Naheed Nenshi

Naheed Kurban Nenshi, consultant en affaires, professeur, maire de Calgary, en Alberta, de 2010 à ce jour (né le 2 février 1972 à Toronto, en Ontario). Naheed Nenshi est le premier maire musulman d’une grande ville nord‑américaine.

Naheed Kurban Nenshi, consultant en affaires, professeur, maire de Calgary, en Alberta, de 2010 à ce jour (né le 2 février 1972 à Toronto, en Ontario). Naheed Nenshi est le premier maire musulman d’une grande ville nord‑américaine.

Jeunesse et formation

Naheed Nenshi est l’un des deux enfants de Kurbanali Hussein Nenshi, qui exploitait une petite entreprise, et de Noorjah Nenshi. Le couple immigre au Canada en provenance de Tanzanie en 1971, un an avant la naissance de Naheed. L’enfant grandit dans le quartier de Marlborough à Calgary puis va à l’école secondaire à la Queen Elizabeth High School où il participe aux différents débats et aux arts dramatiques.

Naheed Nenshi explique : « J’ai grandi dans un foyer où on lisait le journal tous les jours et où l’on parlait politique au moment des repas. J’ai toujours participé aux associations étudiantes… et j’étais fortement mobilisé sur les enjeux des politiques; toutefois, je n’ai jamais pensé que je deviendrais un homme politique, j’envisageais plutôt une carrière de journaliste ou peut‑être de professeur. »

Naheed Nenshi grandit avec pour modèle l’ancien maire de Calgary et lieutenant‑gouverneur de l’Alberta Grant MacEwan qu’il croise lors de la remise des diplômes de fin de neuvième année, leur rencontre étant plus tard immortalisée par une photographie trônant sur son bureau à la mairie.

Naheed Nenshi entreprend des études commerciales à l’Université de Calgary où il occupe les fonctions de président du syndicat des étudiants. Il obtient son diplôme en 1993 et poursuit ses études jusqu’à l’obtention d’une maîtrise en politiques publiques à la John F. Kennedy School of Government de la Harvard University en 1998.

Consultant et professeur

À sa sortie de l’université, Naheed Nenshi travaille pour McKinsey & Company, une société mondiale de conseil, en tant que responsable de mission, conseillant de grandes entreprises du monde des télécommunications, des banques, des sociétés de distribution ainsi que des compagnies pétrolières et gazières en matière de stratégie d’entreprise. En 2001, il fonde sa propre société de conseil, le groupe Ascend, avec notamment pour clients les Nations Unies, le gouvernement de l’Alberta et différents distributeurs du secteur de l’habillement.

En tant que membre de Canada25, une organisation à but non lucratif aujourd’hui disparue qui visait à mobiliser les jeunes adultes sur les enjeux des politiques publiques, Naheed Nenshi rédige, en 2002, un document d’orientation intitulé « Building Up : Making Canada’s Cities Magnets for Talent and Engines of Development ».

En 2004, Naheed Nenshi devient professeur agrégé à la Bisset School of Business de l’Université Mount Royal où il se spécialise dans la gestion et le marketing du secteur non lucratif.

Politique municipale

En 2004, Naheed Nenshi fait une première tentative, qui n’aboutit pas, d’obtenir un siège au conseil municipal de Calgary. Il poursuit sa carrière universitaire durant les six années suivantes, exhortant ses concitoyens de toutes les couches de la société à s’engager en politique municipale, seul moyen, selon lui, de changer les choses et de bâtir une collectivité plus forte à Calgary.

Naheed Nenshi déclare à cet égard : « Une des choses que j’ai apprises, c’est qu’il est très facile d’amener les gens à participer à la vie de la collectivité : il suffit de le leur demander. Il est beaucoup plus difficile de les faire participer à la vie politique. »

En 2010, à 38 ans, Naheed Nenshi se lance dans la course à la mairie. Il explique sa décision comme un moyen de montrer aux jeunes que les électeurs « peuvent élire des gens bien pour présider à la conduite des affaires municipales. » Il poursuit : « Je souhaitais prouver quelque chose : un universitaire relativement inconnu avec des idées pertinentes et sans argent était‑il en mesure de remporter une élection? Notre campagne avait effectivement pour but de répondre à cette question. »

Ric McIver, conseiller municipal sortant, et Barb Higgins, ancienne présentatrice des informations sur CTV Calgary, sont les deux rivaux de Naheed Nenshi dans la course à la mairie. Plutôt que de mener une campagne traditionnelle, il s’en remet largement aux médias sociaux et à d’autres moyens, à l’époque peu orthodoxes, de mobilisation des électeurs. Sa campagne, qui cherche à atteindre les électeurs de l’ensemble du spectre politique, est surnommée « la révolution pourpre »; elle a notamment, comme marque distinctive, une quarantaine de conversations autour d’un café qu’il organise aux domiciles de ses partisans au cours desquelles il s’adresse aux amis et aux familles de ses hôtes pour détailler sa plate‑forme électorale.

