Grant, George Monro

George Monro Grant, ministre presbytérien, pédagogue (Albion Mines, N.-É., 22 déc. 1835 -- Kingston, Ont., 10 mai 1902). Après avoir fréquenté la Pictou Academy et le West River Seminary en Nouvelle-Écosse, Grant s'inscrit à l'U. de Glasgow (Écosse), où il décroche une M.A. en 1857. Il est ordonné au sein de l'Église d'Écosse en 1860. Après avoir passé trois ans comme missionnaire dans divers endroits des provinces Maritimes, il accepte, en 1863, la responsabilité de l'église St. Matthew à Halifax et y reste jusqu'à ce qu'il accepte le poste de recteur de l'U. Queen, à Kingston, en 1877. Il garde ce poste jusqu'à son décès et écrit de nombreux livres, dont Ocean to Ocean (1873), récit de son périple continental jusqu'au Pacifique au sein de l'expédition de Sandford FLEMING en 1872, et The Religions of the World (1894).

Grant se retrouve à la tête d'un collège confessionnel modeste, à la situation financière précaire, et il consacre une bonne part de son énergie inépuisable à mettre sur pied un fonds de dotation et à attirer (et retenir) des sommités du monde de la recherche, surtout dans le domaine des sciences humaines. Il est aussi convaincu de la nécessité de promouvoir de vigoureuses facultés de sciences (pures et appliquées) si l'U. Queen veut acquérir une stature vraiment nationale. À sa mort, on peut dire qu'il a atteint son objectif.

À titre de recteur, Grant correspond presque en tous points à l'archétype du « chrétien activiste » et il admire beaucoup Thomas Arnold de Rugby, ainsi que les réformateurs sociaux de l'ère victorienne. Bien qu'il lise beaucoup, ses connaissances ne sont pas illimitées. Sa pensée et son comportement mettent en pratique l'idéalisme philosophique de son collègue de Queen, John WATSON. Il croit que les connaissances et les idéaux puisés à l'université devraient servir véritablement le bien commun dans l'exercice d'une profession, et la force de son exemple favorise l'engagement d'un certain nombre d'étudiants dans le MOUVEMENT SOCIAL GOSPEL. À cette vision d'ensemble de la société s'ajoute son engagement ferme à l'égard du Canada et de sa place au sein de l'Empire britannique. Chef de file au sein de l'Église presbytérienne au Canada (dont il est le « modérateur » en 1889), il est néanmoins l'un des grands chantres de l'oecuménisme. Il ne laisse pas derrière lui une importante production intellectuelle, mais au moment de son décès, l'expression « Principal Grant » (recteur Grant) avait pris une signification toute légendaire.