Archéologie industrielle

L'ARCHÉOLOGIE industrielle est un type d'histoire interdisciplinaire qui favorise la compréhension de l'ère industrielle en se concentrant sur les vestiges physiques, qu'ils soient sur ou sous le sol, et en combinant les connaissances du travail de terrain et la recherche historique.

Saint-Maurice, Forges
L'exploitation du fer débute en 1733, \u00e0 environ 12 kilom\u00e8tres de la rivi\u00e8re Trois-Rivi\u00e8res. Un ruisseau qui se jette dans la rivi\u00e8re Saint-Maurice fournit la force hydraulique, et, pour faire fondre le minerai dans les fournaises, on utilise du charbon produit localement (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/C-4356).

Archéologie industrielle

L'ARCHÉOLOGIE industrielle est un type d'histoire interdisciplinaire qui favorise la compréhension de l'ère industrielle en se concentrant sur les vestiges physiques, qu'ils soient sur ou sous le sol, et en combinant les connaissances du travail de terrain et la recherche historique. L'origine du nom est récente, mais il est déjà bien établi à travers le monde.

Historique

L'archéologie industrielle a débuté en Grande-Bretagne - lieu d'origine de la révolution industrielle - à la fin des années 50 en réponse à la vitesse alarmante à laquelle le patrimoine industriel et technique était détruit; on voulait de plus mettre en évidence la vie et le travail des industriels, des ingénieurs et des inventeurs du début de la période industrielle. Des Nord-Américains ont formé la Society for Industrial Archeology en 1971, alors que la Canadian Society for Industrial Heritage/Société Canadienne de l'héritage industriel fut créée en 1988. Les sociétés provinciales sont la Ontario Society for Industrial Archaeology (1981) et l'Association québécoise pour le patrimoine industriel (1988). La British Association for Industrial Archaeology (IAI) et le Comité international pour la conservation du patrimoine industriel (TICCIH), sont d'importantes organisations qui comptent parmi les plus anciennes.

Domaine d'application

L'archéologie industrielle est partout interdisciplinaire et axée sur une grande variété d'objets, de structures et de sites industriels. Toutefois, l'expérience industrielle et les priorités sociales, économiques et politiques contemporaines des différents pays ont orienté naturellement le travail des archéologues industriels selon des axes particuliers à chaque pays. Dans les pays européens et aux États-Unis, par exemple, les structures et sites importants de la révolution industrielle ont reçu le plus d'attention. Ceux-ci comprennent les sources d'énergie et les systèmes de transmission, les canaux et les chemins de fer, de même que les sites consacrés à l'industrie du textile et à la production de fer et d'acier. En plus de s'intéresser aux structures essentiellement techniques et industrielles, les archéologues européens portent une attention considérable aux villages industriels et aux logements des travailleurs.

Au Canada et dans les pays scandinaves, le début de l'ère industrielle fut associé plus étroitement à l'extraction des RESSOURCES premières et à la transformation primaire. On favorise donc l'étude des sites consacrés à l'EXPLOITATION MINIÈRE, à la FORESTERIE, à la PÊCHE, à la fabrication du FER, au BRASSAGE et à la DISTILLATION. En Europe, où il existe un intérêt pour l'enseignement de l'archéologie industrielle, le domaine attire surtout des historiens étudiant la technologie ou l'architecture. En Amérique du Nord, le travail est principalement effectué par le personnel des musées et des LIEUX HISTORIQUES ou par les défenseurs du patrimoine, y compris les historiens, les conservateurs, les architectes, les archéologues, les planificateurs, les photographes et les enseignants.

Méthodologie

Avec une telle diversité de pratiques et d'intervenants, l'archéologie industrielle doit encore élaborer une méthodologie cohérente et un cadre théorique. La recherche nécessite, en général, un travail sur le terrain comprenant la documentation à l'aide de photographies et de dessins techniques, d'entrevues et de plans du site. Il y a encore tellement de vestiges matériels des débuts de l'INDUSTRIE a et des technologies industrielles en surface, que l'excavation est rarement nécessaire. Les données du travail sur le terrain sont ensuite combinées à la recherche historique afin de fournir un relevé et une compréhension de ce que la révolution industrielle a amené, ce qui s'avère plus complet que ce que l'on trouve uniquement dans les documents écrits.

Quand le sujet traité est particulièrement menacé d'être perdu ou détruit, le travail sur le terrain ressemble à de L'archéologie d'urgence. Les menaces surviennent parce que les structures industrielles et techniques deviennent souvent désuètes. On les retrouve parfois dans des environnements peu attirants ou en mauvais état, et certains sont perçus négativement comme un symbole de la misère et de l'exploitation humaine. L'objectif peut donc être simplement de préserver la connaissance du site ou de la structure pour la postérité.

Approche canadienne

 Au Canada, on a montré moins d'intérêt pour les projets visant à documenter et inventorier ou à développer l'archéologie industrielle comme discipline académique. En revanche, on a accordé une grande importance au travail sur les musées industriels et les sites industriels historiques. Il existe plus de 690 musées de l'industrie et plus d'une centaine sont consacrés uniquement aux transports et aux communications. Toutefois, en 1986-1987, le BC Heritage Trust a financé un vaste inventaire de reconnaissance d'archives et de photos aériennes sur l'histoire de la conserverie du saumon dans la province. De nombreux sites archéologiques industriels sont gérés par les différents paliers de gouvernement, le plus important étant le parc national historique des FORGES SAINT-MAURICE, situées juste au nord de TROIS-RIVIÈRES, au Québec, il est le site du plus ancien complexe industriel du Canada. Au cours de la dernière décennie, le complexe de la Distillerie Gooderham et Worts à Toronto, qui date du milieu du XIXe siècle, a été transformé en galeries, magasins et programmes d'histoire, pour devenir en 2006 l'un des plus grands succès du patrimoine industriel du pays.

Lecture supplémentaire

  • D. Newell and R. Greenhill, Survivals: Aspects of Industrial Archaeology in Ontario (1989); M. Palmer and P. Neaverson, Industrial Archaeology: Principles and Practice (1998); Robert Summerby-Murray, "Interpreting Deindustrial Landscapes of Atlantic Canada: Memory and Industrial Heritage in Sackville, New Brunswick," Candian Geographer vol 46 (2002); Society for Industrial Archaeology Newsletter, and IA, Journal of the Society for Industrial archaeology, both provide Canadian coverage.