Justin Pierre James Trudeau, 23e premier ministre du Canada (2015–), chef du Parti libéral, enseignant (né le 25 décembre 1971 à Ottawa). Fils aîné du premier ministre Pierre Elliott Trudeau, Justin Trudeau a d'abord acquis une formation d'enseignant en Colombie‑Britannique. À la suite d'une brève carrière en éducation, il a fait son entrée en politique en remportant la circonscription de Papineau au Québec, en 2008. Trudeau est devenu chef du Parti libéral le 14 avril 2013, en raflant près de 80 % des voix au premier tour de scrutin. Le 19 octobre 2015, il mène les troupes du Parti libéral à la victoire, remportant la majorité et évinçant le Parti conservateur de Stephen Harper.

Études et début de carrière

Justin Trudeau, fils aîné du premier ministre Pierre Elliott Trudeau et de Margaret Trudeau (née Sinclair), naît à Ottawa le jour de Noël 1971. Vu la célébrité de ses parents, il passe les premières années de sa vie sous le regard du public et accompagne son père dans ses voyages de par le monde. À l'âge adulte, par contre, il mène une existence relativement discrète pendant plusieurs années. Après avoir terminé un baccalauréat ès arts spécialisé en littérature à l'Université McGill en 1994, Trudeau et quelques‑uns de ses amis vont parcourir le monde pendant un an. Il retourne à McGill, où il entreprend un baccalauréat en éducation. Deux ans plus tard, il s'installe sur la côte ouest et poursuit ses études à l'Université de la Colombie‑Britannique, où il obtient son baccalauréat en éducation en 1998. De 1999 à 2002, Trudeau enseigne plusieurs matières (théâtre, français, anglais, études sociales et mathématiques) à la West Point Grey Academy et à la Sir Winston Churchill Secondary School de Vancouver.

Alors qu'il habite à Vancouver, Trudeau subit deux tragédies personnelles : la disparition de son frère Michel dans une avalanche accident, en 1998, et le décès de son père en 2000, des suites d'un cancer de la prostate. Ces deux pertes jouent un rôle dans le retour de Trudeau à l'avant‑scène. En particulier, l'éloge émouvant qu'il prononce lors des funérailles de son père retient fortement l'attention : la Société Radio‑Canada reçoit plusieurs demandes de rediffusion de ce discours après sa transmission initiale. Malgré l'intérêt du public à l'égard de Trudeau et les spéculations sur son avenir au sein du gouvernement, il lui faudra encore plusieurs années avant d'entrer officiellement en politique.

Dans l'intervalle, Trudeau s'essaie à différentes carrières. En 2002, il entreprend des études en génie à l’École Polytechnique de Montréal, mais il abandonne le programme en 2003. En 2005 et 2006, Trudeau étudie à la maîtrise en géographie environnementale à l'Université McGill. Vers la même période, il s'engage auprès de Katimavik, en dirigeant le programme national de service jeunesse de 2002 à 2006.

Carrière politique

Du milieu à la fin des années 2000, Trudeau joue un rôle de plus en plus actif au sein du Parti libéral. Il est nommé président du groupe de travail sur la jeunesse dans le cadre de la Commission du renouveau du Parti libéral, après la défaite aux élections fédérales de 2006. Grâce aux encouragements de plusieurs Libéraux de haut rang, Trudeau se décide enfin à faire son entrée en politique fédérale. En 2007, il est nommé candidat du Parti libéral dans la circonscription de Papineau.

