary. Première localité de l'actuelle province de l'Alberta à se constituer en ville en 1884, Calgary reçoit le statut de ville en 1894.

Croissance

La croissance économique de Calgary est étroitement liée au développement de l’industrie de l'élevage du bétail et à la position centrale de la ville comme principal centre des transports en Alberta. Avant 1906, l'élevage du bétail en plein air constitue l’activité économique dominante et l'influence de Calgary se fait sentir sur les plans commercial, industriel et social. Le premier millionnaire de la ville, Pat Burns, met sur pied la plus importante entreprise intégrée dans le secteur des viandes au pays. L'élevage du bétail, plus spécialement après le terrible hiver de 1906-1907, se révèle un facteur instable dans la croissance de Calgary, même si on la qualifie souvent de ville où l'élevage est florissant.

L'ouverture du sud de l'Alberta à l'agriculture commerciale au début des années 1900 favorise un développement rapide de Calgary, dont la population s'accroît de plus de 1000 % de 1901 à 1911. Le réseau de voies ferrées qui s'étend dans toutes les directions renforce le rôle de Calgary en tant que principal centre de distribution dans le Centre-Sud et le sud de l'Alberta. Après 1912, le développement de Calgary, comme celui des régions rurales de l'Alberta, connaît un ralentissement, qui se confirme particulièrement au terme de la vague d'immigration et avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Un troisième élément exerce un impact décisif sur la croissance économique de Calgary, à savoir l’émergence de l'industrie pétrolière et de celle du gaz naturel. Après la première découverte en 1914 d'un gisement à Turner Valley, à quelques kilomètres au sud-ouest de Calgary, des entrepreneurs locaux, tels que William S. Herron, Archibald W. Dingman et Robert A. Brown soutiennent sans relâche que Calgary est vouée à devenir un important centre d'exploitation pétrolière. La première raffinerie de pétrole de l'Alberta y est inaugurée en 1923. D'autres découvertes importantes à Turner Valley en 1924 et 1936 consacrent la vocation de Calgary comme chef de file de l'industrie canadienne du pétrole et du gaz naturel. Lorsqu'un important puits de pétrole, découvert à Leduc en 1947, entre en service, donnant le coup d'envoi à l'exploitation des vastes gisements pétroliers de l'Ouest canadien, la ville de Calgary est prête à en récolter les fruits.

Il s'ensuit une croissance phénoménale qui fait passer la ville de centre régional du Sud albertain à une métropole de statut international. Cette transformation s'explique par son économie diversifiée et la croissance de sa population de plus en plus cosmopolite. Un autre aspect du développement de Calgary est le maintien d'une rivalité intense et de longue date avec Edmonton. Ainsi, les deux villes albertaines se livrent une lutte sans merci sur tous les plans (sport professionnel, politique et culture) qui donne lieu à l'une des rivalités urbaines les plus reconnaissables au Canada.

En 2006 et 2011, Calgary est la ville ayant la croissance la plus rapide au Canada, avec Edmonton au deuxième rang. Cette croissance s’explique en grande partie par la prédominance continue du secteur pétrolier et gazier et une économie de plus en plus diversifiée.

Paysage urbain

La vallée de la rivière Bow constitue la principale caractéristique topographique de la ville. Trois cours d'eau plus modestes, la rivière Elbow, le ruisseau Nose et le ruisseau Fish, traversent la ville pour se jeter dans la rivière Bow, ce qui donne une configuration de vallées et de promontoires. De plus, les voies ferrées marquent également l'aménagement spatial du développement urbain. Le principal secteur des affaires est coincé entre la rivière Bow et la voie principale du Canadien Pacifique.

L'expansion domiciliaire a tendance à suivre les vallées, d'abord le long de la rivière Elbow et, plus récemment, le long de la rivière Bow vers le nord-ouest et le sud-est. L'Université de Calgary, l'aéroport international au nord, le réservoir Glenmore, la réserve indienne Tsuu T’ina et le parc provincial Fish Creek au sud sont d'autres éléments d'impact sur son développement urbain. Le secteur manufacturier est situé à l'est, dans la banlieue ferroviaire d'Ogden, et dans des secteurs zonés le long des voies ferrées.

En 1911 débute la planification urbaine officielle, avec l'arrivée de Thomas Mawson, un urbaniste d'origine britannique, à qui l'on confie la tâche d'élaborer un plan global. Les propositions extravagantes qu'il soumet refont surface dans les projets de développement urbains, mais ne seront jamais mises en œuvre. En 1934, la ville adopte un règlement de zonage, puis elle se dote d'une division de l'aménagement urbain en 1950. En 1963, elle met en œuvre un premier plan général d'aménagement pour encadrer sa croissance future. Le Planning Act de l'Alberta, promulgué en 1977, enjoint à la ville de Calgary de pratiquer une approche plus régionale de la planification. Le plan, appelé Plant It Calgary, est complété en 2009. Il comprend des projets de développement et de transport et a été élaboré après la réalisation d’une initiative d’action publique en 2005, imagineCALGARY, à laquelle 18 000 résidents de la ville ont participé. Le plan de Calgary est exhaustif. Il est d'une envergure telle qu'il détaille non seulement l'utilisation des terres, le développement et les transports, mais il traite aussi de la santé de l'environnement, de la vitalité économique et du bien-être de la société. Il établit également les principes directeurs à long terme pour une augmentation de la population de Calgary de 1,3 million de personnes au cours des 60 prochaines années.