En septembre 2010, un sondage Calgary Herald‑CTV indique que Naheed Nenshi recueillerait seulement 8 % des intentions de vote, loin derrière Ric McIver à 43 % et Barb Higgins à 28 %. Un mois plus tard, cependant, un autresondage Herald‑CTV donne les trois concurrents dans un mouchoir de poche. Le 18 octobre, Naheed Nenshi est élu 36e maire de Calgary avec 40 % des suffrages et pas loin de 28 000 voix de plus que Ric McIver.

Naheed Nenshi est réélu en 2013 avec près de 74 % des voix.

Maire

Fidèle à la stratégie utilisée lors de ses campagnes, Naheed Nenshi mise sur les médias sociaux pour dialoguer avec les citoyens et les mobiliser. Durant les inondations de juin 2013 (voir aussi Inondation), il s’efforce sans relâche de réconforter les résidents assiégés et exhorte les gens à aider leurs voisins plutôt que d’attendre les secours officiels. Selon un rapport Marketwired, son compte Twitter gagne 28 261 abonnés dans les dix jours qui suivent les inondations.

Durant son mandat de maire, Naheed Nenshi continue à faire une utilisation intensive de Twitter, s’appuyant sur ce moyen de communication pour répondre directement aux préoccupations et aux questions des résidents de Calgary sur tous les sujets, de la politique en matière de transports publics aux contraventions de stationnement. En 2016, le New York Times le surnomme « le maire qui parle couramment Twitter ».

Inondations \u00e0 Calgary
L'eau s'engouffre dans le East Village de Calgary lors des inondations du quart sud de l'Alberta, en 2013. Ce phénom\u00e8ne extr\u00eame, typique des changements climatiques, force environ 100 000 personnes \u00e0 quitter leur demeure.

Depuis sa prise de fonction, Naheed Nenshi a toujours été un fervent partisan de l’industrie pétrolière albertaine dont les sièges sociaux sont à Calgary. De la même façon, il s’est toujours comporté en ardent promoteur de la construction de nouveaux pipelines et de l’extension des structures existantes pour transporter le pétrole albertain vers des marchés étrangers, une position très controversée parmi les maires des autres grandes villes canadiennes en dehors de l’Alberta.

Naheed Nenshi a parfois été critiqué comme étant plus performant en paroles qu’en actes pour changer les choses dans sa ville. Il a cependant présidé à la modernisation du réseau de transport en commun de la ville et pris des mesures incitatives pour accroître le nombre de ses usagers. Il a également présidé à la construction d’un nouveau tunnel d'accès à l'aéroport. Durant son mandat, le conseil municipal a mis en place une nouvelle structure d’audit de la municipalité. Il s’est en outre efforcé, avec plus ou moins de succès, de contenir l’étalement urbain tout en défendant les projets de revitalisation des quartiers négligés ou en bout de course.

Naheed Nenshi est un défenseur enthousiaste de la diversité ethnique et sexuelle parmi le personnel dirigeant de la Ville et il a été le premier maire de Calgary à y diriger le défilé de la fierté gaie. Son propre parcours constitue, à l’évidence, un puissant symbole de la diversité ethnique et politique croissante de Calgary au XXIe siècle.

Naheed Nenshi reçoit, en 2014, le World Mayor Prize décerné par la City Mayors Foundation britannique, un groupe de recherches spécialisé dans les affaires publiques qui le décrit comme « un visionnaire en matière urbaine qui ne néglige pourtant pas les détails si importants de la conduite d’une ville ».

De tout temps, sa passion a été d’améliorer le fonctionnement des collectivités. Sur son site 3ThingsforCalgary.ca, Naheed Nenshi met au défi tous les résidents de faire trois choses pour Calgary, qu’il s’agisse de vendre des tartes lors d’une vente de pâtisseries organisée par un organisme de bienfaisance ou de faire don de jouets à une banque de jouets communautaire.