Lors des élections fédérales de 2008, Trudeau défait le Bloc Québécois par une faible majorité, et la circonscription de Papineau lui revient. Cependant, le Parti libéral n'obtient pas le même succès, puisque le Parti conservateur forme le nouveau gouvernement minoritaire. Trudeau devient donc membre de l'Opposition officielle (voir Chambre des communes). Il est bientôt désigné comme critique du Parti libéral en matière de multiculturalisme et de jeunesse, puis en matière de jeunesse, de citoyenneté et d'immigration par la suite. À la démission du leader libéral Stéphane Dion, d'aucuns supposent que Trudeau se portera candidat à la chefferie, mais il nie rapidement cette possibilité et Michael Ignatieff est élu chef du Parti libéral par acclamation. Lors des élections fédérales de 2011, Trudeau est réélu dans sa circonscription, mais les Libéraux sont relégués au troisième rang, alors que les néo‑démocrates forment maintenant l'Opposition officielle. Encore une fois, lorsqu'Ignatieff démissionne de ses fonctions, plusieurs désignent Trudeau comme aspirant au titre de chef, puisqu'il pourrait raviver un parti alors défaillant. De son côté, Trudeau refuse de prendre part à la prochaine campagne. Bob Rae devient dirigeant intérimaire du parti et nomme Trudeau critique libéral en matière d'enseignement postsecondaire, de jeunesse et de sport amateur. Lorsque Rae fait savoir qu'il ne participera pas à la prochaine course à la chefferie, les débats sur le potentiel de Trudeau prennent de l'ampleur. Toutefois, il n'annoncera pas sa candidature au leadership avant le 12 octobre 2012. Durant la campagne, il est généralement reconnu comme le meneur de la course, car les sondages le placent loin devant ses rivaux. D'ailleurs, l'ex‑candidat à la chefferie Marc Garneau invoque ces résultats comme motif de son retrait de la lutte, en mars 2013. Le 14 avril 2013, Trudeau est élu chef du Parti libéral, en raflant près de 80 % des voix au premier tour de scrutin.

Malgré sa popularité auprès des Canadiens et ses appuis au sein du Parti libéral, Trudeau a également ses détracteurs. Lors de la course au leadership, Garneau soutient que les positions de son rival demeurent obscures à l'égard de nombreuses politiques. Cette affirmation fait écho à la critique générale, selon laquelle Trudeau mise sur son image, mais n'a aucune substance. En tant que député, on affirme qu'il n'a pas pris clairement position sur des secteurs de dépenses importants, dont l'économie et les affaires étrangères. Il essuie également des critiques en 2012, pour avoir prétendu que le gouvernement conservateur de Stephen Harper proscrirait l'avortement et le mariage homosexuel, et laissé entendre qu'il se montrerait désormais plus favorable à la souveraineté du Québec, si elle se concrétisait.

Travail communautaire

Bien que Trudeau soit mieux connu pour ses liens familiaux et sa candidature à la direction du Parti libéral, il possède une expérience diversifiée, acquise notamment grâce à la défense de nombreux intérêts. En plus de son travail auprès des jeunes, grâce à Katimavik et à l'enseignement (dont un poste de moniteur de planche à neige, occupé à Whistler pendant une certaine période), Trudeau attire l'attention sur la sécurité en avalanche. Après la mort de son frère en 1998, Trudeau et sa famille jouent un rôle déterminant dans le lancement de la campagne Kokanee Glacier Alpine, afin de sensibiliser le public à la sécurité en avalanche. Il contribue également à financer le Centre canadien des avalanches. Par ailleurs, Trudeau se fait le champion de plusieurs causes environnementales. Il s'oppose à un projet de mine de zinc en 2005, en raison de son impact potentiel sur la rivière Nahanni et le parc national Nahanni (Territoires du Nord‑Ouest), fondé à l'origine par son père et désigné comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO. En 2006, Trudeau prend la parole, avec Roméo Dallaire, au ralliement de la Journée mondiale pour le Darfour, à Toronto, afin de réclamer l'intervention du Canada dans la crise affectant cette région du Soudan. Il siège également au jury du concours Canada Reads, organisé par la CBC, et anime les cérémonies de remise du Scotiabank Giller Prize. En 2006, Trudeau joue le rôle de Talbot Mercer Papineau dans la minisérie La Grande Guerre (The Great War), diffusée la même année par la Société Radio‑Canada.