Population

Calgary connaît une croissance démographique soutenue depuis la Deuxième Guerre mondiale, exception faite de 1983 et de 1984, où l'on enregistre une légère baisse en raison de l'effondrement du prix du pétrole et une faible croissance juste après le début de la récession en 2008. Pendant une grande partie des années 1990 et 2000, le solde migratoire dans la ville dépasse l'accroissement naturel. Au cours de cette période, la population de Calgary, majoritairement anglo-saxonne, est en constante diminution comparativement à la population générale ayant indiqué l'anglais comme langue maternelle. En 2011, Calgary est classé quatrième ville au Canada par rapport au nombre de nouveaux immigrants ; ces derniers représentent 26 % de sa population. Entre 2006 et 2011, la population née à l’étranger augmente de 24 %, soit de 252 800 à 313 880. Calgary devient alors l’une des villes canadiennes où l’augmentation du nombre d’immigrés est la plus forte. Rappelons qu’en 2006, la majorité des immigrés venaient de l’Asie et du Moyen-Orient (50 %), suivi par l’Europe (30 %) et enfin l’Afrique (7 %)

L’immigration à l’intérieur du Canada est aussi très importante pour la croissance de Calgary. L’industrie du pétrole et du gaz naturel a joué un rôle particulièrement important à cet égard, du fait qu’elle attire une nouvelle main-d’œuvre venant d’aussi loin que les provinces de l’Atlantique.

Économie et main-d'œuvre

L'économie de Calgary est historiquement associée au commerce et au marché de la distribution. L'émergence récente de la ville à titre de centre mondial de l'énergie et de la finance se reflète dans sa position de tête au Canada pour le nombre de sièges sociaux qui s'y trouvent, y compris ceux de TransCanada, Suncor Energy et Enbridge. La population active se dirige donc principalement vers les secteurs professionnel, commercial et de la gestion.

Traditionnellement, les métiers spécialisés ont toujours été en surplus dans dans les secteurs de la construction, des chemins de fer et dans la distribution de produits pétroliers. La production manufacturière s'est diversifiée, passant des produits destinés aux industries agricoles, pétrolières et du gaz naturel, aux produits alimentaires, à la fabrication d'équipements industriels, aux produits chimiques, vestimentaires, ainsi qu'à la fabrication de meubles, à la production de films et aux secteurs de la technologie de pointe. En 2003, le projet Wireless City (ville sans fil) donne un élan à son rôle de plus en plus important de chef de file et d'innovateur de la technologie sans fil. Innovate Calgary, une entreprise commune menée par la ville, la Chambre de commerce et l'Université de Calgary, gère le Alastair Ross Technology Centre dans le nord-ouest de Calgary.

Calgary est l'une des villes du Canada les plus prospères et ayant la plus forte croissance. Cependant, depuis les années 1980, son économie demeure largement tributaire du pétrole, une seule industrie à risque élevé. Dans ces circonstances, elle a subi les contrecoups des récessions dans l'industrie du pétrole au milieu et à la fin des années 1980 ainsi qu'au début des années 1990. Pourtant, elle a grandement bénéficié de la hausse soutenue du prix du pétrole depuis 1999. Au Canada, la majorité des producteurs de pétrole et de gaz naturel et un grand nombre d'entreprises charbonnières établissent leurs sièges sociaux à Calgary. Bien que l’économie de la ville se soit de plus en plus diversifiée avec le temps, l’énergie demeure le secteur économique le plus important. Parmi toutes les villes canadiennes, Calgary connaît, en 2012, le taux de chômage le plus bas, 4,7 %.

Transports

Le chemin de fer Canadien Pacifique a des gares de triage de classe internationale à Alyth et d'importantes installations de réparation à Ogden. Le chemin de fer Canadien National (CN) offre un service intermodal et un service de conteneurs à Sarcee. L'aéroport international de Calgary est l'un des plus vastes et des plus achalandés au Canada. La ville dispose d'un système de transport municipal assuré par des autobus, auquel s'ajoute un système de trains légers sur rail (TLR).

