Aide extérieure

On définit l'aide extérieure comme le secours par des pays riches et développés à des pays pauvres et en développement. Depuis les années 50, le Canada distribue de l'argent, des biens et des services aux pays plus pauvres. En 2012, l'aide extérieure du gouvernement fédéral s'élève à 5,67 milliards de dollars, soit 2,5 % de toutes les dépenses fédérales.

On définit l'aide extérieure comme le secours par des pays riches et développés à des pays pauvres et en développement. Depuis les années 50, le Canada distribue de l'argent, des biens et des services aux pays plus pauvres. En 2012, l'aide extérieure du gouvernement fédéral s'élève à 5,67 milliards de dollars, soit 2,5 % de toutes les dépenses fédérales. L'efficacité de l'aide extérieure fait l'objet de nombreux débats, tout comme les fins de son utilisation : motifs purement humanitaires, développement économique, ou à la faveur des intérêts stratégiques et commerciaux du Canada à l'étranger.

Débuts

Le concept d'aide extérieure prend sa source dans la reconstruction à la suite de la Deuxième Guerre mondiale. Le succès que connait le plan Marshall pour canaliser les ressources des États-Unis vers l'Europe déchirée par la guerre convainc les chefs des pays occidentaux qu'un semblable transfert de ressources vers des pays d'Asie et d'Afrique nouvellement indépendants produirait de même un développement rapide. Le programme d'aide du Canada a commencé au cours de cette période d'optimisme.

En 1950, le Canada se joint au Plan de Colombo afin de venir en aide aux pays d'Asie membres du Commonwealth qui viennent d'obtenir leur indépendance. Au cours des deux décennies suivantes, le programme canadien d'aide extérieure progresse régulièrement et s'étend aux pays membres du Commonwealth dans les Antilles (1958) et en Afrique (1960), puis à l'Afrique francophone (1961) et enfin à l'Amérique latine (1970).

Évolution

Dans les années 1960, le gouvernement entreprend de hausser les niveaux d'aide aux pays étrangers. En 1968, trois événements importants ont lieu : d'abord, la création de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) destinée à administrer l'aide canadienne; puis, Pierre Trudeau, homme habité d'un intérêt immuable pour le développement international, devient premier ministre; enfin, l'ex-premier ministre Lester B. Pearson dirige une commission internationale chargée d'examiner les résultats de 20 ans d'aide au développement et de proposer des politiques visant à l'améliorer. Le rapport de la commission, intitulé Partenaires dans le développement, demande que chaque pays donateur fournisse une aide extérieure égale à 0,70 % de son produit intérieur brut (PIB).

Le Canada accepte cet objectif en 1970 et réaffirme son engagement à plusieurs reprises, mais, en 1986, son aide ne s'élève qu'à 0,46 % du PIB. Bien qu'elle n'ait jamais atteint la cible de 0,70 % fixée par Pearson en 1987, elle atteint, selon un rapport de la Bibliothèque du Parlement, 0,50 % du PIB sous la direction du premier ministre Brian Mulroney. Toutefois, à la suite de coupures massives à son budget d'aide extérieure dans les années 1990, le Canada n'alloue plus que 0,25 % du PIB pour l'aide extérieure en 2000. En 2012, l'aide étrangère du Canada s'élève à 0,31 % du PIB.

En 2013, le gouvernement du premier ministre Stephen Harper fusionne l'ACDI au nouveau ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement.

Aide de gouvernement à gouvernement

En 2012, le Canada fournit au total 5,67 milliards de dollars en aide étrangère, montant réparti dans 80 pays et concentré dans environ 20 d'entre eux. L'Éthiopie est le plus important bénéficiaire individuel de cette aide (208 M$), suivi par Haïti (205 M$), la Tanzanie (181 M$) et l'Afghanistan (163 M$). Parmi les différentes régions du globe, l'Afrique reçoit la plus importante part de l'aide canadienne (42 %), suivie de l'Asie (22 %) et de l'Amérique latine (17 %). Le reste est partagé entre des pays d'Europe et des zones non précisées.

En 2011, l'aide directe (bilatérale) d'un pays à un autre représente environ 13 % des dépenses en aide extérieure du Canada. L'aide bilatérale à des pays comme le Sri Lanka, l'Inde ou le Pakistan n'est habituellement pas fournie en argent, mais sous forme de biens et de services canadiens : blé et farine, locomotives et pièces de chemins de fer, équipement pour la production et la transmission d'hydroélectricité, engrais, semences, instruments aratoires et personnel pour agir en tant que conseillers ou instructeurs.

L'aide multilatérale, généralement en argent, est acheminée du Canada vers plusieurs organismes internationaux qui s'emploient dans leurs propres activités. En 2011, elle représente environ 66 % du budget d'aide canadien. Les plus grands bénéficiaires de cette aide sont la Banque mondiale, d'autres banques de développement multilatéral et les agences spécialisées de l'Organisation des Nations unies, comme le Programme alimentaire mondial et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance.

Outre les dépenses en aide bilatérale et multilatérale, le reste de l'aide extérieure canadienne est attribué au Centre de recherche sur le développement international, une société publique fondée en 1970 pour financer la recherche sur les besoins des pays en développement, et à des douzaines d'organisations non gouvernementales canadiennes oeuvrant dans ces pays.

Aide non gouvernementale

En partie à cause des résultats insatisfaisants de l'aide de gouvernement à gouvernement, les pays industrialisés ont confié, au cours des dernières décennies, une part de leur aide extérieure aux organisations non gouvernementales (ONG). Si l'aide volontaire aux pays en développement dispensée par l'intermédiaire des Églises et autres oeuvres de charité est antérieure à l'engagement direct des gouvernements, ce n'est que depuis les dernières décennies que les gouvernements financent le travail des ONG.

