Animaux menacés au Canada

Au Canada, de nombreux animaux sont menacés de disparition. Les principaux facteurs qui mettent un animal en danger incluent : le changement climatique, la conversion de forêts et de prairies en zones urbaines et agricoles, la chasse, la pêche et la pollution des lacs et des rivières. En 2018, on considère que 771 espèces sont en danger au Canada, y compris 531 animaux. (Les autres espèces en danger incluent des plantes; voir aussi Espèces de plantes menacées au Canada.)

Caribou

Un troupeau de caribous de la toundra dans les Territoires du Nord-Ouest.

Termes clés

Espèce indigène
Une espèce qui vit historiquement dans un habitat particulier.
Disparue 
L’espèce n’existe plus nulle part dans le monde.
Disparue du pays
L’espèce n’existe plus dans la nature au Canada, mais elle vit ailleurs.
En voie de disparition
L’espèce est en voie d’extinction ou de disparition. 
Menacée
L’espèce court le risque de disparaître.
Préoccupante
L’espèce court le risque d’être menacée ou de disparaître.

Désignations et législations

Le gouvernement du Canada a adopté sa première Loi sur les espèces en voie de disparition en 2002. Cette législation donne mandat à un organisme, le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada), de répertorier les espèces menacées. Le COSEPAC a été créé par Environnement Canada, mais il est indépendant du gouvernement. Cet organisme commande des études sur les espèces indigènes dont la survie au Canada pourrait être menacée. À partir de ces études, le COSEPAC classifie les espèces en une des cinq catégories : disparue, disparue du pays, en voie de disparition, menacée, ou préoccupante.

Études de cas canadiens

Loutre de mer

Loutre de mer.

Vers la fin des années 1700 et au cours des années 1800, la loutre de mer était considérablement chassée sur la côte pacifique. Les chasseurs vendaient jusqu’à 1 200 peaux annuellement Vers 1900, la loutre de mer était en voie d’extinction. La dernière observation documentée de cette espèce en Colombie-Britannique remonte à 1929. En 1911, un traité international assurait sa protection, et vers la fin des années 1960, la population d'Alaska comptait environ 30 000 individus. Entre 1969 et 1972, certaines loutres de mer de l’Alaska ont été déplacées sur la côte ouest de l’ Île de Vancouver. Ce déplacement a été fructueux et la population dans la C.-B. compte maintenant plusieurs milliers d'individus. Le statut de la loutre de mer est réduit et il passe de en voie de disparition à menacé, en 1996, puis à préoccupant en 2007.

Faucon pèlerin

Faucon pèlerin.

Plusieurs populations de faucons pèlerins au Canada ont été éradiquées par les produits chimiques organochlorés comme le DDT et les PCB. Ces produits chimiques causent divers problèmes, comme réduire la quantité de calcium dans les coquilles d’œuf qui cassent alors sous le poids de l’adulte qui les couve. Par contre, depuis que la production et la vente de ces produits ont été interdites dans les années 1970, les populations de faucons pèlerins augmentent. En 2002, le statut du faucon pèlerin passe de menacé à préoccupant.

Tétras des prairies

Tétras des prairies. Photo prise le 18 avril 2009.

De larges populations de tétras des prairies se trouvaient en Alberta, en Saskatchewan, au  Manitoba et en Ontario, mais elles ont maintenant disparu du pays. Les tétras des prairies vivaient sur des prairies indigènes, et continuaient de prospérer lorsque des fermes à petite échelle ont été développées au début des années 1900. Cependant, après la conversion de vastes étendues de prairies en terres cultivées, l’habitat ne lui convenait plus, et l’espèce est disparue du paysage canadien. Le tétras des prairies survit toutefois aux États-Unis, bien qu’il y soit menacé de disparition. Le parc national des Prairies, en Saskatchewan, est assez grand pour y envisager la réintroduction de cette espèce au Canada.

Tortue luth

Tortue luth.

La tortue luth est un reptile marin de grande taille (jusqu’à 680 kg) qui se reproduit sur les plages sablonneuses tropicales. Elle migre aux eaux canadiennes pendant l’été pour s’y nourrir de méduses. On observe de façon régulière, mais limitée, cette espèce dans l’océan Atlantique jusqu’à la côte sud du Groenland, dans le Nord, et le sud de l’Alaska sur la côte ouest. Bien qu’occasionnellement les tortues adultes s’emmêlent dans les engins de pêche dans les eaux canadiennes, la plupart sont tuées dans les eaux tropicales. Dans les régions tropicales du monde, la population locale cueille leurs œufs pour la consommation humaine et l’on tue les adultes pour leur chair. La tortue luth est en voie de disparition au Canada ainsi que dans le reste du monde. La conservation de cette espèce exige une coopération internationale.

