Jane Philpott

Jane Little Philpott, D.M., femme politique, médecin de famille, éducatrice médicale, professeure associée (née le 23 novembre 1960 à Toronto, en Ontario). Jane Philpott est députée indépendante de la circonscription ontarienne de Markham-Stouffville, dans une banlieue de la grande région de Toronto. Elle a été membre du Cabinet du premier ministre Justin Trudeau en tant que ministre de la Santé, ministre des Services aux Autochtones et présidente du Conseil du trésor. En tant que membre du Cabinet, Jane Philpott a été responsable de dossiers controversés comme la légalisation de la marijuana, le suicide assisté et l’ouverture de site supervisé de consommation de drogues. Elle a également renégocié un accord sur la santé avec les provinces et les territoires, et a contribué à une réorganisation des services de protection de l’enfance pour les enfants et les jeunes autochtones. Elle a démissionné du cabinet en mars 2019 en raison du traitement de l’affaire SNC-Lavalin par le gouvernement, mais est demeurée membre du caucus libéral jusqu’à ce qu’elle en soit exclue par Justin Trudeau le 2 avril 2019.



Jane Philpott

Jane Philpott, D.M., politicienne, médecin de famille, éducatrice médicale, en septembre 2013.)

(photo de Dave Kalmbach, One Tree Photography/Wikimedia CC)

Jeunesse et formation

Jane Little Philpott est l’aînée des quatre filles d’Audrey Little, enseignante d’école élémentaire, et du révérend Wallace Little, un pasteur presbytérien. Elle grandit dans un ménage religieux, où on lui enseigne la vertu du désintéressement, une leçon qui la conduira plus tard à s’orienter vers la médecine.

Elle grandit en Ontario et fréquente la Hillcrest Public School à Hespeler (aujourd’hui Cambridge). Après avoir reçu son diplôme du Galt Collegiate Institute, elle étudie la médecine à l’Université Western Ontario (aujourd’hui Université Western) à London, Ontario. Elle complète une résidence en médecine familiale à l’Université d’Ottawa et un stage en médecine tropicale à l’Hôpital général de Toronto. En 2012, elle complète une maîtrise en santé publique à l’Université de Toronto, où elle devient plus tard professeure associée de la faculté de médecine.

Vie personnelle

En 1986, Jane Little épouse Paul Eric Philpott, surnommé « Pep » d’après ses initiales, le fils de Phyllis Crawley, une comptable agréée, et du révérend James Philpott, un pasteur presbytérien. Le jeune couple se joint à la Sudan Interior Mission, un groupe évangélique chrétien interconfessionnel. En 1989, le couple missionnaire s’installe en République du Niger, un pays enclavé d’Afrique de l’Ouest, où Jane Philpott pratique la médecine dans la campagne.

Le 11 mars 1991, leur fille de deux ans, Emily Katherine Philpott, meurt subitement de méningococcémie, une infection bactérienne, après que ses parents se soient rendus à toute vitesse à l’hôpital le plus proche, une route de deux heures depuis leur résidence. Emily est enterrée dans un cimetière rocailleux à Galmi, au Niger, dans une simple boîte de bois construite par le menuisier de l’hôpital. Sa petite sœur, Bethany Jane, tombe aussi malade mais elle récupère à l’hôpital, et la famille revient temporairement au Canada afin de poursuivre son traitement.

Peu après, la famille retourne au Niger, où elle vit jusqu’à son retour à Stouffville, en Ontario, en 1998. Jane Philpott est active dans la communauté de l’église mennonite locale, où elle est directrice de chant pour la congrégation. Son mari, Pep Philpott, est journaliste à CBC Radio.

Les quatre enfants survivants du couple sont Bethany, Jacob, David et Lydia. Bethany Jane Philpott obtient son diplôme d’études médicales de l’Université McMaster en 2017 et coécrit un ouvrage sur les campagnes de santé publique au Canada.

Carrière médicale

La formation médicale de Jane Philpott comprend de courts séjours dans des pays en voie de développement, dont le Kenya et Haïti. Elle pratique la médecine dans les campagnes du Niger, où elle soigne des patients vivant dans une pauvreté extrême. Durant les trois dernières années qu’elle passe en Afrique, elle fait une tournée des villages isolés de la campagne et met sur pied un programme de formation pour les travailleurs de la santé, dont certains ne savent pas lire. Après son retour au Canada, Jane Philpott pratique la médecine de famille pendant 17 ans. Elle est chef du service de médecine familiale au Markham Stouffville Hospital de 2008 à 2014.