En 2011, environ 21 % des fonds du gouvernement fédéral alloués à l'aide extérieure sont acheminés à près de 500 ONG et « sociétés civiles », allant de grands groupes comme CARE Canada et le Comité international de la Croix-Rouge à de plus petits organismes comme Handicap International Canada et la fondation Ryan's Well. Au cours des dernières décennies, le nombre d'ONG a considérablement augmenté, non seulement du côté des agences d'aide volontaire traditionnelles, mais aussi des collèges, des universités, des coopératives, des associations professionnelles et des syndicats.

Au début, les activités des ONG consistent surtout en secours d'urgence et en assistance sociale, y compris l'envoi de nourriture et de vêtements et le parrainage d'enfants et de familles. De telles activités demeurent importantes (et hautement visibles), mais les ONG s'emploient davantage aujourd'hui dans des travaux de développement à long terme axés sur la promotion de l'autosuffisance, travaux qui sont souvent réalisés par l'intermédiaire d'ONG indigènes dans les pays en développement.

Si la plupart des projets des ONG sont petits et communautaires, certaines agences commencent à entreprendre des programmes d'infrastructures et de prestation de services plus importants. La plupart des ONG estiment qu'une partie intégrante de leur travail consiste à éduquer les Canadiens en matière de développement international. Les partisans des ONG prétendent que celles-ci ont plusieurs avantages sur l'aide acheminée officiellement : rapidité, flexibilité, coûts faibles, talents innovateurs et, surtout, capacité d'atteindre efficacement les plus démunis.

Les attentes relatives au rendement des ONG et les demandes qui leur sont faites de prouver leur valeur augmentent au même rythme que l'envergure et la complexité de leurs projets. En même temps, plusieurs craignent que les ONG, en se transformant d'âmes idéalistes en travailleurs professionnels du développement, n'en viennent à oublier la source ultime de leur force : le renforcement des liens entre les Canadiens et les citoyens des pays en développement.

À quoi sert l'aide extérieure?

Les visées et l'efficacité de l'aide extérieure font l'objet d'un débat continu. Dans les pays donateurs, on ne s'entend pas totalement sur ce que l'aide devrait accomplir, ni sur la meilleure façon de faire. Certains adhèrent au point de vue selon lequel l'Ouest doit aider les pays en développement afin d'entretenir avec eux des relations amicales. D'autres voient le sous-développement des pays du tiers monde comme la conséquence de leur exploitation par des pays industrialisés et envisagent une aide généreuse comme une sorte de réparation.

La principale motivation de l'aide extérieure canadienne est un souci humanitaire à l'égard des millions de personnes qui, de toute évidence, sont beaucoup plus pauvres que la plupart des Canadiens. Les disparités des niveaux de vie sont si grandes et si indépendantes de la volonté des gens pauvres que beaucoup de Canadiens perçoivent maintenant l'obligation d'aider comme une question de justice plutôt que de charité. Cependant, l'humanitarisme n'est jamais le seul motif, particulièrement dans le cas d'aide de gouvernement à gouvernement. Quand le gouvernement canadien alloue une aide publique au développement, il tient compte de certains intérêts commerciaux (ventes accrues et marchés futurs pour des produits canadiens) et d'intérêts politiques (désir d'établir ou d'entretenir de bonnes relations avec le pays bénéficiaire).

L'aide extérieure remplit-elle sa fonction?

Même quand le motif premier est d'ordre humanitaire, il existe des tensions entre le besoin d'une aide à court terme pour soulager la souffrance et celui d'une aide à long terme visant à aider les pauvres à atteindre l'autosuffisance. Cette dernière démarche est de plus en plus acceptée, particulièrement depuis le milieu des années 70, où on met l'accent, dans l'aide au développement, sur les « besoins humains fondamentaux ». Mais, avec ce genre d'aide, il est difficile d'obtenir des résultats rapides ou impressionnants. Les structures politiques existantes dans bon nombre de pays en développement constituent elles-mêmes un obstacle majeur à l'amélioration du sort des pauvres, et certains experts croient que l'aide publique ne fait souvent que renforcer ces structures au lieu de les rendre plus aptes à répondre aux besoins.

Les observateurs que l'intervention du gouvernement dans la vie économique laisse sceptiques doutent de l'efficacité de l’aide publique, laquelle est nécessairement acheminée aux gouvernements en place. Certains critiques, comme l'économiste zambien Dambisa Moyo, font valoir que l'aide crée des dépendances nuisibles qui entravent le développement économique et politique de l'Afrique. D'autres, notamment des experts de l'Institut Nord-Sud, un groupe de réflexion indépendant, affirment que dans les années 60 et 70, l'aide extérieure accordée à des pays comme la Thaïlande, la Malaisie et la Corée du Sud leur a permis de développer leur économie, de relever le niveau de vie de leur population et de devenir des pays donateurs d'aide. Selon eux, l'aide extérieure est susceptible d'avoir le même effet en Afrique.

Dans la plupart des pays en développement, l'aide ne représente qu'une infime partie de l'investissement total et est concentrée dans des domaines où le secteur privé peut rarement jouer un rôle de premier plan. Son succès dépend des efforts consentis localement par les pays concernés et de toute la gamme des autres liens entre pays développés et pays en développement.

Voir aussi Relations Canada - Tiers Monde.


Lecture supplémentaire

  • Canada, Strategy for International Development Cooperation 1975-1980 (1975); K. Spicer, A Samaritan State? (1966).

Liens externes