Corégone de l’Atlantique

C’est seulement en 1967 que l’on a découvert que le corégone de l’Atlantique était une espèce distincte. Son territoire planétaire se limite aux bassins versants du fleuve Tusket et de la Petite Rivière dans le sud de la Nouvelle-Écosse. Les deux populations sont en voie de disparition. Sur le fleuve Tusket, un barrage construit en 1929 bloque la migration de reproduction du corégone de l’Atlantique vers la mer. Dans la Petite Rivière, les poissons introduits, tel l’achigan à petite bouche, ont nui à la population du corégone de l’Atlantique. Plus récemment, les pluies acides  ont endommagé l’habitat du corégone de l’Atlantique.

Caribou

Caribous de Peary dans le parc national Qausuittuq
Photo prise en juillet 2016.

Il existe plusieurs populations de caribou au Canada, et elles appartiennent toutes à la même espèce (Rangifer tarandus). Elles vivent principalement dans les régions septentrionales du pays, et dans chaque province et territoire à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Les chercheurs donnent à chaque population une classification séparée. Les caribous se trouvant à Terre-Neuve et dans les montagnes de Colombie-Britannique, du Yukon et dans l’est des Territoires du Nord-Ouest sont des espèces préoccupantes, tandis que ceux vivant dans la forêt boréale du Canada sont considérés comme des espèces menacées. Le reste de la population est en voie de disparition. De plus, une sous-espèce (Rangifer tarandus dawsoni) a disparu dans les années 1920. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles le caribou est à risque au Canada, et l’une d’entre elles est le changement climatique. Des températures plus chaudes signifient que de nombreux prédateurs du caribou, comme les loups, les couguars et les coyotes, sont capables de vivre plus au Nord. Le changement climatique est aussi en train de changer le moment où la glace arctique fond et gèle. Étant donné que le caribou se sert de la glace pour se déplacer, ces changements affectent ses tendances de migration et son accès à la nourriture.

Protection de l’habitat

S’il est clair que pour sauver une espèce de l’extinction, il faut la protéger de la chasse et de la pêche, il est aussi évident que les habitats naturels ont aussi besoin de protection. Différents organismes veillent à la conservation des habitats fauniques, y compris les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux, municipaux et autochtones. Tous ces gouvernements peuvent déclarer des terres qui leur appartiennent comme étant protégées. Les terres les plus protégées sont les réserves écologiques et les aires de nature sauvage, où les activités se limitent surtout à la randonnée et à l’étude de la nature. Les parcs sont aussi des territoires protégés, bien qu’on y permette beaucoup d’activité, comme le tourisme.

Le secteur privé a également un rôle majeur à jouer dans la protection des habitats naturels. Par exemple, plusieurs grandes compagnies forestières conservent une partie de leur base géographique comme habitat naturel. En outre, beaucoup de propriétaires fonciers gèrent leurs terres dans le but de conserver les habitats dont dépendent les espèces indigènes. Enfin, certaines organisations non gouvernementales, comme Conservation de la nature Canada et Canards Illimités Canada, achètent des propriétés et les désignent comme territoires protégés. Ces propriétés protégées soutiennent des espèces indigènes, y compris des espèces en voie de disparition.

Étude et gestion des espèces en voie de disparition

Plusieurs organismes sont engagés dans l’étude et la gestion d’espèces rares et menacées. Tous les niveaux gouvernementaux sont mandatés à un certain degré pour s’acquitter de cette tâche, généralement par le biais de spécialistes dans leurs ministères de l'environnement ou des ressources naturelles. Le Musée canadien de la nature à Ottawa et d'autres musées provinciaux et universitaires évaluent également la situation de la flore et de la faune canadiennes, même si leurs ressources sont limitées. Le Service canadien de la faune joue un rôle dans la gestion et l’étude des oiseaux migrateurs, tandis que Pêches et Océans Canada s’occupe de la gestion et de l’étude des poissons et des mammifères marins. Certaines organisations non gouvernementales, comme la Fédération canadienne de la faune, la  Fédération canadienne de la natureCanards Illimités Canada, Conservation de la nature Canada et le Fonds mondial pour la nature (Canada) sont également engagés dans la recherche au sujet de la nature en voie de disparition.

Conventions internationales

Le Canada est un des signataires de la Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvage menacées d’extinction (CITES), qui régit le commerce d’espèces rares et menacées et de leurs sous-produits. Le Canada a aussi ratifié la Convention sur la diversité biologique et a donc certaines obligations dans la conservation de la diversité biologique et de la durabilité de ses composantes (voir Biodiversité). Comme ces traités internationaux impliquent l’ensemble du Canada, tous les autres gouvernements du Canada sont aussi tenus de se conformer à leurs provisions et responsabilités, comme le sont tous les citoyens canadiens.

 


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada (COSEWIC).

    Environment Canada. Nature.

    Bill Freedman, Environmental Science: A Canadian Perspective, 5th ed. (2010).

Liens externes