Gouvernement et politique

Le gouvernement municipal s'exerce d'abord en vertu de pouvoirs accordés par les Territoires du Nord-Ouest, puis à compter de 1905, par le gouvernement de l'Alberta. Plus récemment, depuis 1968, son administration est régie par le Municipal Government Act. Avant 1909, la conduite des affaires communautaires relève presque entièrement du conseil. Jusqu'à 1999, c'est le système d'un conseil et d'un bureau de commissaires qui fonctionne sous une forme ou une autre. Ce système est remplacé par un agent administratif, maintenant appelé directeur municipal, et par une équipe de gestion qui surveille les activités de la ville tout en s'assurant que les décisions du conseil, les politiques et les programmes sont mis en œuvre. Le maire et les conseillers, qui représentent les différents quartiers de la ville, remplissent un mandat de trois ans.

Les concessions municipales sont réformées afin d'abolir le vote plural en 1913 et les restrictions à la propriété en 1915. On introduit, en 1916, un mode de scrutin préférentiel qui demeurera en vigueur jusqu'en 1958.

Les élus municipaux de Calgary ont joué un rôle important dans la politique provinciale et fédérale. D’abord maire de 1963 à 1965, Grant MacEwan devient plus tard lieutenant-gouverneur de la province. Ralph Klein, qui fut le 32e maire de Calgary, a occupé le poste de premier ministre d’Alberta entre 1992 et 2006. Naheed Nenshi, élu maire de Calgary en 2010, est devenu le premier maire de tradition musulmane d’une grande ville nord-américaine.

Vie culturelle

Les installations culturelles et récréatives reflètent la récente croissance de Calgary. Sur le plan des établissements d'enseignement, la ville de Calgary compte l'Université de Calgary, le Southern Alberta Institute of Technology, la Mount Royal University, le Bow Valley College, l'Alberta College of Art and Design et plusieurs autres établissements d'enseignement postsecondaire privés.

Parmi les principaux établissements culturels, mentionnons le Glenbow Museum, le Fort Calgary Interpretive Centre, le Telus Spark Science Centre et l'Heritage Park Historical Village. L'EPCOR Centre for Performing Arts abrite l'Orchestre philharmonique de Calgary et trois compagnies de théâtre professionnelles : l'Alberta Theatre Projects, le Theatre Calgary et le One Yellow Rabbit. Ce centre comprend le Jack Singer Concert Hall, qui compte 1800 sièges. Calgary a également une compagnie d'opéra professionnelle, la Calgary Opera et abrite l'Alberta Ballet Company. Le Calgary Chinese Cultural Centre, inspiré du Temple du ciel de Beijing en Chine, est situé dans le quartier chinois.

Calgary offre plusieurs festivals et attractions culturelles pendant toute l'année : le festival africain Afrikadey!, le Festival international de blues, le GlobalFest et le Calgary Folk Music Festival. La Honens International Piano Competition attire des artistes de partout au monde, tandis que le Calgary International Children's Festival est une aventure culturelle pour les jeunes.

La plus forte concentration de salles de spectacle et d'exposition se trouve dans le parc Stampede, hôte du Stampede de Calgary, un événement de renommée mondiale. Tout près, le Scotiabank Saddledome, construit à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 1988, est le domicile des Flames de Calgary de la Ligue nationale de hockey. Les autres organisations sportives professionnelles de Calgary incluent les Stampeders de Calgary de la Ligue canadienne de football et les Calgary Roughnecks de la National Lacrosse League.

Le Parc olympique Canada possède un tremplin pour sauts à ski de classe internationale ainsi qu'une piste de luge et une de bobsleigh. L'anneau olympique intérieur de 400 m, sur le campus de l'Université de Calgary, est l'un des meilleurs endroits du monde pour le patinage de vitesse. Spruce Meadows est un centre équestre de courses à obstacles de renommée internationale.

Calgary est fière de son jardin zoologique, le deuxième en importance du Canada, qui comprend un parc préhistorique. La ville compte également deux grands parcs urbains, le parc provincial Fish Creek et le Nose Hill Park. Une autre attraction touristique est les Devonian Gardens, un jardin intérieur d’un hectare au cœur du centre-ville. Le Calgary Heritage Authority est responsable de la supervision des affaires relatives au patrimoine, donne ses recommandations au conseil municipal et prend les mesures en faveur de la restauration de bâtiments patrimoniaux de la ville. En 2002, l'avenue Stephen, autrefois nommée 8e avenue, devient un quartier historique national.

Le cadre de vie à Calgary est agrémenté d'autres attraits en accord avec son caractère de ville hivernale. Elle possède un réseau de voies piétonnières intérieures, l'Alternative Level Pedestrian System (Plus 15), qui donne accès à la plupart des édifices du centre-ville. Plus de 16 km d'allées piétonnes et 59 passerelles facilitent les déplacements des piétons toute l'année. La ville est également entourée de près de 500 km de sentiers pédestres, de pistes de ski de randonnée et de pistes cyclables qui rehaussent la sensation des grands espaces et procurent à la population des activités récréatives de qualité, quel que soit son lieu de résidence.