Activités bénévoles

En 2004, Jane Philpott fonde Give a Day to World AIDS, un organisme caritatif qui recueille plus de 4 millions de dollars pour Dignitas International et la Fondation Stephen Lewis pour aider les personnes touchées par le VIH/SIDA en Afrique. L’organisme encourage les donateurs à faire un don par jour, une campagne dont Stephen Lewis souligne l’« exquise simplicité ».

Jane Philpott lance aussi A Coin for Every Country, un programme de collecte de fonds éducatif pour les élèves du secondaire. Les enfants et les jeunes sont sensibilisés aux soins de santé en Afrique, en encouragés à recueillir une pièce de monnaie pour chacun des 54 pays d’Afrique.

Jane Philpott contribue à développer le premier programme de formation en médecine familiale d’Éthiopie, avec la Toronto Addis Ababa Academic Collaboration, fondée en 2008, un programme d’études avancées interdisciplinaire développé en commun par l’Université de Toronto et l’Université d’Addis Ababa.

Carrière politique

En 2011, Jane Philpott se joint au parti Libéral du Canada après une conversation avec l’ancien premier ministre Paul Martin. Elle obtient l’investiture libérale pour la circonscription fédérale de Markham-Stouffville. Dans l’élection générale de 2015, elle obtient 29 416 votes, battant le candidat conservateur Paul Calandra, qui reçoit 25 565 votes.

Son ambition est d’améliorer les politiques publiques en santé. « Pour moi, un siège à la Chambre des communes n’est pas un but, c’est un outil, écrit-elle. C’est l’outil que vous et moi utiliserons pour améliorer cette communauté, pour rendre ce pays meilleur. »

Ministre de la Santé

Le 4 novembre 2015, le premier ministre Justin Trudeau nomme Jane Philpott ministre de la Santé. Elle est la première médecin à obtenir ce poste. Jane Philpott est aussi nommée présidente du Comité du Cabinet chargé de la croissance inclusive, de l’égalité des opportunités, et de l’innovation.

Néophyte en politique, elle reçoit un portefeuille de haut niveau pour lequel le gouvernement a des vues ambitieuses. Son mandat de ministre de la Santé est marqué par l’adoption du projet de loi C-14, qui permet aux adultes éligibles d’obtenir une aide médicale au suicide. En collaboration avec la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, Jane Philpott contribue à rédiger une loi offrant des garanties juridiques aux médecins, aux infirmiers et aux pharmaciens qui répondent aux demandes de patients souffrant de « problèmes de santé graves et irrémédiables ».

En 2016, Jane Philpott annonce que le gouvernement fédéral se joindra à l’Alliance pharmaceutique pancanadienne provinciale et territoriale pour acheter des médicaments en gros, afin d’abaisser le coût des médicaments sur prescription pour les problèmes de santé courants comme la dépression, le taux élevé de cholestérol et la haute pression. Le plan permettra d’économiser jusqu’à 3 milliards en plus de cinq ans grâce à des prix moins élevés et à la création de nouveaux médicaments génériques.

En tant que ministre de la Santé, elle travaille en collaboration avec les ministères de la Justice et de la Sécurité publique pour légaliser et réglementer la marijuana récréative. « Nous savons qu’il est impossible de régler ce problème par des arrestations » déclare-t-elle devant une session spéciale de l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2016. Le projet de loi C-45 sera présenté et adopté après son départ du ministère de la Santé.

En 2017, Jane Philpott et le ministre des Finances Bill Morneau négocient une formule de financement d’une dizaine d’années dans le cadre d’un accord de santé avec les provinces et les territoires. De même, elle annonce que le gouvernement fédéral consacrera 11,5 milliards de dollars de plus sur dix ans pour assurer un meilleur accès aux soins à la maison et aux soins de santé mentale. Après que les provinces ont rejeté avec colère l’offre initiale de financement fédéral sous la forme d’un ultimatum, Jane Philpott et Bill Morneau négocient la formule province par province, en trois mois d’intenses pourparlers.

Le projet de loi C-37, qui devient loi en 2017, définit la procédure de demande pour créer des sites supervisés de consommation de drogues, où des drogues illicites seront utilisées sous la supervision de professionnels de la santé, un processus qui, selon Jane Philpot, permet de sauver des vies sans accroître la criminalité ou la consommation de drogues.

Jane Philpott joue également un rôle central pour le gouvernement en fournissant des soins de santé et d’autres formes d’aide aux réfugiés syriens arrivant au Canada.

Ministre des Services aux Autochtones

Jane Philpott est nommée ministre des Services aux Autochtones lors d’un remaniement ministériel annoncé le 28 août 2017. Elle devient responsable de la gestion de la santé, de l’eau potable et d’autres services dans les réserves.

Un des questions urgentes auxquelles elle fait face est le nombre disproportionné d’enfants autochtones en familles d’accueil. Alors que les enfants autochtones ne représentent que 7,7 % des Canadiens de moins de 14 ans, plus de 52 % des jeunes et enfants placés en famille d’accueil sont Autochtones. Sous la direction de Jane Philpott, le gouvernement fédéral tient d’importantes consultations auprès de partenaires autochtones, de spécialistes et de représentants des provinces et des territoires. La législation qui en résulte, le projet de loi C-92, est présenté le 28 février 2019 par le nouveau ministre des Services aux Autochtones, Seamus O’Regan. Le projet de loi sur la protection des enfants autochtones affirme le droit des peuples autochtones d’exercer leur juridiction en matière de protection de l’enfance et l’importance de prendre soin des enfants d’une manière culturellement plus appropriée.

Présidente du Conseil du trésor

À l’occasion d’un autre remaniement ministériel, le 14 janvier 2019, Jane Philpott est nommée présidente du Conseil du trésor, remplaçant Scott Brison, qui a annoncé qu’il quittait la politique. Le remaniement ministériel est remarquable pour une autre raison, car la ministre de la Justice et procureure générale du Canada, Jody Wilson-Raybould est déplacée au ministère des Anciens combattants. Peu après, Jody Wilson-Raybould démissionne du Cabinet, soutenant qu’elle a subi des pressions du Bureau du premier ministre au sujet de l’affaire SNC-Lavalin.

Démission du Cabinet

Jane Philpott démissionne du Cabinet en raison de l’affaire SNC-Lavalin le 4 mars 2019, affirmant qu’elle a « perdu confiance en la manière dont le gouvernement a traité cette question ». Elle déclare que Jody Wilson-Raybould a subi des pressions de politiciens et de fonctionnaires pour que des poursuites criminelles soient évitées contre le géant international de l’ingénierie basé à Montréal.

« Il me chagrine de quitter un portefeuille où je m’efforçais d’assurer des résultats pour un important mandat, écrit Jane Philpott dans sa lettre de démission. Mais je dois me conformer à mes valeurs profondes, mes responsabilités éthiques et mes obligations constitutionnelles. Agir selon ses principes a un coût, mais le coût d’y renoncer est plus grand encore. »

Plus tard, Jane Philpott suscite la colère de partisans libéraux en affirmant dans une interview pour Maclean’s, au sujet de l’affaire SNC-Lavalin, qu’il y a « beaucoup plus à raconter dans cette histoire ».

Signification

Après la démission de Jane Philpott, le premier ministre Justin Trudeau fait son éloge pour avoir apporté des « changements transformationnels » dans les dossiers de la santé et des Autochtones. Le 2 avril 2019, Justin Trudeau démet Jane Philpott et Jody Wilson-Raybould du caucus libéral. Jane Philpott qualifie la décision de « profondément navrante » et dit qu’elle continuera à représenter ses électeurs à titre de députée indépendante.

Prix et honneurs

  • Prix Casey de leadership pour le VIH-SIDA et la justice sociale, Casey House, Toronto (2009)
  • Prix d’excellence en responsabilité sociale, Université de Toronto (2010)
  • Prix du service communautaire, Université Western Ontario (2011)
  • Prix académique Wilfred H. McKinnon Palmer, Université de Toronto (2012)
  • Prix Yves Talbot pour excellence en leadership sur le réchauffement mondial, Université de Toronto (2013)
  • Prix May Cohen pour l’équité, la diversité et le genre, Association des facultés de médecine du Canada (2013)
  • Prix d’éducation médicale intégrée pour excellence en enseignement dans les communautés, Université de Toronto (2014)